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    B.  Fête de la résurrection de nos héros

En érigeant la liberté en valeur de symbole, nous avons une pensée pour toutes celles et tous ceux qui, dans les pays akyé , agni et gwa en Côte d’Ivoire et de par le monde, sont tombés pour le triomphe des libertés. Que les commémorations soient des linceuls dans lesquels on peut enfin ensevelir la mémoire blessée des victimes de la répression coloniale et de toutes les autres répressions. Transmettre ce qu’elles ont vécu leur permet de ne pas mourir deux fois, mourir physiquement et mourir par absence de mémoire. Nous avons le devoir de nous imprégner des vertus de courage et de patriotisme de ces héros qui n’ont jamais reculé devant l’adversité ni accepté une quelconque compromission ; montrant ainsi que les Africains sont capables de défendre jusqu’au bout la cause de la Nation en s’appuyant sur leurs propres ressources. Nous devons nous imprégner des vertus de ces martyrs pour être capables de défendre inlassablement notre patrimoine matériel et spirituel. Ce sont-là des vertus qu’il faut enseigner à notre jeunesse en ces temps périlleux de toutes les agressions. «Si nous voulons que nos enfants demain et nos petits enfants après demain continuent les œuvres que nous faisons, nous avons un devoir d’honorer la mémoire de ceux qui nous ont précédés et qui ont donné leur vie pour que nous soyons ce que nous sommes.» (Laurent Gbagbo). Il est temps que les livres d’histoire réhabilitent nos héros, que nos livres d’histoire ne continuent pas à être des livres qui excluent les Ivoiriens, qui traitent nos héros de barbares, de dictateurs sanguinaires. Il faut faire en sorte que notre histoire soit notre histoire, faire en sorte qu’elle soit écrite par nous-mêmes et non plus par d’autres.

Nous sommes liés par le devoir de mémoire à ceux qui nous ont quittés. Nous sommes ensemble et jamais nous ne trahirons leur mémoire.

J’aime l’idée que les morts ne sont pas morts et qu’ils sont quelque part en train de nous observer, de suivre notre marche pour voir si nous laissons des traces ou des tâches, en un mot de vérifier si nous sommes dignes de leur mémoire. Une fois convaincus de la justesse de notre parcours, les morts intercèderont alors auprès de Dieu pour lui demander protection, assistance et miséricorde dans notre lutte commune pour la démocratie.

J’aime également l’idée que les morts emportent avec eux une part de notre vie, de nos souvenirs communs. Nous avons le sentiment honteux que chaque mort autour de nous nous donne un sursis pour la vie.

Par les libertés et pour les libertés, nous devons faire en sorte que la vie l’emporte sur la mort.

Bien sûr, la compassion du FPI va à tous les blessés des luttes pour la démocratisation de la Côte d’Ivoire.

Fête de résurrection de nos héros et de compassion, la Fête de la Liberté doit être célébrée pour nous souvenir de ce que la victoire ne s’arrache que par la lutte. Ayons toujours et encore toujours présents à l’esprit ceci : «Quoi que vous désiriez, il faut vous battre pour l’obtenir et vous en donner les moyens». (Robert Greene ; Cité par Son Excellence l’Ambassadeur  Koudou Kessié.)

Mais la Fête de la Liberté ne concerne pas que notre passé. Elle est aussi un moment de faire l’état de la Côte d’Ivoire des libertés et de nos forces, ˝l’occasion de nouvelles ambitions˝ et donc de nouvelles perspectives de combat, car «c’est parce qu’il y a la mémoire d’un passé de liberté que la fête devient source de résistance et de résilience.» (Sery Bailly ; cité par Son Excellence l’Ambassadeur.)

Extrait de l'allocution de Sangaré Aboudrahmane,lors de la fête de liberté à Akouré