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LE COMBATTANT
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3 novembre 2017

L’Honorable Déhé Gnahou Gilbert nous a quittés sans avoir eu le temps de faire ses adieux à son pays, la Côte d’Ivoire...

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VEILLEE MILITANTE

D’HOMMAGE A L’HONORABLE DEPUTE DEHE GNAHOU GILBERT 

INTERVENTION DU CAMARADE VICE-PRESIDENT

SANGARE ABOU DRAHAMANE

ASSURANT L’INTERIM DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO PRESIDENT DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI)

 

Dans l’union et le recueillement, le Front Populaire Ivoirien (FPI), par ma modeste voix, tient à exprimer avant tout propos, sa considération et son respect à la famille biologique de son regretté Camarade Déhé Gnahou Gilbert, Honorable Député de Duékoué, à ses épouses qui, avec un sens élevé des responsabilités et un admirable esprit de famille, ont su préserver la cohésion et l’unité au sein des enfants.

Malgré la cruauté du destin, la famille biologique porte dans le regard la tranquillité, la sérénité, la confiance et l’espoir. Elle nous enseigne la dignité et la fierté, le refus de toute soumission et de tout abattement.

Merci, chers parents, pour cette leçon de vie.

Proches, amis et connaissances de l’Honorable Député Déhé Gnahou Gilbert, Honorables invités, militantes et militants, le Président Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien viennent de conduire le Camarade Maire Guédé Zadi Michel à sa dernière demeure le samedi 21 octobre 2017. Le FPI rend un hommage mérité à la famille biologique, spirituelle, sportive et artistique de notre Camarade.

Ce jeudi 02 novembre 2017, le FPI organise une veillée militante pour rendre un hommage au Camarade Honorable Déhé Gnahou Gilbert, Député de Duékoué.

Guédé Zadi Michel et Déhé Gnahou Gilbert sont liés par une épreuve commune, celle de l’exil. Ils sont partis en exil pour survivre, ne sachant pas s’ils étaient dans un rêve, entre la réalité et la mort. Ils ont souffert de la solitude et des privations, loin des siens, du mal du pays. L’exil chemine avec le stress et l’angoisse, ces maux qui rongent insidieusement la chair et l’esprit.

Comme un signe prémonitoire de son départ en exil, le Camarade Maire Guédé Zadi Michel avait œuvré au jumelage de Guibéroua avec la ville Ghanéenne de Takoradi. Si Guédé Zadi Michel est rentré vivant d’exil, Déhé Gnahou Gilbert, lui, nous revient dans une posture couchée alors qu’il a toujours été dans la posture debout, la posture du combat et de la résistance. Nous rêvions d’un autre retour, celui aux côtés du Président Laurent Gbagbo et de tous les autres Ivoiriens contraints à l’exil. La vie est ainsi faite, il y a des chemins broussailleux, avec des épines, mais on en tire toujours quelque chose.

L’Honorable Déhé Gnahou Gilbert nous a quittés sans avoir eu le temps de faire ses adieux à son pays, la Côte d’Ivoire, à son peuple, le peuple Wê, à son Président, le Président Laurent Gbagbo et à son parti, le Front Populaire Ivoirien.

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L’Honorable Déhé Gnahou Gilbert nous a quittés, emportant avec lui le secret de son incomparable art oratoire, de son incroyable éloquence. Nous continuerons d’entendre sa voix de stentor, extrêmement pédagogique, communicative, incisive, cinglante, ironique, puissante et sonore qui gronde comme le tonnerre semant la panique et le désarroi dans les rangs de ses adversaires, provoquant la fierté et l’admiration chez ses partisans.

Parce que l’exil impose des règles strictes de prudence et de discrétion, cette voix au timbre si caractéristique a cessé de tonner et elle ne nous parvenait plus.

C’est sûr : l’ambiance n’est pas festive, il est donc difficile de réprimer notre douleur, notre tristesse devant la cruauté du destin. Mais la cruauté du destin ne doit pas faire de nous des camarades tristes, mais fiers du travail accompli par l’Honorable Déhé Gnahou Gilbert.

