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Depuis Gnagbodougnoa : Laurent Gbagbo appelle les Ivoiriens à l'union
A Gnagbodougnoa où il était samedi le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, a appelé ses compatriotes à tourner le dos à la haine et à la vengeance.
“Dans la forêt, il y a les panthères mais en même temps, il y a des biches. Et les biches vivent longtemps. Elles savent marcher. La biche qui meurt tôt, c'est la biche qui ne sait pas marcher. Elle s'en va passer là où il y a les crocs de la panthère, là où il y a les griffes de la panthère. Non, non et non. Nous sommes des biches. On doit savoir marcher. Doucement. Doucement”. Les populations qui ont bravé, le samedi 13 décembre dernier, toutes les intempéries pour se rendre massivement à Gnagbodougnoa, dans cette nouvelle sous-préfecture du département de Gagnoa, n'oublieront pas de si tôt ce conseil du président ivoirien aux démocrates de son pays. Il leur aura permis de connaître encore un peu plus Laurent Gbagbo et sa conviction profonde sur la politique. “On ne peut pas être d'une région où il y a eu de tels hommes politiques au plan national et international, on ne peut pas les avoir vus, on ne peut pas avoir étudié leur vie et échouer.

      Si j'ai gagné, c'est aussi grâce à eux parce que j'ai étudié les raisons de leur échec”, a expliqué le chef de l'Etat aux populations rassemblées sur le stade de l'école primaire publique de la sous-préfecture. Laurent Gbagbo a, en effet, indiqué que comme tout le reste du département de Gagnoa, le Guébié dont il était l'hôte, a donné de grands hommes à la Côte d'Ivoire. Il a ainsi rappelé que chaque fois qu'il s'y rend, il pense à Biaka Boda, à Dégnan Bailly, Djédjé Capri et Kragbé Gnagbé, qui ont été vite étouffés alors qu'ils avaient une haute idée de leur pays.

     Il a dit être leur héritier et en tant que tel, il a au moins l'avantage de voir pourquoi et comment ses prédécesseurs ont échoué ou réussi. “J'ai eu le temps d'étudier, de réfléchir à pourquoi ça n'a pas marché pour eux. Parce que quand on voit un démocrate en Côte d'Ivoire, on se rue sur lui, on cherche à l'étouffer, on veut l'écraser. Mais nous avons tiré les leçons de tous ceux qui ont fait la politique ici mais aussi dans toute la Côte d'Ivoire”, a-t-il révélé devant une foule immense totalement acquise à sa cause.

      Il en a profité pour dire aux populations bété qu'il n'a pas pris le pouvoir pour semer la haine et ruminer la vengeance. Il les a plutôt invitées à unir leurs forces avec celles de toute la Côte d'Ivoire pour aller au développement de leur pays. “Je suis venu vous dire que je renouvelle le contrat qui est entre vous et moi. Ce contrat-là, ce n'est pas un contrat de vengeance. C'est un contrat de développement pour tout le monde. Je suis venu vous dire que ce qu'il y a entre vous et moi, ce n'est pas un contrat pour les Bété. C'est un contrat pour la nation ivoirienne où naturellement les Bété ont leur place”, a affirmé Laurent Gbagbo.
Le chef de l'Etat s'est longuement appesanti sur son programme de gouvernement qui n'a pas pu aller à son terme à cause des ennemis de la nation ivoirienne qui sont venus compromettre toutes ses promesses électorales. “Petit à petit, nous avons découvert quels sont ceux qui étaient dans l'attaque. On en parlera un jour.

    Pour le moment, il faut les amener doucement à aller aux élections pour qu'ils nous rendent le pouvoir pour que nous fassions la politique que nous voulions faire. Ici, dès que j'ai commencé à électrifier les villages, à mettre les enfants à l'école, à vouloir soigner les gens gratuitement, ils ont été brutaux. Mais nous allons continuer parce qu'il n'y a pas une autre politique de santé dans le monde que l'Assurance maladie universelle. Une politique qui fait que chaque citoyen, chaque citoyenne peut avoir sa carte d'assurance et se présenter devant chaque médecin quand son état de santé l'exige. Et nous allons le faire. Il faut rendre l'école gratuite et obligatoire. Nous sommes les enfants de l'école gratuite.

     Né en 1945 avec un père cheminot puis policier, je n'aurais pas pu aller bien loin si je devais compter sur les salaires de mon père pour payer toutes les études que j'ai faites. Je n'aurais pas pu aller bien loin”, a-t-il regretté. Mais l'homme n'a pas perdu espoir. Pour lui, seules les élections peuvent lui permettre de reprendre son programme de société là où la crise politique actuelle l'avait laissé. C'est d'ailleurs pourquoi, il a appelé les populations de Gnagbodougnoa et à travers elles, les Ivoiriens à se faire recenser et à s'inscrire sur les listes électorales.


     Pierre Dagbo Godé au nom des populations a demandé au chef de l'Etat ivoirien, entre autres doléances, la construction d'un mausolée des martyrs des évènements douloureux de 1970 à Gagnoa et la réhabilitation de Kragbé Gnagbé en tant que précurseur de la démocratie en Côte d'Ivoire en donnant son nom à un édifice public à Gagnoa et à Abidjan.
Dacoury Richard, le président du comité d'organisation de cette visite historique du président de la République, a salué les qualités d'homme d'Etat de Laurent Gbagbo avant de lui rendre un hommage mérité pour tout ce qu'il fait pour son pays.


De notre envoyé spécial Robert Krassault ciurbaine@yahoo.fr