LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO:PARCOURS EXCEPTIONNEL D'UN COMBATTANT (ACTE 1)
ITINERAIRE DU COMBATTANT
J'ai eu mon BEPC en juin 1962,et j'ai quitté le séminaire comme je suis entré.C'est à dire sans trop savoir pourquoi mon père m'y avait conduit,un jour,alors que je venais de donner un cours de musique à des jeunes gens ,mes amis Boniface Dagri,Koudougnon Ballet,Lavry Bernardin me retrouvent chez moi et me disent:on quitte le séminaire,Nous allons à Abidjan pour rentre au lycée classique."je viens avec vous"leur ai je répondu.
C'est ainsi que je suis allé prendre mes dossiers et que je me suis rendu à Abidjan.C'était en 1962 :une grande aventure.Et quelle aventure ! au lycée classique venant d'un établissement privé,j'ai passé la première année à l' externat.il fallait d'abord effectuer un an à l'externat,obtenir une certaine moyenne en classe avant de se voir attribuer une une bourse d'études.En 1963,je passe en classe de première.Je suis boursiers et je suis à l'internat.Cette année -là est pour mes amis lycéens et moi-même ,un moment de grand trouble car nous apprenons l'arrestation de certains ministres pour participation à un complot.Trois ans après la proclamation des indépendances,ces ministres représentaient des "demi dieux"pour les adolescents que nous étions.Nous pensions qu'ils étaient intouchables.S'ils étaient arrêtes,cela voulait dire qu'ils avaient effectivement participé à un complot.Ilfaut dire ajouter que nous n'avions aucun élément pour croire le contraire.A cela il faut ajouter que nous n'avons ni conscience critique,ni conscience politique.L'atmosphère sociale, qui était plus moins lourde,traduisait simplement le fait que les "demi dieu" n'étaient que simple individus et qu'il n'y avait pas d' homme intouchables.En juin 1964,j'arrive en vacances de mon village après avoir passé le concours France-Afrique,un concours organisé par le ministère Français de la coopération pour les jeunes des classe de terminale,de première,de troisième,et du CM2.Cette année-là,j'avais été un des lauréats.D'autres l'avaient été avant moi,tels Akoto Yao,Allassane Salif N'Diaye,Domique kangah.Je devais donc aller en France dans le cadre du prix que je venais d'obtenir,quand mon père fut arrêté en ma présence ,pour complicité dans un compot.Au moment où il allait être embarqueé dans la voiture des gendarmes,il m'a dit:"ce complot n'existe pas ,si moi, Koudou Paul,qui ne suis rien qui n'ai fréquenté l'école que jusqu'au cours élémentaire deuxième année ,on m'arrete,c'est que ce complot n'existe pas !"suivront les arrestations de Gris Camille et de nombreuses autres personnes originaire de la région de Gagnoa.Celle de Gris Camille ,notre oncle a été un choc dans la famille de ma mère ,elle en a beacoup souffert,ainsi que ma grande -mère.D'ailleurs cette dernière en est morte....
Cette arrestation intervient alors que je n'avais même pas de quoi payer mon ticket de transport pour arriver à abidjan,ou j'étais attendu pour aller en France.C'est grâce à la générosité de l'épouse du directeur de l'école de gagnoa une institutrice ,Madame Bamba qui m'a offert cinq cent francs que j'ai pu regagner Abidjan.Revenu de ma colonie de vacances.Je me suis trouvé confronté à un vrai problème,je devais aller en terminale ,tandis que ma soeur Jeannette entrait en classe de troisième,à Bouaké,mon père était en prison,ma famille était démunie.Elle n'avait rien ,moi non plus ,mes autres demi -frère ,n'en parlons pas !j'ai alors décidé de quitter l'école pour être instituteur dans les écoles privées,puisqu'il était un peu tard pour cherche un emploi dans les écoles publique .Des amis m'ont conseilllé de ne pas abondonner ,il s'agissait pour moi de me battre pour obtenir le baccalauréat,ce qui aurait pour conséquence l'octroi d'une bourse d'étude supérieures.Parmi ces amis,je me plais à citer Dominique Kangah,"compagnero,vecino".C'est ainsi que l'on s'appelait.Nous avions un orchestre,"les Joyeux compagnons du lycée",dans lequel il chantait avec N'Doly Bony.