La présente veillée militante d’hommage revêt à nos yeux une dimension symbolique ; ce cérémonial est nécessaire pour marquer la mémoire collective.

Déhé Gnahou Gilbert, ce juste plus fort que le fort qui se contente du succès de ses armes, n’est pas allé jusqu’au bout de son combat, mais du moins, a-t-il montré la voie. Ne faisons donc pas de notre veillée une saga du malheur mais un moment de la camaraderie, de la solidarité et de l’incroyable qualité humaine à rebondir.

Distingués membres de la famille biologique de notre Camarade, Honorable Député, Ministre Guiriéoulou Emile, Vice-président, chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Président de la coordination du FPI en exil, au Ghana, Ivoiriens contraints à l’exil dans tous les pays et continents, militantes et militants, amis et connaissances de l’Honorable Déhé Gnahou Gilbert, la mort du Député de Duékoué est une épreuve, mais elle n’est pas un drame shakespearien, une autre histoire tragique. Les épreuves renforcent alors qu’il est très difficile de se relever après un drame. Chaque génération a ses combats, ses idéaux. Déhé Gnahou Gilbert n’a pas transigé, n’a pas trahi ses idéaux puisqu’il a fait le choix du combat et de la résistance. Sa mort n’est donc pas un moment d’humiliation mais de grâce pour accompagner son entrée inéluctable dans l’histoire de l’humanité. Le FPI ne va donc pas déposer un cierge à Sainte-Rita, patronne des causes désespérées.

Par-dessus tout, la mort de Déhé Gnahou Gilbert offre une tribune au FPI pour parler de sa fidélité et de sa loyauté au Président Laurent Gbagbo, de son admirable parcours au service des libertés démocratiques et de son attachement à son peuple, le peuple Wê, si riche de fierté et de dignité. L’hommage n’est pas forcé. Tous les témoignages concordent.

L’Honorable Déhé Gnahou Gilbert a très tôt compris le Président Laurent Gbagbo, il a marché sur ses traces, il a chaussé ses souliers. La fidélité est l’une des valeurs les plus certaines du code moral personnel de notre Camarade. Il a été le compagnon des bons et des mauvais jours du Président Laurent Gbagbo. Chez lui, la fidélité aux hommes s’accompagne d’une intransigeance sur les idées. Oui, Honorable Déhé Gnahou Gilbert, tu peux te regarder dans la glace, tu ne verras certainement pas l’image de Judas.

Les raisons de sa fidélité et de sa loyauté au Président Laurent Gbagbo sont connues. Sa génération sait ce qu’elle doit au Président Laurent Gbagbo : une révolution copernicienne. C’est l’action obstinée du Président Laurent Gbagbo, son ambition, son inépuisable capacité d’entraînement qui ont permis à la génération de Déhé Gnahou Gilbert d’ouvrir une nouvelle période de la vie politique en Côte d’Ivoire, une nouvelle époque : celle d’avoir fait naître l’esprit de l’alternance. L’alternance représente un acquis démocratique majeur, par contraste avec la monopolisation du pouvoir par le PDCI pendant plus de quarante (40) ans. L’alternance, qui est au fondement du système démocratique moderne, était inconnue de grand nombre d’Ivoiriens. Pour la pensée commune, elle ne pouvait se produire que par les coups d’Etat et les révolutions sanglantes et non par la voie pacifique.

La Côte d’Ivoire sous l’action opiniâtre du Président Laurent Gbagbo, a changé de visage. Mais, aux yeux de la génération Déhé Gnahou Gilbert, rien n’est plus éclatant que la pensée du Président Laurent Gbagbo pour l’Etat de droit, que sa vision de l’avenir de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et du monde, que son action en faveur de l’indépendance et de la souveraineté de la Côte d’Ivoire.

Au FPI, il n’y a qu’un mot pour résumer nos espérances et nous rassembler : et ce mot, c’est le socialisme.

Parce que historiquement et par essence, le socialisme et la souveraineté qui constituent l’épine dorsale de la ligne du FPI sont des postures de lutte, de combat et de résistance contre les inégalités sociales, les injustices, l’exploitation des larges masses laborieuses et le refus de la domination sous toutes les formes, pour la promotion de la démocratie, des droits et libertés.

