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Acculé jusque dans ses derniers retranchements par les conseils de l'ancien président ivoirien renversé par la France et l'Onuci (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire) en 2011, le Bureau du Procureur de la Cour Pénale Internationale qui accuse Laurent Gbagbo de crimes de guerre et crimes  contre l'humanité est resté aphone ces derniers jours, alors qu'il est de plus en plus évident que le procès en question instigué depuis les couloirs élyséens de la françafrique ne fut qu'un grossier motage pour éloigner de son pays le leader ivoirien légitime, Laurent Gbagbo, afin d'en mieux confier les rênes au suppôt néocolonial Alassane Dramane Ouattara.

Tandis que la défense du président Gbagbo qui plaide depuis quelques temps son acquittement  s'évertuait avec une aisance remarquable à démontrer la machination, en faisant tomber les unes après les autres ce qu'on peut appeler les non preuves du dossier d'accusation,  le représentant du parquet en la personne du substitut du procureur, Eric MacDonald, est resté muet comme une carpe. Comment pouvait-il en être autrement  quand il est difficile d'infirmer les dénonciations de la défense selon lesquelles en six ans au total d'enquêtes, de rassemblement de preuves et de procès, dont deux ans de jugement proprement dit, le procureur n'a pas  fourni la moindre preuve étayant l'accusation selon laquelle le président Gbagbo, aurait donné l'ordre de réprimer violemment des civils, partisans de ses adversaires pendant la crise post-électorale.

« Le procureur n'a pas mené une enquête sérieuse », ont même affirmé les conseils  du président Gbagbo, relevant, parfois l'air d'en rire, qu'outre le fait que les soi-disant preuves rassemblées par la procureure Fatoumata Bensouda n'ont jamais été authentifiées,  certains de ses témoins produits devant la barre avaient l'air de ne pas savoir de quoi retournaient les accusations  de  violences que les forces régulières étaient supposés avoir perpétrées contre les civils pro-Ouattara.

A cet effet,  Me Jennifer Naouri, membre du pool des avocats de Laurent Gbagboque conduit  Me Emmanuel Altit, affirme :  « Les éléments de preuve présentés par le procureur, au soutien de ses allégations, sont de très mauvaise qualité et ne font qu'ajouter aux doutes, Dans sa présentation orale, le procureur nous dit : 'Nous avons des vidéos explicites de cet événement qui proviennent du récit de témoins oculaires, suivant lesquels les FDS*  ont bien tiré contre une foule qui n'était pas armée' ».

Et comme si cela ne suffisait pas pour enfoncer une accusation décidément désarmée par le carcatère forcé et injuste du procès de la CPI contre les anciens dirigeants ivoiriens, Gbagbo et son ancien ministre Blé Goudé, Me Naouri ajoute : « Le témoin 414, officier des droits de l'homme de l'Onuci, confirme que ce sont les rebelles qui faisaient la loi à Abobo, en mars 2011. Et qu'ils étaient lourdement armés de mitrailleurs, de fusils, de kalachnikovs, de lance-roquettes ».



*Les FDS,   appelation par laquelle étaient désignées les Forces de défense et de sécurité, loyales aux institutions républicaines de Côte d'Ivoire incarnées par le président Laurent Gbagbo. Depûis le coup de force du trio France-Onu-Ouattara, elles ont dénommées Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). 

Sam Mayem