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Lire ici, l'intervention du ministre Hubert OULAYE au nom du peuple Wê.

Camarade Première Dame, Simone Ehivet Gbagbo, 2ème Vice-présidente du FPI,
Camarade Assoa Adou, Secrétaire Général du FPI,
Camarades membres de la Haute direction du parti et membres du Comité de contrôle,
Camarades Secrétaires généraux de fédérations,
Camarades Secrétaires de Sections et de Comités de base,
Messieurs et Mesdames les représentants des partis frères et des Organisations de la société civile, venues soutenir le FPI,
Distingués Chefs traditionnels du Cavally et du Guémon, et des Confessions religieuses,
Chers invités, mesdames et messieurs des médias,

Militantes et militants,

C’est pour moi un insigne honneur de prendre la parole au nom du peuple Wè du Cavally et du Guémon, en ce jour où le FPI fête pour la 20ème fois la liberté, pour vous saluer et vous exprimer de vive voix à vous combattants de la liberté, à vous démocrates de Côte d’Ivoire, les sentiments profonds et sincères de joie et de reconnaissance de vos frères et sœurs des départements de Toulepleu, de Taï, de Kouïbli, de Facobly, de Bangolo, de Duekoué, de Guiglo et de Blolequin.
DAHO, DAHO, DAHO (Soyez les bienvenus).
Soyez tous les bienvenus, ici à Duekoué, ville martyre de la crise ivoirienne, épicentre des massacres qui ont eu lieu dans l’ouest pendant la crise postélectorale, devenue capitale depuis le 26 avril 2019, du FPI en fête pour la conquête et la restauration des droits et libertés en Côte d’Ivoire. 
Bienvenus à Duékoué, capitale en ce jour des régions du Guémon et du Cavally unis dans la peine et l’espérance. Nous vous souhaitons d’y vivre un séjour chaleureux et inoubliable au cours de cette vingtième édition de la fête de la liberté.

Permettez-moi à présent, Camarades du FPI, chers invités, chers amis venus participer à la à la 20ème édition de la Fête de la liberté 2019, de vous délivrer le second message dont je suis porteur de la part du peuple Wè. Il s’agit de vous donner les nouvelles de chez nous comme l’exigent nos traditions, partout en Côte d’Ivoire.