Le socialisme fonde donc l’engagement politique du Camarade Déhé Gnahou Gilbert. Déhé Gnahou Gilbert n’a pas appris le socialisme. Il n’est pas un socialiste de rencontre ou un socialisme d’occasion, d’opportunité. Le socialisme est resté chevillé a son corps.

L’identité socialiste la plus convaincante de l’Honorable Déhé Gnahou Gilbert reste qu’il fait partie des bâtisseurs du FPI. Il a œuvré à la construction du parti et le faire parvenir au pouvoir, a été le plus clair de ses objectifs. Il lui a donné jour après jour, de sa force, de sa patience, de son habileté, de sa foi dans le succès. Le Camarade Déhé Gnahou Gilbert s’est épanoui dans l’exercice de ses talents et de son dynamisme au cœur d’un grand parti dont la vocation à gouverner ne faisait plus de doute. Pour traduire l’espérance en action, le FPI est pour Déhé Gnahou Gilbert le tremplin nécessaire pour devenir Député. Son ambition est fondée sur des convictions fortes. Le poids des convictions a pesé du même poids que celui des ambitions. Il a mis en adéquation ses ambitions avec ses convictions. Le Camarade Déhé Gnahou Gilbert a su être patient, pugnace, habile, inspiré par la confiance en soi et la conviction d’être né sous une bonne étoile. Toujours à l’aise dans les campagnes électorales, il déploie l’essentiel de son talent. Il se donne une base géographique en se faisant élire Député de Duékoué. Cette élection qui le hisse au rang envié d’Honorable, est pour lui un repère, un tremplin, une espérance. Très tôt, il est habité par une forte conscience de la responsabilité due à sa charge.

L’Assemblée Nationale est l’essentiel de son œuvre, son legs le plus précieux. Il a marqué l’hémicycle de son empreinte. Il a acquis une renommée nationale que son verbe a su entretenir pendant des années. Par sa voix, son verbe et sa prestance, il charme, envoûte, amuse et épate. L’Honorable Député plaît surtout par son franc parler et sa spontanéité. Il est donc perçu comme un homme politique sincère, celui du "parler vrai", celui qui dit ce qu’il pense et force l’estime, l’admiration et la fierté. Homme à la fois convaincu et constant, naturel, spontané et pédagogue, Déhé Gnahou Gilbert était secondé par sa culture et son esprit délié. Pour gagner l’audience de l’hémicycle, son discours plaisait au grand nombre. On ne comptera jamais assez dans sa réussite les ressources de la séduction. À l’Assemblée Nationale, il provoque une ferveur. Aux côtés du Président Laurent Gbagbo, il a acquis de l’expérience sur le terrain au contact des populations et dans la souffrance. Il a appris que la politique se fait par le peuple, pour le peuple et avec le peuple. Il a également appris que faire de la politique, c’est aller vers les populations, leur parler, recenser leurs problèmes et les traduire en projet et en programme. Faire de la politique est l’une des meilleures façons d’assurer le lien entre les populations, de leur assurer un supplément de bonheur. A l’Assemblée Nationale, l’Honorable Déhé Gnahou Gilbert montre une détermination dans sa volonté d’une amélioration des conditions de vie et d’existence de ses concitoyens.  Une face de lui se révèle : son attention à ceux qui souffrent. Il est sensible à la douleur de l’autre. Il sait s’intéresser aux autres, les soutenir, se faire aimer par sa faculté d’écoute. Non seulement il séduit, mais il provoque l’attachement à sa personne, et notamment par l’affection et la compassion que lui inspirent ses proches en difficulté, les maladies de ses concitoyens et leurs deuils. L’Honorable avait ce don : personne ne se sentait écarté par lui et comme il était fidèle, les hommes lui étaient fidèles sans être vraiment liés ni à lui, ni entre eux. Autour de lui, se sont regroupés des hommes et des femmes qui voulaient sans doute autant changer le rapport du FPI à la politique, passer à l’acte, réaliser. Le mandat parlementaire de l’Honorable Député Déhé Gnahou Gilbert sera guidé par une exigence : redonner aux Ivoiriens cette confiance en eux depuis trop longtemps affaiblie ; convaincre nos compatriotes que la Côte d’Ivoire n’est pas déclinante, mais que nous sommes à l’orée d’une extraordinaire renaissance, parce que nous tenons entre nos mains tous les atouts qui feront et qui font les grandes puissances. La fidélité, l’honneur et la patrie cheminaient à ses côtés.

