Ecrivain, dramaturge et homme politique ivoirien, Bernard DADIE dont on célèbre le centenaire en cette année 2016, apparaît comme l’un des écrivains les plus représentatifs de la génération ayant donné ses lettres de noblesse à la culture africaine. «Le Vieux a eu l’âge du siècle où il est né, comme il a, aujourd’hui, celui du XXIe siècle qui vient de naître», écrit à son sujet Nicole VINCILEON. Erigé au rang «d’Eluard Noir» par Claude QUILLATEAU, tout en demeurant proche de la tradition orale à travers ses contes, Bernard DADIE, écrivain constant de la protestation, a insufflé un souffle lyrique dans sa puissante contribution littéraire. Contrairement à certains auteurs africains qui se sont épuisés au bout d’un roman, et n’ont plus rien écrit depuis lors, les productions de Bernard DADIE sont riches et nombreuses. En effet, Bernard DADIE est l'auteur d'une œuvre véritablement prolifique qui aborde tous les genres littéraires : poésie, roman, théâtre, chroniques, contes traditionnels, le plus significatif étant le théâtre. Son théâtre invite les Africains à y trouver du divertissement et en se divertissant s'instruire et se corriger. Inspiré de Molière, Brecht et Césaire, Bernard DADIE recourt aux symboles, aux proverbes et à l’humour. Mais il proclame son indépendance d’esprit «Je n’ai pas de maître. Je refuse les maîtres. Ce que je rejettec’est ce critère d’écriture. On doit écrire comme on sent. C’est la liberté de création», dit-il.

Très tôt, dans sa vie, influencé par la pensée du maréchal LYAUTEY, selon laquelle «l'homme complet doit avoir ses lanternes ouvertes sur tout ce qui fait l'honneur de l'humanité», Bernard DADIE s’est fait le porte-parole de l’âme de son peuple. Auteur, en 1948, d’une nouvelle, «Mémoire d'une rue», puis d’un premier roman, «Climbié», édité en 1956, Bernard DADIE, et avant qu’il ne soit trop tard, mériterait bien le prix Nobel de Littérature. «Ecrire est, pour moi, un désir d’écarter les ténèbres, un désir d’ouvrir à chacun des fenêtres sur le monde», dit Bernard DADIE. Sa vaste contribution littéraire traite de questions socio-politiques, la colonisation, la justice, la liberté et la dignité humaines. Il a abordé des questions mineures comme la succession, l’adultère et le parasitisme. Dans les années 1970, Bernard DADIE a choisi de s’investir dans d’autres thèmes majeurs, comme la conservation du patrimoine culturel africain, le pouvoir et la démocratie, adoptant ainsi une posture de gardien de la conscience africaine. "S'agripper au sol, refuser de se laisser déraciner et emporter par la vague torrentielle des modes, c'était, hélas, vouloir rester sauvage" ironise Bernard DADIE. A travers cet art engagé, fervent catholique, il a délibérément placé son œuvre dans une dimension sociale critique en vue de contribuer à «l’édification commune d’une vie plus juste et fraternelle sur notre planète» dit-il.

Comment donc raconter cette vie si riche et tumultueuse d’un centenaire insoumis ?

Bernard Binlin DADIE est né vers 1916 à Assinie, dans la région orientale, lagunaire et forestière, en Côte-d'Ivoire. Fils d’un ancien combattant de l’armée française devenu planteur, son père de l’ethnie Agni, Gabriel Binlin DADIE, fondateur de l’association «Syndicat des Planteurs Africains» a joué un rôle dans le Parti Démocratique de la Côte d’Ivoire. «Je suis le seul de ma maman. Je suis aussi le dernier. Mon père a eu une autre femme et d’autres enfants» dit Bernard DADIE. La mère de DADIE était une femme borgne qui a toujours pensé qu'elle possédait une malédiction. Ses trois enfants précédents étaient tous morts. Son oncle Melantchi, fermier à Bingerville, l'ancienne capitale de la Côte d’Ivoire, a élevé Bernard DADIE.

À cette époque, DADIE a développé ses croyances philosophiques sous l'influence de la culture et de la société. Bernard DADIE qui s'est rendu compte de l’importance de la famille et de la communauté, écrira, par la suite, un roman, qualifié «d’autobiographie générale» : «Climbié». «C’est le roman d’une génération. C’est la vie de l’école, du village, l’école du groupe scolaire, l’école de William Ponty. Je suis là, mais ce n’est pas moi seul. Je charrie les choses et je transporte tous les remous que les compatriotes, les amis et moi, nous avons vécu dans les années 36 à 47», dit Bernard DADIE. L’auteur est en accord avec Stendhal qui considère que le roman est une sorte de miroir que l’on promène sur les choses. «Le roman est un filet qu’on pose et qu’on ramène avec des éléments entre autres», précise Bernard DADIE.

