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11 AVRIL 2011 : LES DERNIERES HEURES HEROÏQUES ET HISTORIQUES DE LAURENT GBAGBO ET DU GENERAL DOGBO BLE

Tout commença le Samedi 09 Avril 2011. La Garde Républicaine réussit à renforcer son dispositif de défense. À Cocody, les pilotes d’hélicoptère de l’Onuci en reconnaissance constatent avec effarement qu’une soixantaine de blindés et de pick-up sont venus des camps militaires d’Agban et d’Akouédo pour protéger la résidence. À la manœuvre, le général Dogbo Blé, le chef des Bérets rouges de la garde républicaine. En octobre 2000, c’est lui qui avait retourné une partie de l’armée contre le général Gueï.

Même région natale, mêmes combats… Dogbo Blé et Gbagbo sont main dans la main. Le militaire est à la présidence, au Plateau. Le politique à la résidence, à Cocody. Ils sont en liaison permanente. Ce samedi 9 avril,le combat est relancé…

Le même soir, branle-bas de combat dans le camp Ouattara. L’attaque du Golf Hôtel en a sonné plus d’un. Le camp Gbagbo relève la tête. Il faut la couper tout de suite, sans quoi… Alassane Ouattara est au Golf et Guillaume Soro au « corridor de Gesco », à l’entrée nord d’Abidjan.

Il campe avec ses hommes à la belle étoile ou, au mieux, dans une auberge villageoise. Soro presse Ouattara de demander à l’ONU et à la France une deuxième série de frappes sur les armes lourdes de Gbagbo. Alassane Ouattara contacte Paris et New York.

A priori, pas de problème. Comme le lundi 4, l’opération peut être couverte par la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU. « La décision a été difficile à prendre, confie un diplomate français. Cette fois-ci, on avait une obligation de résultat. » Sous-entendu : si les frappes ne réussissaient pas, le camp Gbagbo pouvait gagner la bataille. Nicolas Sarkozy hésite. Mais un argument le convainc.

C’est le précédent Kadhafi. Il y a deux mois, tout le monde le croyait fini. Il tient toujours. Pas question de laisser s’enliser le conflit ivoirien, avec le risque de voir surgir des règlements de comptes ethniques.
Le dimanche 10 avril en début d’après-midi, le compte à rebours est lancé. Les premières frappes auront lieu à 16 h 45. Toute la nuit précédente, les hélicoptères de Licorne ont tourné au-dessus de Cocody pour identifier une à une les armes lourdes du camp Gbagbo.

Le QG de l’Onuci, au nord du Plateau, est visé par des tirs. Dans son bunker, Choi Young-jin, son patron, bout d’impatience. « Les jours précédents, il était prudent. Mais, ce dimanche, il a bouffé du lion », raconte un témoin. À l’heure dite, les deux MI-24 de l’Onuci, pilotés par des Ukrainiens, entrent en action. Normal. Ils ne peuvent voler que de jour. Ils attaquent les canons et les blindés qui protègent le palais présidentiel, au Plateau.

À la nuit tombée, les quatre Gazelle de Licorne, appuyées par un Puma, prennent le relais. Objectif : le quartier de la résidence, à Cocody. Frappes précises et continues. À 22 heures, un orage éclate dans le ciel d’Abidjan. Le bombardement cesse pendant une heure.

Puis il reprend, méthodique, jusqu’à 4 heures du matin. À cet instant, l’état-major français croit que le terrain est « nettoyé », et le fait savoir à Guillaume Soro.
Mais la détermination du camp Gbagbo est plus forte que ne l’imaginent les Français. Ce dimanche soir, en plein bombardement, le général Dogbo Blé a fait venir à la présidence de nombreux soldats abattus qu’il a remotivé.

Laurent Gbagbo ne lâche rien. Et malgré la pluie de roquettes françaises qui s’est abattue sur Cocody, il garde encore du « lourd » dans l’enceinte de sa résidence, avec l’appui de deux cents hommes.
À 8 heures, ce lundi 11 avril, Guillaume Soro lance ses Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à l’assaut de ce dernier carré, mais cinq pick-up sur sept sont détruits par un canon de 20 mm servi par de bons artilleurs. Les FRCI se replient. Rien n’est encore joué.

