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      Selon les autorités ivoiriennes, un navire russe battant pavillon panaméen, le "Probo Koala", a transporté au Port d’Abidjan plus de 528 m3 de produits toxiques qui ont été disséminés, le 19 août 2006 - sous forme liquide et donc difficilement récupérables - à divers endroits de la ville. L’analyse d’un échantillon prélevé à bord du navire par le Centre Ivoirien Anti Pollution (CIAPOL) dans les laboratoires de la SIR et du CIAPOL démontre que le produit incriminé s’apparente à du produit pétrolier de masse volumique 750,6 kg/m3, très proche de l’essence, avec une très forte teneur en hydrogène-sulfuré, substance toxique pouvant à cette dose entraîner la mort immédiate en cas d’inhalation. De même, il a été relevé une très forte concentration d’organochlorés avec un taux supérieur à 250 mg/l et un taux excessif de sulfure.

LE DRAME DU PROBO KOALA

 Le parcours du Probo Koala et de son chargement

      Le parcours du Probo Koala, débuté en juillet 2006, a été le suivant. Après une traversée transatlantique, le Probo Koala, navire pétrolier enregistré au Panama, dont l’équipage est russe, appartenant à une compagnie grecque et affrété par la société Trafigura, accoste le 2 juillet dans le port d’Amsterdam. Il entreprend de vidanger sa citerne à déchets, pleine, auprès de la société spécialiséeAmsterdam Port Services (APS). En effet, les déchets présentés par Trafigura comme des slops (résidus de fonds de cale) font l’objet d’une convention internationale (ConventionMarpol) interdisant leur rejet en mer mais autorisant leur exportation pour leur retraitement dans des installations adéquates.Lors du transfert de ces déchets, le dégagement inhabituel de fortes odeurs nauséabondes laisse suspecter la présence d’hydrogène sulfuré (H2S).Après analyse dans ses laboratoires, la société APS considère les déchets comme toxiques.

    Après deux jours de négociations financières infructueuses, la société Trafigura décide de recharger les déchets sur le Probo Koala et de poursuivre son itinéraire.Le Probo Koala poursuit néanmoins sa route et fait escale à Padilski (Estonie) du 9 au 13 juillet 2006, où il effectue un chargement d’essence destiné au Nigeria. Au début du mois d’août, après 2 escales aux îles Canaries et à Lomé (Togo), le Probo Koala effectue une livraison de pétrole et une tentative vaine de vidange de ses citernes à déchets au Nigéria. Le 19 août, le Probo Koala accoste à Abidjan. La prise en charge des déchets est effectuée par la société Tommy, laquelle a obtenu le 9 août 2006, soit 10 jours avant l’arrivée du Probo Koala, l’agrément pour le traitement des produits toxiques.

       Le prix proposé par la société Tommy pour le retraitement des déchets est très nettement inférieur à celui de la société néerlandaise APS. Dans la nuit du 19 au 20 août 2006, la société Tommy se charge sans précaution particulière du déversement de plusieurs centaines de mètres cubes de déchets à l’aide de camions-citernes.Cependant d’autres sites furent concernés. Dans les jours qui suivent, la découverte de poissons morts dans la lagune fait craindre une contamination de l’eau. Les légumes cultivés à proximité des sites pollués sont retirés des marchés. Pour des raisons de sécurité, l’accès à certains sites habituels de décharge des ordures ménagères est interdit en raison de leur contamination par les déchets du Probo Koala. 

      Tous ces éléments contribuent à instaurer un climat d’inquiétude généralisée au sein de la population d’Abidjan, d’autant plus que de nombreuses personnes se plaignent de troubles inexpliqués. Les faits ne sont révélés à la population que le 25 août 2006. Par la suite, en septembre 2006, une commission internationale d’enquête sur les déchets toxiques dans le district d’Abidjan (CIEDT/DA) est mise en place afin de relever les éventuelles violations du droit international sur le transport des déchets, d’identifier le cas échéant les intervenants et leur niveau de responsabilité dans ces violations et enfin, de déterminer les modalités d’indemnisation des victimes. Parallèlement l’enlèvement des déchets et le nettoyage des sites pollués sont confiés à une société indépendante. 

Conséquences sanitaires

 Dans les 48 heures qui suivent le déchargement des déchets toxiques, la population locale exposée à ces vapeurs nauséabondes, commence à se plaindre de problèmes de santé et à demander des soins médicaux. L’intoxication provoque une irritation des yeux, du nez et de la gorge, des difficultés respiratoires, des maux de tête, des nausées ou des vomissements. Dans les cas les plus graves, une détresse respiratoire, une déshydratation, ainsi que des hémorragies nasales et intestinales sont observées. Les jours qui suivent sont marqués par une augmentation considérable du nombre de personnes intoxiquées. Dans le quartier de Cocody, au cours de la seule journée du 11 septembre, plus de 1000 personnes sont amenées à consulter au centre hospitalier universitaire (CHU). En moyenne, six cents personnes se rendent chaque jour au CHU de Yopougon et 300 au dispensaire municipal d’Akouédo, dont de nombreux enfants et jeunes nourrissons.