De quoi l’Honorable Député Déhé Gnahou Gilbert était-il le plus fier ? D’avoir modestement contribué au vote des lois emblématiques de la gouvernance du Président Laurent Gbagbo, ces lois qui engagent la consolidation de la démocratie, s’attaquent aux injustices de notre société et propulsent la Côte d’Ivoire dans la modernité : l’Assurance Maladie Universelle (AMU), la décentralisation, le statut des anciens chefs d’Etat, des Premiers Ministres et des Présidents d’Institutions, le régime juridique de la presse, la déclaration du patrimoine du Président de la République, le financement des partis et groupements politiques et des campagnes électorales sur fonds publics, …

Quel est le plus grand regret de l’Honorable Déhé Gnahou Gilbert ? Le coup d’Etat le plus long dans l’histoire du monde qui a empêché le vote par l’Assemblée Nationale d’autres projets de lois emblématiques de la gouvernance du Président Laurent Gbagbo.

L’Honorable Déhé Gnahou Gilbert a résumé le mandat du Président Laurent Gbagbo en un mot : "empêché".

Le plus grand mérite de l’Honorable Déhé Gnahou Gilbert, c’est la passion pour son peuple, le peuple Wê, c’est d’avoir implanté le FPI dans le Grand Ouest.

Il peut se targuer d’avoir été de tous les combats de son peuple, le peuple Wê qui porte dans son regard, dans sa vie et dans son existence la violence de la guerre faite à la Côte d’Ivoire, aux peuples du Grand Ouest et au Président Laurent Gbagbo.

Duékoué, ville martyre, ville souffrante, ville malheureuse, ville tragique, mais aussi et surtout ville symbole d’un peuple de résistants aimant la vie et qui s’accrochent à la vie malgré tout, restent debout contre la barbarie humaine, contre la dégénérescence programmée de tout un peuple. Malgré les milliers de morts, le peuple Wê reste stoïque, fier et digne.

Au nom du Président Laurent Gbagbo, je suis allé à la tête d’une forte délégation, saluer la résistance du peuple Wê, lui réitérer la compassion et la solidarité du Président Laurent Gbagbo et du FPI, lui redonner confiance et espoir en l’avenir. Je suis allé sonner la nécessaire remobilisation de nos responsables, de nos militantes et militants et de nos structures sur le terrain de la lutte. C’était enfoncer une porte déjà ouverte puisque j’ai trouvé un peuple déjà mobilisé.

Des préoccupations sont exprimées par le peuple Wê :

1-     La reconnaissance du génocide du peuple Wê ;

2-     Le conflit foncier comme moteur de l’épuration ethnique ;

3-     La libération des prisonniers politiques, civils et militaires ;

4-     Le retour des exilés et des réfugiés politiques suivi de la récupération de leurs patrimoines.

Peuple Wê, chers parents du Grand Ouest, tout en vous exprimant la gratitude du Président Laurent Gbagbo pour l’accueil à la fois déférent, massif, chaleureux et spontané que vous avez réservé à la délégation du FPI dans le Grand Ouest, devant la dépouille du Camarade Honorable Déhé Gnahou Gilbert, je réitère solennellement, au nom du Président Laurent Gbagbo et du FPI, l’engagement pris d’honorer, une fois le Président Laurent Gbagbo de retour et le FPI au pouvoir, les 3 R :

1-     La Reconnaissance du génocide du peuple Wê ;

2-     La Réhabilitation du peuple Wê dans ses droits patrimoniaux ;

3-     La Réparation des torts, injustices et dommages causés au peuple Wê.

Honorable Député Déhé Gnahou Gilbert, merci d’avoir donné à la Côte d’Ivoire, à ton peuple, au Président Laurent Gbagbo et au FPI un patrimoine, une histoire, une culture. 