Ils m'ont beaucoup entouré de leur amitié.J'ai terminé l'année scolaire ,obtenu mon BAC et la bourse.je suis allé à l' université ,orienté en lettre classique pur être professeur de français,latin et grec.J'y ai passé une année de propédeutique à l' issue de laquelle j'étais admis à poursuivre mes étude à lyon.Les choses s'annoncaient bien pour moi car j'allais profiter des grandes vacances de cette fin d'année scolaire 1965 pour effectuer un voyage d'étude aux Etats Unis d'amérique offert par l'Ambassade des USA.Avant de m'y rendre,j'avais décidé de passer quelques jours dans ma région pour revenir aux sources.Et je me suis fait emprisonner par Ayémou Noué,le sous-préfet de ouragahio.Le 7 Août,jour de la fête de l' indépendance,il avait organisé un match de football qui opposait deux villages de la région,dont celui de ma mère.L'équipe du village de ma mère remporte le match.Le sous -préfet refuse de lui remettre la coupe ,mécontent parce que l'équipe qu'il soutenait avait perdu.Ils s'en est suivi des barrages,il nous a fait tous arrêter et envoyer en prison à Gagnoa.On a dû y passer une vingtaine de jours.Je me souviens très bien de cet épisode de la prison j'apprenais par les avis et communiqués diffusés à la radio,l'invitation qui m'était faite d'aller retire mon billet à l'ambassade des Etat -Unis.J'ai raté ce voyage à cause de ce sous -préfet zélé que je n'ai ailleurs plus revu.A la fin des vacances,je me suis envolé pour Lyon où j'ai rencontre deux personnes qui m'ont marqué.La première est une jeune fille,Jacqueline Chamois qui est devenue ma première épouse et avec laquelle j'ai eu mon fils aîne Michel Gbagbo.La seconde est Gérard Colomb qui est devenu par la suite un ami.Il est le maire de Lyon.A Lyon où j'étais inscrit pour étudier le latin et le grec je me suis rendu compte que ces matière étaient très éloignées des préoccupations africaine ainsi que des préoccupations politiques ivoiriennes .C'est très exaltant de parle du péloponnèse mais cela ne m'enseignait rien sur la vie politique de l'Afrique et de la côte d'ivoire.C'est à partir de là que ma carrière politique s'est précisée d'autant que j'avais commencé à assister à des reunions africaines en france et à des reunions de Français faisant de la politique.J'ai donc décidé d'étudier l' histoire.J'ai écrit au ministre de l' éducation nationale pour lui signifier ce changement d' orientation.Il m'a indiqué qu'il fallait dans ce cas revenir en côte d' ivoire.Jacqueline et moi nous sommes mariées et sommes rentrés au pays.En septembre 1970 j'ai 25 ans.
