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Mesdames et Messieurs les journalistes,

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

Je voudrais, au nom de la Direction du FPI, vous remercier pour avoir répondu si nombreux à notre invitation. Je voudrais surtout vous réitérer toute la gratitude de la grande famille FPI pour le soutien incommensurable que vous apportez, chaque jour, aux forces du changement pour l’encrage de la démocratie dans notre pays.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Je vous ai appelés ce matin pour vous entretenir de la situation sociopolitique qui prévaut en Côte d’Ivoire et pour vous indiquer la vision, clairement exprimée, du FPI et de son président, son Excellence Laurent GBAGBO, relativement à la réconciliation nationale.

 

 

Je rappelle que déjà le 07 janvier 2019, au cours d’un point de presse, j’informais  la Nation des instructions données par le président Laurent Gbagbo à son parti afin qu’il se mobilise autour de la problématique de la réconciliation nationale.

Les rencontres de Bruxelles, le 07 mai 2019 et de Daoukro, le 23 mai 2019 s’inscrivent parfaitement dans ce cadre.

Mesdames et messieurs les journalistes,

La Côte d’ivoire va mal, elle va même très mal. Ce pays naguère pacifique, où il faisait bon vivre, a connu son premier coup d’Etat en 1999, puis une rébellion meurtrière en 2002 qui a divisé son territoire, son armée et sa population.

En 2011, le pays a connu une crise électorale qui a entrainé une guerre sans précédent ayant occasionné des dizaines de milliers de morts, l’arrestation et la déportation du président Laurent GBAGBO à la HAYE, l’exil de milliers d’ivoiriens, l’arrestation de plusieurs centaines de militants, de sympathisants et des éléments de forces de défense et de sécurité. Cette situation s’est davantage détériorée sous la gouvernance de M. Ouattara avec l’organisation d’élections dans des conditions antidémocratiques, marquées par l’exclusion de l’opposition et qui ont enregistré  un taux de participation constamment inférieur à 15%.

Sous le régime Ouattara, les ivoiriens vivent au quotidien dans un environnement d’insécurité, caractérisé par des agressions répétées menées par des enfants,  des délinquants de la rue appelés « microbes », des bandits et autres coupeurs de route qui opèrent avec des armes de guerre. C’est le lieu de noter que, contrairement à la propagande du pourvoir, les ex-rebelles n’ont jamais désarmé et les armes circulent de manière incontrôlée sur toute l’étendue du territoire.

 

Les récents affrontements intercommunautaires à Béoumi qui se sont soldés par une dizaine de morts, plus d’une centaine de blessés et d’importants dégâts matériels, constituent une source de grandes inquiétudes, dans la mesure où ces événements de Béoumi ne sont pas un cas isolé. Pour rappel on peut citer les cas suivant :

-          Bouna, en avril 2016

-          Kanakoro, en décembre 2017

-          Zouan-Hounien, en novembre 2018

-          Bangolo, en juin 2018

-          Facobly, en juillet 2018

-          Issia, en octobre 2018

-          Duékoué, en novembre 2018

-          Bin Houyé, en avril 2019

-          Marabadiassa, en février 2019

-          Abengourou en mai 2019

-          Kocoumbo, en mai 2019

 

La récurrence de ces conflits achève de convaincre non seulement de la profondeur de la fracture sociale mais surtout de l’échec patent de la réconciliation nationale qui expose notre pays à une situation sociale potentiellement explosive.

Dans le domaine de l’éducation, la décrépitude de l’école est le résultat d’une politique délibérée pour l’anéantissement de la formation de la future élite ivoirienne en hypothéquant à la base l’éducation et la formation de la jeunesse. Cette politique caractérisée par la démission de l’Etat en matière de construction d’infrastructures scolaires et universitaires a pour objectif, la privatisation du système éducatif.

 Cette situation a fortement contribué à la dégradation des conditions de vie et de travail des enseignants, des élèves et  étudiants ; d’où les grèves à répétition mal gérées par le pouvoir qui refuse obstinément  de discuter avec les syndicats du secteur. L’école ivoirienne est véritablement en danger.

 

Dans le domaine de la santé, la déliquescence du système marquée par la vétusté des centres hospitaliers, le non renouvellement des plateaux techniques, le manque de personnel qualifié au profit d’un recrutement à base ethnique ; et plus récemment la tendance à la privatisation des établissements sanitaires, sont autant de facteurs qui ont transformé nos hôpitaux en véritables mouroirs ;

Au plan environnemental, la préservation de notre écosystème ne semble pas préoccuper les gouvernants, tant les réserves forestières destinées à prévenir la désertification, à sauvegarder l’équilibre écologique et à protéger la faune, ont été impunément violées et détruites à plus de 75% depuis 2011. A cela s’ajoute, malheureusement, le phénomène d’orpaillage clandestin, entretenu par les autorités, qui défigure profondément le peu qui reste du couvert végétal et pollue dangereusement les fleuves, les rivières et les nappes phréatiques à l’intérieur du pays.

