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Jeudi 15 février 2018 - Le Front populaire ivoirien (FPI), présidé par Laurent Gbagbo affirme que depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011, les critères d’une élection crédible sont foulés au pied et il refuse de faire des réformes.

Réuni à Abidjan le 9 février dernier, le comité central de cette tendance du FPI a pondu un mémorandum dans lequel, il attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la volonté clairement affichée par le régime Ouattara de fouler aux pieds les principes et règles élémentaires d’une élection démocratique, en dépit des appels de l’opposition responsable, des résolutions et décisions internationales et en conséquence, sur le caractère confligène des prochains scrutins.

Le comité central dénonce la tendance du régime Ouattara à caporaliser l’organe et l’ensemble du système électoral pour s’assurer par avance des victoires électorales douteuses.

Le Président par intérim,Aboudrahmane sangaré a livré ce jour, le contenu de ce mémorandum à la presse comme constaté sur place par KOACI.

Selon lui, le FPIconsidère qu’avant l’organisation de toute élection aujourd’hui, des discussions en vue de procéder de façon consensuelle aux changements qui s’imposent, sont un préalable incontournable. 

«L’heure est à la discussion et non à l’organisation d’élections dans les conditions actuelles fortement décriées, » a ajouté Sangaré.

Le parti de Laurent Gbagbo nourrit l’ambition légitime d’obtenir des conditions d’élections inclusives, justes, transparentes et apaisées en vue de garantir aux prochaines élections tout le sérieux et le sens démocratique que l’on en attend.

Il demande donc l’ouverture de discussions autour des quatre (4) composantes clés du système électoral.

Il s’agit premièrement de la Commission Electorale Indépendante(CEI), deuxièmement de la liste électorale, troisièmement du découpage électoral et enfin de l’environnement sociopolitique et sécuritaire.

La Commission Electorale Indépendante (CEI) actuelle est composée de dix-sept (17) membres dont huit (08) émanent du pouvoir, quatre (4) de l’opposition et cinq (5) de la Société Civile.

Le parti de Laurent Gbagbo estime qu’à l’évidence, le parti au pouvoir est surreprésenté et une telle composition ne peut nullement garantir des élections justes, transparentes et crédibles.

Au regard de ce déséquilibre flagrant et en s’appuyant sur les deux (2) importantes décisions prises contre la Commission Electorale Indépendante (CEI), à savoir : la Résolution 2062 du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’Arrêt du 18 Novembre 2016 de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

Abou Drahamane Sangaré et leFPI Rechercher FPI proposent une Commission Electorale Indépendante (CEI) de treize (13) membres à représentation équitable entre le pouvoir et l’opposition.

Il s’agit de sept (07) représentants de la Société Civile composée de, deux (2) représentants des Religieux, de deux (2) représentants des Organisations s’intéressant aux questions électorales, de deux (2) représentants des Organisations s’intéressant aux droits humains, d’un (1) représentant des Avocats désigné par le Barreau, de trois (03) représentants du pouvoir et de trois (03) représentants de l’opposition.

Selon la proposition du FPI, le bureau de la nouvelle CEI sera composé de treize (13) membres avec voix délibératives dont, un (1) président désigné par consensus, choisi sur des critères d’honnêteté, de probité, d’intégrité, d’impartialité, au fait des questions électorales et de la gestion des hommes, deux (2) vice-présidents (un représentant le pouvoir et l’autre l’opposition) et dix (10) autres membres.

«Les membres de la Commission Electorale Indépendante (CEI) sont désignés par les structures et institutions qu’ils représentent, » a précisé M. Sangaré.

Avec cette configuration, la parité dans la représentation entre le pouvoir et l’opposition, aux postes de décision entre le pouvoir et l’opposition sera respecté comme indiqué par le Président intérimaire qui propose que cette CEI ait un mandat de six (6) ans non renouvelable.

M. Sangaré soutient que la liste électorale établie de 2011 pour les différentes élections a été confectionnée de façon unilatérale par le régime Ouattara et n’a été ni révisée, ni publiée donc frappée de suspicion légitime et sujette à contestation.

LeFPI Rechercher FPI propose une liste électorale révisée de façon consensuelle à partir de la liste de 2010.

Le découpage électoral est un facteur important et déterminant pour la répartition équitable de la représentation nationale.

Or selon la formation politique de Laurent Gbagbo, le découpage actuel effectué par le pouvoir en 2011 sur la base du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 1998, présente des injustices flagrantes.
Elle donne l’exemple de la région du Poro, (Nord du pays) qui compte 12 députés pour une population de 453 006 habitants et une superficie de 12 616 km2 alors que la Région du Gbèkè, (centre du pays) compte 13 députés pour une population de 809 236 habitants et une superficie de 8 927 km2 ;

Au regard du découpage des circonscriptions en vigueur, qui ne reposerait sur aucune base connue, la nouvelle représentation nationale reposera exclusivement comme mentionné par M. Sangaré sur le critère de la population qui est plus juste.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI) demande instamment au titre de l’environnement socio-politique et sécuritaire, la libération du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé, la libération de Simone Ehivet Gbagbo et de tous et les autres prisonniers politiques, civils et militaires.

Il demande également le retour apaisé et sécurisé des Ivoiriens contraints à l’exil, l’abandon des poursuites judiciaires contre le Président Laurent Gbagbo et ses partisans, le retrait total des Dozo dans leur espace régional traditionnel et le désarmement des personnes non habilitées à porter des armes, le démantèlement de toutes les caches d’armes sur l’ensemble du territoire national ainsi que de toutes les milices appelées » microbes » ou « enfants en conflit avec la loi » et le rétablissement de la Police Nationale et de la Gendarmerie Nationale dans leurs missions régaliennes.

Pour que tous les Ivoiriens reprennent confiance dans l’organisation des prochaines élections (les municipales, les régionales, les sénatoriales et la présidentielle) et pour permettre à tous les partis politiques d’y prendre part, leFPI Rechercher FPI demande instamment, la normalisation et l’apaisement de l’environnement sociopolitique par des mesures républicaines courageuses allant dans le sens de la décrispation et de la réconciliation nationale, la réforme de la Commission Electorale Indépendante (CEI), équilibrée dans sa composition, avec à sa tête un président crédible, désigné de façon consensuelle, la révision de la liste électorale de façon tout aussi consensuelle, la redéfinition du découpage électoral sur le critère de la population et la sécurisation totale et effective de l’environnement électoral.

LeFPI Rechercher FPI appelle solennellement, le Gouvernement à ouvrir sans délai des discussions étendues à toutes les forces politiques et à la Société Civile en vue d’arrêter de façon consensuelle des réformes à apporter au système électoral actuel avant l’organisation des prochaines élections.

«Les défis et enjeux des prochains scrutins sont si immenses qu’ils méritent bien une concertation nationale. Le Front Populaire Ivoirien (FPI) rassure le peuple ivoirien en lutte pour la normalisation définitive de la vie politique et pour ses intérêts vitaux et légitimes, qu’il se trouvera toujours à ses côtés, et l’assure de sa détermination à toujours porter ses aspirations et ses espoirs, » prévient M. Sangaré.

Il invite enfin le Gouvernement à l’ouverture de discussions dans les meilleurs délais et se tourne vers le peuple de Côte d’Ivoire et l’appelle solennellement à s’unir et à se mobiliser pour donner une chance au retour de la paix par la réconciliation et par des élections libres, justes, inclusives, transparentes et organisées sur des bases consensuelles et conformément aux standards internationaux, à la résolution 2062 du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et à l’Arrêt du 18 novembre 2016 de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

Wassimagnon, Abidjan