« Il faut en finir », lâche l’état-major à Paris. « Il y a un moment où, mandat ou pas, il faut que les choses s’arrêtent », lance un proche de Nicolas Sarkozy. Les hélicoptères de Licorne décollent à nouveau. Cette fois, ils ne ciblent plus seulement les blindés autour de la résidence.

Ils frappent à l’intérieur de l’enceinte, et tirent sur les canons bitubes placés dans les ouvertures du bâtiment lui-même. « C’était une véritable poudrière, raconte son plus proche voisin, Jean-Marc Simon, l’ambassadeur de France. Le mur qui sépare la résidence de Gbagbo de la mienne s’est effondré sur quinze mètres. Sans doute à cause de l’effet de souffle d’une explosion. »

Au même moment, une trentaine de blindés français notamment les redoutables Sagaie, équipés d’un canon de 90 mm sortent du camp militaire de Port-Bouët, franchissent le pont Houphouët, sur la lagune, et se déploient sur le boulevard de France, à Cocody, à quelques centaines de mètres de la résidence. Objectif : isoler le président LAURENT GBAGBO dans la partie sud de Cocody, empêcher l’arrivée de renforts pro-Gbagbo venus du Nord, et – qui sait ? – porter l’estocade.

Comment ont été ouvertes les brèches dans le mur d’enceinte de la résidence ? Sans doute avec les projectiles des hélicoptères ou des chars français. Qui a enfoncé le portail d’entrée ? « Disons que nous sommes allés aux limites de l’enceinte », répond pudiquement un décideur français.

En fin de matinée, nos derniers soldats pro-Gbagbo évacuent les lieux. Les FRCI s’avancent à nouveau vers la résidence. Plusieurs « comzones » (commandants de zone) sont là : les commandants Zakaria Koné, Vetcho, Morou Ouattara et Wattao. Deux cents à trois cents hommes sont avec eux. Ils entrent prudemment dans le jardin de la résidence.

À 12 h 45, le président Laurent Gbagbo décide de se rendre. Le Ministre Désiré Tagro, téléphone à l’ambassadeur de France. « Prenez un drapeau blanc et sortez du bâtiment », lui conseille Jean-Marc Simon. « Quand il m’a parlé, il y avait un énorme brouhaha autour de lui, comme si des gens se disputaient », témoigne-t-il.

Dix minutes plus tard, Tagro rappelle Simon : « Je suis sorti, mais on m’a tiré dessus. – Restez en ligne, j’appelle Soro. » Aussitôt, Simon contacte Soro, qui donne dix minutes à Gbagbo et à ses fidèles pour sortir du bâtiment. Dans le même temps, Soro ordonne à Zakaria Koné – qui était en « liaison portable ouvert » avec lui – de faire cesser les tirs pendant dix minutes.

À 13 h 08, les commandants Vetcho et Morou Ouattara descendent dans le sous-sol de la résidence avec leurs hommes. Très vite, le président reconnaît les deux comzones. Sonné par les dernières heures de combat, épuisé, affamé comme les cent quatre autres occupants de la résidence – ils n’avaient plus rien à manger… Mais notre président était sain et sauf.

Quelques minutes plus tard, le président est affublé d’un gilet pare-balles et d’un casque, puis emmené sans encombre jusqu’au Golf Hôtel. La premiere dame SIMONE GBAGBO a moins de chance. À son arrivée dans le hall, elle est reconnue, insultée, agressée.

Tresses arrachées, vêtements déchirés. Michel, le fils aîné du président LAURENT GBAGBO échappe de peu au lynchage. Chambre 468, Simone Gbagbo apparaît prostrée, yeux fermés. Le président s’éponge le visage, change de chemise , s’assied et nous fais ressortir son plus beau sourire comme quoi pour nous remettre en confiance ( VOIR PHOTO 1 ).
Ce JOUR fut NOIR pour la cote d’Ivoire. TOUT S’ARRÊTA…

Source : Sercom Front Populaire Ivoirien – Gbagbo