Disert. Communicatif. Pédagogue. Merci à l’enseignant que tu as été d’avoir su ménager une passerelle entre la profession d’enseignant et la fonction de Député.

Avec la mort de Déhé Gnahou Gilbert, c’est notre liberté et notre démocratie qui sont remises en cause. Avec sa mort, nous construisons notre présent et notre avenir. Elle nous ouvre donc la voie à une seconde vie. Elle nous indique le cap. La mort de Déhé Gnahou Gilbert nous invite à peser sur les circonstances et à forcer le destin. L’acte de décès signe immédiatement l’acte de renaissance avec la reconquête du pouvoir d’Etat. Il appartient donc à son parti, le FPI, de lui donner du souffle et de l’énergie en s’impliquant sans murmure ni hésitation, sans mi-temps ni temps mort, dans les sillons que notre Camarade a tracés à l’école du Président Laurent Gbagbo. La vie de l’Honorable Député Déhé Gnahou Gilbert est une leçon de connaissance qui nous enseigne qu’un parti meurt quand ses militants ont décidé de mourir mais il vit quand ses militants ont décidé de combattre et de résister.

         À l’heure de ta mort, Camarade, tu laisses derrière toi une précieuse boussole. Le défi aujourd’hui pour le FPI est de s’inspirer de ta vie et susciter un renouveau d’idées et de pratiques, de repenser également les raisons du succès de ta vie.

Camarade, je sais que là où tu es, tu sais, tu entends, tu écoutes les nouvelles du pays et de la CPI. Mais permets-moi de te les donner tout de même.

Je sais que tu as le cœur triste à la nouvelle du conflit intercommunautaire de Guiglo.

Et jusqu’à ce jour, rien n’apparaît comme une solution nette, rassurante, apaisante, claire et durable pour mettre un terme au conflit qui prend de plus en plus de l’ampleur.

Le FPI, ton parti, par son porte-parole, SE Monsieur l’Ambassadeur Koné Boubakar, Secrétaire Général par intérim, a appelé dans une série de déclarations dont la dernière en date du mercredi 25 octobre 2017, « Instamment à l’apaisement et au dialogue pour un retour à la coexistence pacifique et à la cohésion entre les différentes communautés ».

Ravale tes larmes, Camarade, reprends espoir et accorde ta confiance aux élus et cadres Wê qui, à n’en point douter, sauront en toute responsabilité, dans l’équité et dans la paix, trouver une voie consensuelle et rassurante à ces conflits récurrents de cohabitation intercommunautaire.

Après le Grand Ouest qui n’en finit pas de pleurer ses morts et de panser ses blessures, comment va la Côte d’Ivoire ? Ce qui domine actuellement en Côte d’Ivoire, c’est l’imprévisibilité du moment. Il flotte dans l’air du temps une idée de destin suspendu, l’impression d’un souffle retenu, d’une respiration arrêtée ! Au-delà des incantations qui se veulent rassurantes, nul ne sait comment la Côte d’Ivoire pourrait s’extirper d’une glissade vers le pire, plus grave que toutes les précédentes. Tous, en ces moments-ci, se gardent de toute prévision prospective. Tout se passe comme si la Côte d’Ivoire était à la table d’un casino dans l’attente du bon ou du mauvais numéro.

Cette imprévisibilité générale n’est pas forcément une catastrophe. Elle peut fouetter l’imagination collective, stimuler la capacité d’inventer, ressouder les solidarités. On ne s’endort pas lorsque tout peut arriver y compris l’inventivité et l’espérance.

Oui, Camarade Honorable Déhé Gnahou Gilbert, comment puis-je ne pas te parler de la CPI, même si je demeure persuadé que tu savoures les tout derniers développements ?

Ils parlent de droit de l’homme et ils sont les premiers à les bafouer. Le "Droit de l’hommisme" reste une arme visant à discréditer et à détruire les régimes jugés non "fiables" par les grandes puissances occidentales.

Cette perversion des valeurs humanistes a été le fil d’Ariane du complot international contre la Côte d’Ivoire et le Président Laurent Gbagbo.

