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Photo d'archives

 

L'ancien président français Jacques Chirac est mort dans la matinée à son domicile parisien à l'âge de 86 ans. Jacques Chirac a été l’un dernier grand défenseur de la nébuleuse « Francafrique ». Dès l’annonce de sa mort, plusieurs pseudo spécialistes de l’Afrique de l’Elysée l’ont attribué le titre de « Chirac l’ami de l’Afrique », face à cette autre manipulation de l’histoire, nous répondons par la négative. Monsieur Chirac n'est pas l'ami de l'Afrique mais aime plutôt ses richesses. Les richesses de l'Afrique qui servent aux entreprises de la métropole appauvrissent le continent.

Notons que Monsieur Jacques Chirac a déclenché le fameux coup d’Etat mué en rébellion contre le régime du Président Laurent  Gbagbo en septembre 2002 et il quitte le monde des hommes en septembre 2019, ceci est un message de l’eternel des armées aux incrédules.

Après cette précision, le « COMBATTANT » revisite pour ses lecteurs les relations très tendues entre la Côte d’Ivoire sous le Président Laurent Gbagbo et la France de Jacques Chirac.

En septembre 2002, alors que le chef de l’Etat ivoirien effectue un voyage en Italie pour rencontrer le pape, une deuxième tentative de coup d’Etat secoue son pays Laurent Gbagbo doit quitter précipitamment l’Italie pour  se rendre à Abidjan. Mais, avant de prendre l’avion, il a un entretien avec son ambassadeur en poste à paris, Koudou Kessié, sur les évènements en cours à Abidjan.

Ce dernier nous a confié : «  Quelques mois seulement  après la présentation de mes lettres de créance au président français, monsieur Jacques Chirac, une tentative meurtrière de coup d’Etat échoue et se mue en une rébellion encore plus meurtrière. La conviction des autorités ivoiriennes est  vite faite sur sa provenance extérieure, notamment le Burkina-Faso. Le président Gbagbo était à ce moment précis, en visite officielle en Italie et devait être reçu par le souverain pontife le lendemain du coup qui emporta son ex-ministre d’Etat, le ministre de l’intérieur feu Emile Boga Doudou et des milliers d’autres ivoiriens. La même nuit tragique pour la Côte d’Ivoire, j’ai eu au téléphone le président Gbagbo à Rome pour lui rendre compte des informations que j’avais sur la situation et son évolution à partir de Paris. La France était prête, avais-je compris, à l’accueillir, vu les risques d’un retour en Côte d’Ivoire. Là-dessus, il m’a lancé, ferme : «  J’irai à la rencontre de mon peuple, c’est moi qu’il a porté à la tête de la Côte d’Ivoire. Je ne peux rester ni en Italie ni en France. Demain matin donc, je me rends à Abidjan. Mais, occupe- toi de Simone Gbagbo que je t’envoie afin qu’elle passe par Paris ». Le président Gbagbo était seul dans l’avion qui le ramena de Rome à Abidjan. C’est toute la dimension de l’homme, de ce grand homme ; le courage et une haute idée de son devoir envers son peuple, son pays et l’Afrique ».

Ce terme n’est pas du tout apprécié par Jacques Chirac qui le fait remarquer à Gbagbo. «  Après ma déclaration, Chirac m’a téléphoné immédiatement pour me dire que j’ai été trop dur en employant le mot «  terroriste ». Ce coup de téléphone était surréaliste. Je ne comprenais pas pourquoi il réagissait ainsi alors que nos institutions étaient attaquées par des individus que la presse qualifiait de rebelles. Lorsque je l’avais informé de ce projet, il m’a dit qu’un coup venant du Burkina-Faso était impossible. Là, je ne comprenais plus pourquoi devant les faits, il était mécontent, non pas de l’action des putschistes mais plutôt de mes déclarations condamnant le putsch ».

(…) A propos du refus des autorités françaises de  faire appliquer les accords de défense signés en 1961 avec  la Côte d’Ivoire….

 Nous y reviendrons