Ici chez nous à l’ouest, dans le Guémon et le Cavally, les nouvelles ne sont pas bonnes. Pas bonnes du tout.
Nous devinons que c’est à cause de nos cris de détresse, de nos pleurs et lamentations que vous entendez dans toutes les contrées du pays depuis 2002 jusqu’à ce jour, que vous êtes accourus aussi nombreux pour venir aux nouvelles, nous écouter, nous entourer de votre compassion et nous inviter à célébrer la vie, la joie et surtout l’espérance. 
Car pour nous, voir le FPI de Laurent Gbagbo, présent sur notre sol avec tous ses hauts cadres, avec toutes ses fédérations et ses bataillons de militants venus de toute la Côte d’Ivoire, investir la ville de Duekoué, ce n’est rien d’autre que le signe manifeste d’une aube nouvelle qui se lève pour le Pays wè et avec elle le soleil de la renaissance à la vie de nos deux régions.
Oui Camarades, ici dans l’ouest et particulièrement dans le Guémon et le Cavally, on a voulu nous exterminer, nous effacer de nos terres, nous faire disparaître à jamais de nos deux régions. Oui, vous ne rêvez pas ! N’eusse-été l’œuvre de Dieu, le Peuple wè vous serait aujourd’hui raconté au passé ! Jugez en vous-même : 
Victimes de la crise.
- Morts depuis 2002= plus de 30000 tués depuis 2002.
• Duekoué 13 000
• Bangolo 3850
• Kouibly 750
• Facobly 635
• Guiglo 170
• Taï 250
• Blolequin 4500
• Toulepleu 6865
Soit un total de 30 055 hommes, femmes, enfants, vieillards, infirmes, malades, blessés tués de 2002 à 2O11. Oui, camarades, vous avez bien entendu. Des femmes, des vieillards et des enfants, c'est-à-dire des personnes non combattantes ont été exécutées sans retenue et sans raison. Pendant la crise postélectorale des assaillants dans leur fureur bestiale se sont même déportés dans les hôpitaux pour y achever des malades et des blessés. 
Au décompte nous sommes bien loin des chiffres officiels admis et publiés par l’Etat actuel et la Communauté internationale qui donnent sans le circonscrire à un espace précis le chiffre de 3000 morts.
- Les charniers- 
38 charniers ont été découverts dans les deux Régions pour un total de 3486 corps
• Duekoué 10 charniers/1125 corps
• Bangolo 3 charniers/191 corps
• Toulepleu 17 charniers/815 corps
• Kouibly 3 charniers/180 corps
• Facobly 2 charniers/135 corps
• Guiglo 1 charnier/17 corps.
A ce triste bilan il conviendra d’ajouter :
- Les réfugiés- près de 200 mille (85% des 16 000 réfugiés du Ghana, 90% des 200 000 réfugiés du Libéria) (voir, Diana Diaz, UNHCR, 18 décembre 2015 : le rapatriement des réfugiés ivoiriens reprend depuis le Libéria après l’épidémie d’Ébola).
- Sans compter les déplacés internes qui à ce jour ne peuvent plus regagner leurs villages où ils ont été spoliés de leurs terres.
L’invasion des deux régions.
Population (RGPH) 1998- 472 969 autochtones/278 383 Etrangers soit (37%). 
Mais selon une étude menée par le Comité de sauvegarde du Patrimoine foncier wè, intitulée « mémorandum sur l’invasion du patrimoine foncier wè et sur le génocide wè », il est avancé que « la population étrangère dans les régions du CAVALLY et du GUEMON a plus que doublée pour atteindre, voire dépasser la barre des 75% de l’ensemble de la population de ces régions ».
Cette invasion humaine incontrôlée, s’accompagne, outre la spoliation des terres des autochtones, d’une occupation forcée des forêts et espaces officiellement protégés.
Forêts classées occupées. 
- Forêts classées (Scio, Goin débé, Cavally, Tyonle, Fransobly, Semien), soit 264 500 Km2 occupées sur une superficie totale de 369 973 km2 soit (71,49% de forêts illégalement occupées) ;
Parcs nationaux occupés.
- Parcs nationaux (Taï, Mont Peko) soit 609 500 km2 de surface occupées sur un total de 936 851 km2 soit 65% d’espaces illégalement occupés. Souvenez-vous d’Amade Ouremi, le Chef de guerre burkinabé régnant sur le Parc du Mont Péko ;
L’occupation armée des terres cultivables.
Elle se poursuit de nos jours (anciens combattants rebelles, Dozos…). Les paysans autochtones sont dissuadés de différentes manières de se rendre dans leurs plantations du fait des multiples barrages ou péages dressés sur les pistes des champs, ou bien la disparition des téméraires qui s’aventurent dans les forêts.
Nous vous épargnerons les détails des tueries et gratuites et ciblées des autochtones wè pendant et après la crise (telles celles qui ont eu lieu à Toulepleu pendant la crise en passant par celles de Nahibly et plus près de nous celles commises dans la forêt dite classée du Goin débé en 2017). 
Ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’encontre des populations et des biens, pour lesquels des documents éloquents et incontestables existent bel et bien, n’ont pas ému le pouvoir en place depuis 2011, si bien qu’à ce jour aucune enquête, ni poursuite n’a été engagée contre aucun des auteurs lesquels pourtant sont bien connus ! 
Ce sont là les raisons de nos cris et pleurs qui sont parvenus à vos oreilles depuis vos contrées du sud, du nord, de l’est, de l’ouest, du centre et surtout dans le sud. Oui camarades, le peuple wè a vécu ici l’enfer et il était bon que vous le sachiez ! Merci à vous d’avoir couru.