Les révélations à la fois croustillantes, ahurissantes et inquiétantes de Médiapart, en collaboration avec une dizaine de grands médias Européens dont Der Spiegel en Allemagne, The Sunday Times au Royaume Uni, Le Soir en Belgique, … sur la CPI et le dossier du Président Laurent Gbagbo, montrent on ne peut plus nettement que le FPI n’était pas dans l’émotion mais dans la raison. Oui, le tournant décisif opéré par Médiapart nous conforte dans nos analyses. Le Président Laurent Gbagbo était bel et bien programmé pour être neutralisé par la CPI, que la Côte d’Ivoire soit partie au Statut de Rome ou pas, que des investigations soient menées ou pas, qu’il y ait mandat d’arrêt ou pas. Pour les puissants de ce monde, le Président Laurent Gbagbo a tort d’être socialiste, d’être arrivé au pouvoir sans être adoubé par les réseaux de la France-Afrique, de compter sur le peuple, d’être le porte-parole du peuple, de donner voix au peuple de Côte d’Ivoire, de se battre pour l’indépendance et la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Le maître n’a pas apprécié que le Président Laurent Gbagbo ait l’outrecuidance de ne pas baisser les yeux en sa présence et de parler d’égal à égal avec lui, donnant ainsi le mauvais exemple à l’Afrique et aux Africains.

Les documents de Médiapart qui voient derrière les malheurs du Président Laurent Gbagbo la main de la France de Chirac et de Sarkozy, ne peuvent que renforcer le sentiment que la CPI est une cour aux ordres des grandes puissances, qui la manipulent au gré de leurs intérêts. Tous les patriotes, tous les résistants, les analystes Ivoiriens et Africains le savaient et l’ont déjà dit. Mais leurs voix étaient inaudibles parce que considérées comme des pro-Gbagbo ou estampillées comme telles. Le FPI se réjouit que ce soient des médias occidentaux qui révèlent le complot, c’est-à-dire le véritable plan commun pour neutraliser le Président Laurent Gbagbo. Ces révélations sont déterminantes parce que ce sont les mêmes médias qui ont fait trottiner dans de nombreuses consciences une image hideuse du Président Laurent Gbagbo. Dix ans de lessivages médiatiques ont eu raison de nombreux intellectuels et des panafricanistes qui ont pignon sur rue, ont fini par intégrer les clichés qui se sont saisi d’eux par doses homéopathiques. Médiapart, avec objectivité, a établi la véracité des faits : il a dépassé les idées reçues, les parti-pris, les caricatures et les clichés pour se consacrer à un véritable travail de recherche, de recoupement et d’analyse. Ce qui a souvent fait défaut à grand nombre de médias occidentaux, abondamment repris en dehors de l’Occident.  

  Pour étayer nos propos, il est bon de savoir que Médiapart, journal payant sur Internet, a vu le jour le 16 mars 2008. Son actuel président et co-fondateur Edwy Plenel, de son nom complet Hervé Edwy Plenel, a été licencié en 2005, après 25 ans de carrière au sein de la rédaction de "Le Monde". Souvenons-nous : "Le Monde" est ce journal Français contre lequel le Président Laurent Gbagbo avait intenté et gagné un procès en diffamation dans un arrêt rendu, en 2005, par la cour d’appel de Paris.

En effet, le journal Français avait accusé le couple présidentiel, Laurent Gbagbo et Simone Gbagbo, d’être les responsables des "escadrons de la mort" à Abidjan. Dans les numéros datés des 8 et 20 février 2013, un article intitulé "Le rôle-clé des gardes du corps du couple présidentiel", publié sous le titre "Côte d’Ivoire, enquête sur les escadrons de la mort" met directement en cause Laurent Gbagbo et Simone Gbagbo.  