Je débute ma carrière d' enseignant,je suis professeur au lycée classique.Il faut savoir que nous étions 110 professeurs dont dix race noire, huit ivoiriens,nigeriane,antillais et Mory Doumbia ,qui était le premier proviseur noir au lycée classique,jétais un enseignant atypique .Je ne me rendais pas souvent dans la salle des professeurs car je préférais être dans la cour avec les élèves.Ils m'aimaient beaucoup.Certains avaient le même âge que moi.Nous étions de la même génération et jouions ensemble dans les équipes de football.Lorsque par exemple le censeur a demandé aux élèves d'élire le professeur principal de leur classe,j'ai été élu dans quatre classes.A cette époque ,nous avions dans le programme d' histoire et de connaissance générale,le partage du monde en deux blocs,un jour,je donnais un cours sur le partage du monde.Après avoir défini les blocs il fallait trouver des exemples précis.J'ai donc parlé du conflit du Moyen-Orient,en disant qu'ISREAL était allié du bloc occidental et que l'Egypte de Nasser et les autres étaient alliésdu blocs soviétique.C'était le fond de la pensée.Et cela correspondait à la vérité de cette époque.La fille de l'ambassadeur d'israél n'a pas tellement apprécié cela parce que j'avais utiliser le mot impérialiste pour désigner le bloc occidental.Elle a levé la main et je lui ai donné la parole.C'était une très bonne élève,la meilleure de mes élèves de terminale D.Elle voulait parler pour défendre l'image de son pays.J'ai refusé en expliquant qu' en début d'année,j'avais distribué des sujets d'exposés et qu'elle a choisi d'exposer sur les conflit au Moyen- Orient.Elle parlera donc à ce moment -là.Et puis en classe,il n'ya pas deux professeurs,il n'y en a qu'un seul et jusqu'à preuve du contraire,c'est moi.J'ai continué mon cours.Au bout d'un moment elle s'est levée,et a quand même voulu s'exprimer.Jai demandé au chef de classe d'aller chercher monsieur Astar,le surveillant je l'ai fait sortir de la salle,escortée par le surveillant.J'ai terminé mon cours,et suis rentré chez moi.c'était un vendredi.Le lundi lorsque je suis arrivé au lycée,les élèves de toutes les classes étaient dans la cour,ils avaient décidé de faire une grève générale!
J'ai demandé le motif et c'est ainsi que j'ai appris que c'est parce qu'on devait me mettre aux arrêts.Le proviseur m'a demandé des explications.Pendant que je lui faisais le compte -rendu,l'ambassadeur d' israél est entré dans le lycée,battant pavillon,ce qui a eu le don d'exaspérer les élèves qui étaient surexcités.Je n'ai pas accepté de le recevoir ne me sentant pas concerné pas cette affaire.On me demande de dispenser un cours.Je le fais,si j'estime qu'une élève a une inconduite,je demande qu'elle sorte de la classe.Je ne vois pas où est le problème.
Es-ce parce qu'elle est la fille d'un ambassadeur qu'il y a un problème?
Après le départ de l'ambassadeur,le ministre de l'éducation nationale,lorougnon guédé me convoque.Il nous a reçu,entouré de tous ses collaborateurs:directeur de cabinet,chef de cabinet,directeur de l'enseignement.Je n'y comprenais rien.Ils m'ont posé une question assez incongrue:quel type de cours dispensez-vous?
j'ai rétorqué que je ne comprenais pas la question.le ministre m'a dit alors: vous êtes accusé de donner des cours communistes.A mon tour,je l'ai interrogé?
l'atmosphère était assez électrique.Mais ce qui est plus grave c'est que pendant ce temps,il ont ramassé les cahiers de tous mes élèves des quatre classes pour vérifier si effectivement je donnais des cours communiste.De plus ,ils leur ont distribué des feuilles pour qu'ils écrivent ce qu'ils pensent de moi.Ce sont mes éleves qui m'ont sauvé.Quand j'ai été convoqué au ministère,tous les professeurs du lycée ont décidé d'entamer une grève pour me soutenir.Ils ne comprenaient pas que le fait pour un professeur de sortir une éleve d'une salle de classe devienne une affaire d'Etat.Alors évidemment j'ai rejoint le mouvement de grève.Le lendemain,le lycée Sainte Technique ,l'Université,se sont également mis en grève ,suivi par toutes les écoles de côte d'ivoire.Le président Houphoét -Boigny,constatant l'ampleur du mouvement,a délégué le ministre des Affaires étrangères,Usher Assouan,pour m'interroger,interroger le proviseur,les professeurs et les élèves.Lorsque ce dernier a rendu son rapport,Houphouét -Boigny pour calmer le jeu a préféré renvoyer l'ambassadeur et sa fille.Les cours ont repris.Quelques semaines après ,j'ai été arrêter et envoyé de nouveau au camps militaire d'Akouédo.Mon arrestation correspond aussi à celle des étudiants N'Dory Raymond,Sangaré Aboudrahamane,Kodjo Richard...qui,pour protester contre le MEECI,avaient créé un syndicat différent,l'UCCIà l' université d' abidjan.Nous venions d' être arrêtés et incarcérés encore à Akouédo quand un matin,M'Bahie Blé,ministre de la défense ,arrive au camps militaire ,il nous rassemble tous sur la place d' armes et annonce :
-M.Gbagbo Laurent ,votre épouse est une communiste de lyon,nous venons de la renvoyer.