Mais sachez aussi, que le peuple wè qui est un peuple digne et fier a arrêté de pleurer depuis longtemps. Il n’est pas un peuple de pleurnichards. Il est un peuple de combattants, de résistants. Rien, hier, aujourd’hui ou demain ne pourra entamer notre détermination dans le combat pour la liberté, la justice et la souveraineté, toujours avec Laurent Gbagbo au-devant du peuple wè et des militants du FPI.
Oui, le peuple wè ne reculera jamais, en dépit des exactions et intimidations subies, jamais il ne changera de direction, ni de pilote ! 
Si hier, lors de la visite des sites des fosses communes dans la ville de Duékoué, le vendredi 26 avril, vous avez pu percevoir sur le site de « Duekoue-carrefour », des femmes (veuves) en train de pleurer leurs proches inhumés en ces lieux, sachez que cela relevait principalement de l’émotion légitime provoquée par l’arrivée de la Première Dame Simone Gbagbo, grande victime elle aussi de la crise postélectorale, en qui elles ont vu la fin prochaine de leur cauchemar. Sinon le peuple wè a cessé de pleurer. Aujourd’hui il a le regard tourné en avant vers le futur.
Mais si nous ne pleurons plus, nous nous plaignons et continuons de nous plaindre de plus en plus fort pour revendiquer ce que le Président Sangaré Aboudrahamane, paix à son âme, avait dénommé au cours de sa mémorable tournée chez nous en 2017, les « 3R », à savoir : 
- La reconnaissance du génocide du peuple wè ;
- La réhabilitation du peuple wè ;
- La réparation du préjudice subi par le peuple wè. 
Par reconnaissance du génocide, nous entendons que ce crime grave et odieux commis sur notre peuple, sans raison, un crime inédit en Côte d’Ivoire, soit reconnu par l’Etat de Côte d’Ivoire et par la Communauté internationale afin que les conséquences de droit en soient tirées et que plus jamais, un tel crime ne se répète dans notre pays ;
Par réhabilitation nous entendons que L’Etat de Côte d’Ivoire se dispose officiellement à hisser le peuple Wè au rang de peuple martyr. En effet, même dans les plus sombres moments de notre histoire commune, y compris la période coloniale, aucun peuple de Côte d’Ivoire n’a subi ce que le peuple wè a vécu durant la longue crise ivoirienne. 
Par réparation, nous entendons que l’Etat, sans manœuvres et sans ruse aucunes, prenne la charge financière tous les dommages subis tant au niveau des personnes que des biens par le peuple wè.
Voilà Camarades militantes et camarades militants, la préoccupation principale du peuple wè aujourd’hui. Mais tous, nous voyons bien que le programme des « 3 R », est un programme national que le peuple wè tout seul ne peut mener à bon port. 
C’est pourquoi nous nous réjouissons de votre présence massive et qualitative à Duekoué, afin qu’ensemble vous puissiez nous aider à faire aboutir ce projet des « 3 R ». Au FPI, nous avons les intelligences et les bonnes volontés. Nous savons compter sur la précieuse implication de tous pour l’heureux aboutissement de ce projet.
Nous disons par conséquent grand merci au Président Laurent Gbagbo, pour ce grand hommage rendu par le FPI, en pays wè, ici à Duékoué ville symbole de notre martyre, au peuple wè pour toutes les souffrances qu’il a endurées. 
Mais nous ne perdons pas de vue dans cette célébration, que 2019 est une année préélectorale. Le choix de Duekoué opéré à un an de l’échéance capitale de 2020 n’est pas fortuit. Il rappelle à tous, qu’ici à l’ouest de la Côte d’Ivoire nous sommes dans le bastion imprenable du FPI. Que le choix électoral sans ambiguïté opéré par le peuple wè en faveur du Président Laurent est avant tout la cause des malheurs et des exactions qui l’ont frappé. Ici à l’ouest nous avons subi la foudre de la rébellion parce que nous sommes des PRO-GBAGBO. 
La célébration de la 20ème édition de la fête de la liberté nous donne l’opportunité de rassurer le Président. Nous sommes, et nous demeurons attachés au Président Laurent Gbagbo et à sa politique d’émancipation et de développement solidaire pour la Côte d’Ivoire ! Nous croyons et nous affirmons que non seulement il rentrera au pays très bientôt, mais en outre qu’il reprendra en main ce pays dès la fin des élections présidentielles d’octobre 2020. Il a d’ores et déjà, les bénédictions de tous nos ancêtres du Cavally et du Guémon.
Nous ne saurions clore notre propos sans saluer et remercier Madame la Première Dame Simone Gbagbo, pour sa grande générosité envers le peuple wè !
En effet, très sensible à nos souffrances, elle a tenu à faire don de plus de cent (100) tonnes de riz au pays wè. Les chefs rassemblés me chargent de vous exprimer toute leur gratitude et de vous dire infiniment merci. Que le Seigneur continue de vous fortifier et d’étendre sa main sur toute votre famille. En particulier qu’il ouvre la route pour le retour du Président Gbagbo d’ici le mois de juillet 2019.
A l’intention du Secrétaire Général Assoa Adou, ils forment le vœu de voir la 20ème édition couronnée de succès. Que la fête de la liberté à Duékoué, soit le point de départ en fanfare d’un FPI revigoré et triomphant pour 2020.
A tous les militants, sympathisants et amis du FPI, ils souhaitent une joyeuse fête de la liberté et un bon retour chez eux.
Que la fête soit belle,
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et le FPI,

Je vous remercie.

Le ministre Oulaye Hubert,

Président du Comité de Contrôle du FPI,

Porte-parole du Peuple wè