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     « On n'est pas au courant de ce projet de loi d’amnistie ! On n'est pas au courant ! On n'est pas au courant ! Nous n'en sommes pas saisis. C'est le projet de qui ? Ne m'emmener pas là où je n'ai pas envie d'aller… ! On n'est pas au courant de ce projet de loi ! » a réagi, le mardi 3 avril 2018, en milieu de journée, Koné Boubakar, figure emblématique du camp Sangaré au Front populaire ivoirien (Fpi) lorsque nous l’avons interrogé par téléphone.

      Ce natif de Sassandra, ancien Directeur du protocole de l’ex-président Laurent Gbagbo, de 2008 à 2011, fait partie des Gor (Gbagbo ou rien) présentés comme une cellule incarnant l’aile dure du Fpi. Elle est emmenée par Abou Drahamane Sangaré, un des fondateurs du parti, avec Laurent, Simone et bien d'autres personnalités. Quoique sibylline (difficile à comprendre) et laconique, la réaction de Koné Boubakar semble exprimer un état d'esprit... Une indignation certainement née de la détention et l'emprisonnement prolongés de ses camarades dont certains n'ont pas encore été présentés à un juge, plusieurs années après leur détention.
Dans sa publication n° 2986 du 1 er au 7 avril 2018, Jeune Afrique (J.A) vend la mèche d'un projet de « grâce présidentielle ou d'amnistie », qui aurait pu satisfaire pleinement les partisans et militants de Laurent et Simone Gbagbo. Mais Koné Boubakar semble ne pas attacher grand crédit ou de l’importance à ce projet dont ils n'ont eu aucun écho… « Une grâce ou une loi d'amnistie serait envisageable une fois les procédures achevées », indique le journal Jeune Afrique en s'appuyant sur une source proche de la présidence de la République. « Selon une source proche du dossier, Alassane Ouattara aurait récemment fait état d'un projet de loi en préparation. Seraient concernés, l'ancienne Première dame ( Simone Gbagbo, Ndlr), des pro-Gbagbo, mais aussi les ex-com'zones qui ont maille à partir avec la justice ivoirienne ( une dizaine d'entre eux ont été inculpés notamment, Issiaka Ouattara dit Wattao et Mourou Ouattara en 2016). Reste à savoir quand le texte sera déposé au parlement. La même source évoque un délai de 3 mois », révèle Jeune Afrique.
       Toutefois, l’ancien ambassadeur espère que la libération de Laurent Gbagbo et de son ministre ainsi que celle de Simone Gbagbo et de tous les prisonniers politiques, peuvent remettre le pays sur les rails de la réconciliation. Le 6 décembre 2017, Koné Boubakar s'est ouvert à Jeune Afrique dans une grande interview. Il avait fait valoir « qu'en Côte d’Ivoire, la justice continue d’être ridiculisée par des verdicts politiques ». « Il est à espérer que la réconciliation nationale se concrétisera grâce à la libération du président Laurent Gbagbo, de son ministre Charles Blé Goudé, de Simone Gbagbo mais aussi de tous les autres prisonniers politiques, civils et militaires. Il s’ensuivrait naturellement le retour de tous les exilés politiques, avec pour conséquence, un retour à une forme de sérénité que nous n’aurions jamais perdue sans l’intrusion violente de l’actuel chef de l’État dans le paysage politique ivoirien », avait-il fait remarquer.

Armand B. DEPEYLA

Soir info