     Ces données illustrent bien les difficultés auxquelles les autorités sanitaires doivent faire face. Un plan d’urgence est instauré par un comité interministériel avec la mise en place de dispositifs d’accueil dans les CHU de Treichville et de Cocody (13). Mais très vite, l’afflux massif de patients submerge les capacités d’accueil et de traitement des hôpitaux d’Abidjan. Les stocks de médicaments, dispositifs médicaux, réactifs de laboratoire et autres fournitures nécessaires aux équipes médicales font rapidement défaut. Le personnel soignant est également dans l’incapacité

de répondre à une telle charge de travail.

 Au total, 876 personnes d’âge moyen 23,2 ans et à prédominance féminine, ont été interrogées du 8 au 9 décembre 2006. Cette étude descriptive par sondage aléatoire simple a montré que 99,7%des personnes interrogées avaient été exposées aux déchets toxiques. La prévalence de l’intoxication par les déchets toxiques était de 91.3% avec 60.1% de cas confirmés parmi les intoxiqués. Parmi les femmes enceintes, 36,7% ont présenté des pathologies en relation avec l’intoxication et un taux de 1,3 % d’avortement spontané a été relevé. Le bilan, bien que difficile à évaluer correctement, reste donc très lourd. Plusieurs dizaines de personnes ont dû être hospitalisées et environ 100000 consultations ont été enregistrées dans les différents centres de santé de la ville.

 

 

 

Cette ONG de droits de l’homme est dénommée Union des Victimes des Déchets Toxiques d’Abidjan et Banlieues (U.V.D.T.A. B).

 

Le Président-Fondateur
Ouattara  Aboubakare Mavin

 

Le président de l'U.V.D.T.A.B. M.OUATTARA Aboubakare Marvin

 

L’ONG : Union des Victimes des Déchets Toxiques d’Abidjan et Banlieues (UVDTAB)
                              - République de Côte d’Ivoire, Abidjan -         

Représentant de l’Association : M. OUATTARA Abouakare Mavin, Conseiller en Communication, Président de l’Union des Victimes des Déchets Toxiques d’Abidjan et Banlieues (UVDTAB) Tel : (225) 07 55 55 56 / (225) 05 44 44 17 E-mail : uvdtab@yahoo.fr / uvdtab@hotmail.fr Présentation de l’UVDTAB L’ONG UVDTAB est une Organisation Non Gouvernementale créée le Mardi 26 Septembre 2006 (PV d’huissier) et enregistrée suivant le récépissé de déclaration (Agrément) n°91 INT/DGAT/DGA/SDVA du 19 Août 2008.

       Les indemnités que propose le gouvernement ivoirien aux victimes des déchets toxiques déversés dans la capitale ivoirienne, Abidjan, en août 2006 sont, selon elles, insuffisantes. La répartition des 152 millions d’euros, soit 100 milliards de francs CFA, versés en compensation à l’Etat ivoirien par la société hollandaise, Trafigura, l’affréteur du navire qui a transporté les déchets, a été rendue publique jeudi dernier. Sur les 100 milliards négociés avec la firme hollandaise et formalisé par un accord signé le 13 février, 5 milliards seront affectés à la construction d’une usine de traitement de déchets ménagers. Les 95 autres iront aux victimes et à l’Etat ivoirien. Ce dernier devrait toucher à lui seul 50 milliards de dollars, sur un total de 68,6 milliards, et répartir le reste aux collectivités locales qui ont été touchées. Ces 50 milliards devraient servir à couvrir les « engagements financiers déjà pris par le gouvernement pour faire face aux problèmes immédiats posés par cette catastrophe », précise le communiqué de la présidence ivoirienne.

     Le reliquat de ces 95 milliards servira, quant à lui, à indemniser les victimes et leurs familles. Ainsi, celles de chacune des 16 personnes décédées à cause de ces déchets toxiques devraient toucher 200 000 dollars (100 millions de F CFA). Les 76 personnes hospitalisées se partageraient 4 00 dollars chacune et les plus de 100 000 victimes non hospitalisées, 408 dollars. Une somme que Denis Papira Yao, président de la Fédération nationale des victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire (Fenavidet-CI) considère comme une « insulte ». « C’est insignifiant. Autant ne rien leur donner du tout », a-t-il confié à l’agence Reuters. « Si le président ne nous reçoit pas et maintient son projet, les victimes s’y opposeront par tous les moyens. »

 

 Source : par le petit journaliste ivoirien.

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