-Avouez que c'et un motif assez cocasse,comme si communiste de lyon était plus dangereux que communistes de Moscou ou de Pékin!
Elle a été renvoyée sans le sou,avec mon fils âgé de deux ans,alors qu'elle était enseignante ici.Je les ai retrouvés deux ans plus tard,quand je suis sorti de l' armée.Nous sommes embarqués pour la garnisson militaire de la ville de Séguéla.C'est là que j'ai connu la plupart des mes futurs colloraborateurs:
-Aboudramane Sangaré
-Kadjo Morokro Jean
-Kodjo Richard
je connaissais déjà N'Dori,mais nos liens se sont renforcés à Séguéla.Nous avons passé sept mois à séguéla.Les étudiants ont été libérés et nous les fonctionnaires,avons été conduits à l'Ecole des forces Armées de Bouaké pour un séjour de quinze mois.Cela a été une expérience extraordinaire pour moi.Je découvrais l'armée et tout ce que cela comporte :les cadres ,le fonctionnement ,les institutions internes ,etc.On m'a offert gratuitement,pendant quinze mois ,d'être au plus haut niveau de l'armée,c'est à dire là où tous les cadres militaires passaient .J'y ai connu le général Robert Geuî,qui était à l' époque capitaine.Ils ont voulu me punir et ils m'ont puni parce que je n'étais pas content d'y être.En même temps,j'ai réussi en m'instruisant à transformer cet aspect négatif en aspect positif.Nous sommes libérés en janvier 1973.C'est cette année -là que l' histoire de la côte d' ivoire démocratique se dessine.Je vais vous dépeindre la situation globale pour que vous compreniez le contexte politique.ILfaut rappeller que déjà en 1969 à Strasbourg nous avions créé l' embryon de ce qui deviendra plus tard le FPI.
Nous étions quatre,issus des mouvement clandestins ivoiriens :
-Mamadou Traoré
-Zadi Zaourou
-Assoa Adou et moi-même.
Nos aînes qui avaient étudié en France et qui étaient opposans au régime d' Houphouét -Boigny ont créé un certain nombre de mouvement d' opposant,
-Le PAI ( parti africain de l' indépendance )
qui avait une section en côte d'ivoire.
-le MIL(mouvement ivoirien de libération) qui éditait régulièrement un organe,"le Pilon" C'était bien entendu des mouvements clandestins indépendantistes et marxistes.
La faiblesse de ces mouvements résidait d'une part dans le fait qu'ils étaient dogmatiques,puisqu'il y avaient les révolutionnaires et les non-révolutionnaires ,et d' autre part étant clandestins,ils avaient forcément une envergure peu significative.A partir de 1970,ces mouvements vont se saboter et la plupart de leurs cadres rejoindront le PDCI-RDA.je dis la plupart;pas tous.certains vont poursuivre le combat révolutionnaire dans des groupuscules clandestins marxistes-léninistes.
