av

   Le vrai débat commencera le 12 novembre prochain avec l’intervention des avocats de la défense du Président Laurent Gbagbo et du Ministre Charles Blé Goudé qui auront l’occasion de démontrer aux yeux du monde l’innocent de leurs clients. Ayant sans doute perçus des pièges dans la démonstration de l’accusation, les avocats du Président Laurent Gbagbo en fins tacticiens ont demandé et obtenu le report du Procès. Le mercredi 03 octobre dernier, l’audience devant décider de l’acquittement ou non du Président Laurent Gbagbo et de Blé Goudé a donc été suspendue.

   Les milliers de partisans de l’ancien Président ivoirien dont un grand nombre a déferlé sur la Haye et qui voyaient en cette reprise du procès, le 1er Octobre dernier, une occasion de libération de leur leader, doivent prendre leur mal en patience. En effet, cet énième report profite aux avocats de la défense qui jouent une étape importante dans ce procès. En fait, cet ajournement peut être considéré comme une autre victoire de la défense si on en croit les praticiens du droit, habitués aux batailles judicaires face à une énième manœuvre de désespoir du Procureur.

    Eric Mac Donald a tenté de brouiller les cartes au cours de son intervention. Dans ce baroud d’honneur, Mac Donald n’ayant rien prouvé lors du témoignage de ses 52 témoins cherchait à influencer le jugement final des juges sur la question de l’acquittement demandée par les avocats de la défense en falsifiant les faits. On a vu Mac Donald qui a été volontairement plus long alors qu’il était censé produire un mémoire très bref et des réponses orales très concises ,en réponse aux prétentions des avocats de la défense sur la question de l’acquittement de leurs clients.

     Dans ses réponses, Mac Donald s’est livré à un jeu de falsification des faits qui a souvent fait réagir ironiquement le Président Gbagbo et Blé Goudé. Par une alchimie dont il a seul le secret, le substitut de Fatou Bensouda a sorti pêle-mêle des phrases et  des documents de leur contexte. Le « one man show » du procureur du 1er au 3 octobre fait donc plus 1500 pages consignées dans un document sans compter les 100 pages de la représentante légale des victimes et les 250 pages de transcrit des trois jours d’audience.

   Avec le report obtenu, les avocats de la défense disposent désormais du temps nécessaire pour démonter les mensonges du procureur et rétablir la vérité des faits. A compter du mercredi 03 octobre dernier, les équipes de défense de Gbagbo et Blé Goudé auront donc 38 jours pour mieux se préparer en procédant pour extraire les amalgames, les ajouts et autres démonstrations invraisemblables de Mac Donald en étalant la vacuité du dossier du procureur.

    D’ailleurs, l’on a vu le juge Geoffrey Henderson resté quelque peu dubitatif sur la démonstration de l’accusation, qui n’a pas pu s’empêcher de poser des questions assez embarrassantes à Mac Donald. Après donc ses trois jours d’audience, les chances de libération restent intactes, comme  en font d’ailleurs l’écho la presse occidentale et française en particulier en reconnaissant qu’il mettre fin à ce procès inique pour sauver le peu d’honneur qui reste à la CPI.

SOURCE : LE QUOTIDIEN D'ABIDJAN,N*2436 DU VENDREDI 05 OCTOBRE 2018.