Avec le ralliement des ennemis d’hier à la cause du Président Laurent Gbagbo, la démonstration est ainsi faite que le Président Laurent Gbagbo, ce Grand homme et ce Grand panafricaniste, est moralement et politiquement défendable. Les révélations de Médiapart démontrent clairement que la CPI n’est pas crédible, ni hier, ni aujourd’hui. C’est gros comme un point de penalty au milieu de la surface de réparation d’un terrain de football. Mais est-ce la fonction d’une juridiction internationale que de jouer le jeu d’un pouvoir contre un peuple ? L’idée de la CPI, figure de proue d’une justice internationale indépendante et impartiale, qui se voulait noble au départ, a été pervertie par la corruption qui a gangrené le système. Le ver est dans le fruit. Il faut jeter le fruit. Il faut changer de logiciel. Les puissants de ce monde doivent donc commencer par balayer devant leur porte en prenant des décisions minimales courageuses :

1-     L’arrêt immédiat du procès du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé ;

2-     La libération définitive du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé ;

Mettre fin au procès du Président Laurent Gbagbo et du Ministre Charles Blé Goudé et entrer en voie de leur libération définitive, c’est poser un acte d’héroïsme.

En effet, mettre fin au procès et entrer en voie de libération, c’est mettre fin à une injustice criarde qu’on veut recouvrir par une parodie de justice internationale ; mettre fin au procès et entrer en voie de libération, c’est mettre fin à un vaste complot international, c’est mettre fin au véritable plan commun visant à neutraliser le Président Laurent Gbagbo et à l’éloigner de la Côte d’Ivoire pour laisser Monsieur Ouattara gouverner en toute impunité et en toute tranquillité.

Aller dans ce sens ne peut que grandir les puissances de ce monde et non les humilier. Elles n’échapperont pas à la loi de la causalité, une loi chère aux Bouddhistes. La cause, bonne ou mauvaise, produit nécessairement des résultats, bons ou mauvais. Tôt ou tard. Et dans ce procès, à bien y regarder, la loi de la causalité est déjà en train de déployer ses effets dans le monde. Et l’Afrique est Gbagbo.

Assurément, les révélations de Médiapart relancent inévitablement le débat, au sein de l’Union Africaine, du retrait des Etats africains parties au Statut de Rome et de l’idée de la création d’une cour africaine. Comme pour amorcer le mouvement de retrait, le Burundi a officiellement quitté la cour, le vendredi 27 octobre 2017.

J’ai foi en Spinoza dans le déterminisme final, selon lequel « Tout ce qui arrive, arrive en vue d’une fin ». Comme tu le vois, Camarade Honorable Déhé Gnahou Gilbert, la nuit noire de la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Haye, à la CPI, laisse percer des ilots de lumière qui éclairent la sortie du tunnel.

Depuis l’éloignement du Président Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire, le pays de ses ancêtres, court, comme Marcel Proust, "A la recherche du temps perdu ". Avec le retour très proche du Président Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire va non seulement rattraper le temps perdu, mais va réussir son entrée dans les trois dimensions : Modernité, Prospérité et Démocratie.

Toute sa vie, le Président Laurent Gbagbo n’a-t-il pas été « l’homme du "devandougou" (qui signifie aller devant), l’homme d’avenir, préparant la Côte d’Ivoire aux échéances des siècles à venir, lui rendant l’espérance et lui donnant les moyens de sa grandeur » ? (Sous la coordination de Claude Koudou "Des pensées de Laurent Gbagbo. Quel message pour la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire ?" L’Harmattan, juin 2017, P. 22).

Des tempêtes, le Président Laurent Gbagbo en a bravé des dizaines, sans jamais tomber. Aujourd’hui, il affronte un cataclysme, le pire qui soit pour un homme qui, toute sa vie, s’est battu pour les libertés démocratiques. C’est sûr : il n’est pas tombé. Il nous reviendra. 

Non, personne ne peut dérober au Président Laurent Gbagbo son avenir.

Restons donc confiants, sereins, unis dans l’espérance et l’espoir. 

Honorable Député Déhé Gnahou Gilbert, la vie est si courte. Ta mort, après une vie si bien remplie parce que vécue dans le combat et la résistance, t’ouvre les portes de l’éternité.

Tu peux donc reposer en paix dans ta sépulture digne, splendide et immaculée.

 
 

DISCOURS DU PRESIDENT PAR INTERIM DU FPI

SANGARE ABOU DRAHAMANE

 

 

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