Sur le plan économique la Côte d’Ivoire connait une situation délétère malgré un taux de croissance flatteur brandi à chaque occasion par le régime. En réalité notre pays croupit sous le poids d’une dette publique excessive. En 2000 à l’avènement de Laurent GBAGBO au pouvoir  la  dette  publique totale  (dette  extérieure  et  intérieure)  était  de  7 182  milliards  de  FCFA. En  2012,  suite   à   l’allègement   obtenu au terme de l’Initiative PPTE cette dette  est tombée à 4 680 milliards de FCFA.

En 2016, après quatre années de pouvoir Ouattara, cette  dette  est passée à   8959  milliards  de  FCFA, soit une hausse vertigineuse de 91%. En  2018, selon le Fonds Monétaire International (FMI), la dette a atteint 11 039 milliards F CFA et elle est estimée à  15 781 milliards de  F CFA pour la fin de l’année 2019.

Les institutions financières internationales ne cachent plus leurs inquiétudes sur la viabilité de la dette et les risques de solvabilité de notre pays, comme l’a notifié le FMI dans son rapport  (18/367) de décembre 2018.

Par ailleurs, on assiste depuis quelques années à la mévente des principaux produits agricoles d’exportation, notamment le cacao, l’hévéa, l’anacarde et le palmier à huile. Cette situation entraine une paupérisation préoccupante des producteurs, de plus en plus étouffés financièrement par des exportateurs véreux.

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

Il convient de noter avec regret et consternation que sous la gouvernance Ouattara, la démocratie est en net recul. Cela se manifeste par l’immixtion du pouvoir exécutif dans le fonctionnement des partis politiques.

L’ascension sociale repose non plus sur le mérité et l‘équité, mais sur le concept du «  rattrapage ethnique », véritable cancer qui détruit la nation ivoirienne.

Les acquis de la lutte menée par le président Laurent GBAGBO et les démocrates, notamment la liberté d’opinion et de manifestation, l’exercice effectif du multipartisme, l’organisation d’élections libres et crédibles par une commission électorale véritablement indépendante et la sécurisation des opérations électorales sont aujourd’hui remis en cause par les nouveaux gouvernants. Les récentes élections municipales et régionales avec les violences qui les ont émaillées, constituent la parfaite illustration de ce rétropédalage dans l’exercice démocratique en Côte d’Ivoire.  

 

Mesdames et messieurs les journalistes,

Vous conviendrez avec moi que devant un tableau aussi sombre qu’inquiétant que présente l’état de la Nation, il n’y a qu’un seul remède qui convienne aujourd’hui pour redresser la situation et préserver les ivoiriens du gouffre certain dans lequel le pouvoir Ouattara veut les conduire : C’est la Réconciliation Nationale. La vraie réconciliation, sans faux fuyant, entre les fils et les filles de ce pays, qui passe par un dialogue constructif entre tous les acteurs de la scène sociopolitique. C’est à cette réconciliation que le Front Populaire Ivoirien appelle instamment les gouvernants, les partis politiques, les organisations de la société civile, les responsables religieux et coutumiers, bref, toutes les composantes de la société ivoirienne sans exclusive.

Les rencontres de Bruxelles, le 07 mai 2019 et de Daoukro, le 23 mai 2019 entre le FPI et le PDCI s’inscrivent parfaitement dans cette recherche  de la réconciliation et de la paix durable en Côte d’Ivoire, avant l’échéance capitale de la présidentielle de 2020. Je voudrais profiter de cette occasion pour renouveler nos sincères remerciements au président Henri Konan Bédié et à la direction du PDCI-RDA qui ont clairement exprimé leur ferme détermination à engager avec le FPI et le président Laurent Gbagbo ce processus de réconciliation nationale qui doit devenir une préoccupation nationale de premier ordre.

 

Pour leur part, le FPI et le président Laurent Gbagbo entendent jouer, sans faiblesse ni complexe, leur partition pour l’aboutissement, à travers des actes concrets sur le terrain, de ce processus vital pour notre pays qui a besoin de sérénité et de paix pour l’encrage de la démocratie dans notre société. Pour ce faire, nous allons bientôt :

1- Partir à la rencontre des formations et groupements politiques y compris le RHDP au pouvoir, des organisations de la société civile, des syndicats, etc.

2- Entreprendre des tournées de sensibilisation dans les régions sur les enjeux de la réconciliation afin qu’ils soient partagés et adoptés par tous les fils et filles de ce pays.

Nous lançons, à cet effet, un vibrant appel à toutes les forces politiques et sociales à nous rejoindre dans cette bataille salvatrice pour la Côte d’Ivoire, notre patrimoine commun.

Mesdames et messieurs les journalistes, je sais pouvoir compter sur votre habituelle diligence pour relayer, à suffisance, ce message de paix et de réconciliation du président Laurent Gbagbo afin que tous les ivoiriens y adhèrent sans crainte, sans calcul politicien, mais avec amour pour notre pays que nous devons sauver ensemble avant les joutes électorales de 2020.

 

Je vous remercie