C'est la première donnée qu'il faut avoir en tête.Le deuxième élèment,c'est que depuis 1963-1964,l' université d' abidjan fonctionnait normalement,il n'était plus besoin d'aller en europe pour des suivre des études supérieures.Toute la partie oppositionnelle intellectuelle des étudiants est consommée sur place.Elle s'intègre dans tous ces mouvements clandestins qui se créent.Le troisième élèment est qu'entre 1960et 1970 se créent dans le pays des syndicats qui auront pignon sur rue .
Djény Kobina
Angèle Gnonsoa créent le SYNESCI(syndicat national des enseignants du sécondaire de côte d' ivoire)
D'autre,dont Francis Wodié créent le SYNARES (syndicat national de la recherche scientifique)
Plus tard,le SYNACASSCI,le syndicat des médecin verra le jour.Tous ces syndicats étaient autonomes vis à vis du parti démocratique de côte d'ivoire (PDCI) et de l' union générale des travailleurs de côte d'ivoire (UGTCI) et revendiquaient leur non affiliation au PDCI et à l' UGTCI.C'est dans ce cadre que je recouvre la liberté en janvier 1973 avc pour objectif la création d'un grand parti révolutionaire qui va prendre le pouvoir à la place du PDCI-RDA.
C'est ainsi que Pascal Kokora,Aboudramane Sangaré,Simone Ehivet,Boga Doudou et moi-même,nous sommes reunis à la "Tour Golem"fin mars 1982,dans l'appartement numéro 42 de Pascal Kokora et que nous avons créé le parti qui sera le FPI,"le front populaire ivoirien.Tout en assumant mes fonctions de directeur de l'institut d' histoire,je menais la lutte révolutionnaireet nous cherchions à expériementer la voie de la lutte pour la démocratie.Quand Houphouét-Boigny nous a aidé malgré lui en fabriquant le complot des enseignants Bété en 1982.Il n'y avait pas de complot du tout,encore moins de complot bété.
Qu'est-ce qui s'est passé
Le problème avec Houphouét-Boigny est qu'il avait beaucoup de flair,même s'il n'avait pas de preuves,il sentait que nous préparions quelque chose.Il ne savait pas quoi ,alors il a voulu crever l'abcès pour le savoir.Un jour ,j'étais à mon bureau de l' institut d' histoire lorsque des étudiants du mouvement des étudiants et élèves de côte d'ivoire (MEECI) sont venus me voir pour me demander de prononcer pour eux une conférence sur le thème"peut-il y avoir démocratie dans un parti unique?" j'ai refusé.Pour des questions de principe. je suis contre le MEECI,et je leur ai dit d'autant plus aisément que j'étais connu comme "le loup blanc".Je n'avais pas à cacher que j'étais contre le MEECI,contre le PDCI,tout le monde le savait.Puis un autre groupe est venu me voir plus tard pour me demander de prononcer une conférence sur la "jeunesse et politique" j'ai accepté.Le jour où je suis arrivé sur le lieu de la conférence,le théâtre de la cité,tout le périmètre aux alentours était bouclé.Je suis dons reparti.Le lendemain ,Pierre Kipré qui était le secrétaire général du SYNARES,m'a retrouvé à mon bureau pour me dire que depuis laveille les étudiants ont entamé une grève.La rumeur courait que j'avais été arrêté et de plus,Houphouét-Boigny m'accusait d'être l'instigateur de tous ces troubles.Ce dernier,dans sa hargne de nous combattre,venait de nous offrir une chance historique de nous ouvrir la porte de l' exil.
Ce que nos aînes n'ont jamais pu faire prendre leurs responsabilités,c'était à nous de le faire.L'un d'entre nous devait aller enexil pour faire connaitre notre combat à l'extérieur et c'est moi qui ai été naturellement désigné,c'est à ce moment que commence une auter aventure.Aventure individuelle certes mais aussi aventure collective.Le premier problème que j'ai eu à résoudre en france était de trouver un logement.Je n'avais pas d' argent,enore moins de statut.Je suis allé dans un petit hôtel du 16ème que je connaissais,j'y suis resté deux jours et ensuite je me suis fait accompagner par Ouraga Obou qui était à paris pour la rédaction de sa thèse,chez une de mes amies,Jocelyne Rodriguez.Elle disposait de deux chambres chez elle,et en a mis une à ma disposition.C'est de chez elle que j'ai commencé à entreprendre les démarches pour l'obtention du statut de réfugié politique.La lettre écrite à ce sujet a été publiée dans un manuscrit intitulé "AGIR POUR LES LIBERTES EN 1981.
En juillet,j'ai quitté le domicile de jocelyne pour aller passer un mois chez un autre enseignant avant de m'installer à la rue des Escouffes chez une dame qui a gracieusement mis un appartement à ma disposition ,c'est dans cette maison ,dans le quartier du Marais,que j'ai rédigé pendant l'hiver 1982,"pour une alternative démocratique "ouvrage édité par l' Harmattan en septembre 1983.Ce livre était très important parce qu'il était en quelque sorte un appel:
-Un appel en direction de tous ceux qui étaient dans le cercle marxiste pour leur dire:écoutez,comprenez,ouvrez les yeux sur le monde tel qu'il est,et non tel que vous le rêvez.
-Un appel en direction des ivoiriens pour leur dire que seule la démocratie permet le développemment,pour s'en convaincre,il suffissait de regarder la carte du monde,tous les pays développés sont des pays démocratiques.
-Un appel enfin pour la mobilisation du peuple de côte d'ivoire,pour qu'à moyen ou long terme,nous puissions faire une alternance ,non pas les coups d'Etat,mais les urnes.
-De 1982 à 1986,Houphouét-Boigny m'ignore;mais alors de façon superbe.En 1986,il y a les élections législatives en france.La droite gagne.Le président du RPR,Jacques Chirac,devient premier ministre,peu de temps,après ,Gaston Deferre meurt.
C'est à ce moment-la que je crois un coup de fil d'un commissaire de police qui veut me qu'on parle de la côte d' ivoire.Je m'y rends en compagnie de mon ami Guy Labertit chez qui j'habitais.Le commissaire qui était accompagné d'un agent de police me dit:
-Nous ne voulons pas avoir une autre affaire Ben Barka.Le président Houphouét-Boigny a touche le gouvernement français,il nous a informé de votre décision de rentrer. je lui réponds:
-Moi mon désir le plus ardent est de revenir dans mon pays mais pas maintenant.Pour le moment,je travaille à ce qu'il soit instauré un régime démocratique.
Nous avons discuté sans pouvoir nous comprende,puis l'entretien a tourné court.évidemment,le lendemain,je me suis précipité au siège du journal" libération" qui a écrit un article sur ce sujet et qui a titré avec humour "gbagbo,l'ivoirien qui n'a pas la côte".Je voulais me protéger.Dans cette situation,plus vous êtes dans l'anonyymat,plus vous êtes exposés ;et plus on parle de vous vous protégés .A partir de ce moment,je vais voir défiler plusieurs personnes qui prétendront venir me rencontrer au nom d'Houphouét-Boigny.Je ne sais si effectivement c'était le cas ,cependant beaucoup d' ivoiriens me demanderont de revenir au pays ,mais avant de rentre il était essentiel que nous montrions au peuple de côte d'ivoire ce que nous allions réaliser une fois au pouvoir,il était impératif d'écrire un programme de gouvernement les cadres du FPI ont travaillé sur le sujet.Ils m'envoyaient les articles ,je coordonnais ,et corrigeais.le premier tome de ce programme-il n'y aura jamais de tome 2-est publier en 1987:
-proposition pour gouverner la côte d' ivoire.
Dès lors,j'estimais que ma mission était accomplie.je suis rentré le 13 septembre 1988.
- .