Pendant la première partie de sa vie, DADIE a connu la colonisation. Il a étudié en Côte-d’Ivoire à Grand Bassam et puis à Bingerville. Bernard DADIE poursuivra ses études de 1932 à 1937, à l’École normale William-Ponty de Gorée, au Sénégal. Déjà, dans la pièce de théâtre, écrite à William Ponty, «Assémien Déhylé, Roi du Sanwi», on y découvre ce qui préfigure tout le talent de Bernard DADIE : le travail précis sur le rythme, le mètre, la prosodie, et surtout une performance narrative exceptionnelle. À cette époque, William-Ponty était le creuset des élites noires de l’Afrique française destinées à l’enseignement. Dakar est une fenêtre grande ouverte sur un monde encore inconnu, voire insoupçonné. En 1937, Bernard DADIE assiste à une conférence de Léopold SENGHOR et c’est l’occasion pour lui de découvrir les écrivains noirs ou métis des Amériques et des Caraïbes. Il lit Richard WRIGHT, Jean PRICE-MARS, Jorge AMADO, Claude MacKAY.

Avec son diplôme d’instituteur, le jeune DADIE n’a d’autre perspective que l’enseignement. Mais, à partir de 1937 et jusqu’en 1947, il sera bibliothécaire-archiviste à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) de Dakar où il est en contact d’hommes de culture comme l’historien et archiviste André VILLARD (archiviste de 1935 à 1942) ou l’ethnologue Théodore MONOD (1902-2000). A Dakar, il rencontre des partisans du Front Populaire. «J’ai la chance d’avoir commencé mon travail avec des jeunes Européens issus du Front populaire. J’écrivais depuis Ponty, avec Béart, en 1932-1936. Et puis Villard qui était archiviste m’a dit : Pour dominer ton travail, il faut que tu lises», dit Bernard DADIE au cours d’un entretien avec Bernard MAGNIER. Son emploi d’archiviste, à Dakar, lui permettra d’accumuler une importante documentation qui sera utile pour ses futurs ouvrages.

Après avoir terminé ses études, Bernard DADIE a travaillé pour «Le Réveil», un journal du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), dont il a été membre actif lors de son séjour au Sénégal. En 1947, il retourne dans son pays et milite au sein au sein de ce parti. «J’ai toujours aimé ma Côte d’Ivoire, et je l’aime encore plus depuis que je suis au Sénégal et je voudrais (…) que nous placions notre pays plus haut en cédant la place à nos enfants, c’est-à-dire que nous fassions de ce pays plein d’avenir autre chose qu’il n’est présentement», dit-il dans une lettre à un ami resté au pays. Les troubles du 6 février 1949, à la suite d'une provocation des membres du RDA, le conduisent en prison pour seize mois, où il tient un journal qui ne sera publié qu'en 1981, «Carnets de prison». «Ils m’ont enrichi sans le vouloir, sans le savoir. J’ai compris ce que sont Pouvoir et Justice», dit-il à sa sortie de prison. Le RDA, affilié au Parti communiste français jusqu’en 1951, est rentré dans les rangs et a abandonné toute perspective révolutionnaire. «Je poursuivrai, sur le plan littéraire, ce que j’avais fait sur le plan politique, mais avec beaucoup plus de liberté», prend soin de préciser Bernard DADIE. À l'indépendance, il exerce, tour à tour, les fonctions de chef de cabinet du ministre de l'Éducation nationale, de directeur des Affaires culturelles, d'inspecteur général des Arts et Lettres. En 1977, il devient ministre de la Culture et de l'Information de 1977 à 1986.

Sa création littéraire s'est développée parallèlement à cette brillante carrière politique et gouvernementale. Il revient au genre théâtral à la fin des années 1960 avec des pièces d'inspiration historique, «Béatrice du Congo» en 1970, ou militante, «Îles de tempête», en 1973, et des comédies qui frôlent la bouffonnerie comme «Monsieur Thôgô-Gnini» en 1970, caricature d'un nouveau riche Africain, amoral et cupide. Pétri des idées humanistes et de celles de la négritude, il rédige une série de poèmes à caractère patriotique (Afrique debout ! en 1950 ; La Ronde des jours, en 1956) dont plusieurs font désormais partie des programmes scolaires en Afrique. À la même époque, il écrit deux recueils de contes, «Légendes africaines», en 1954 et «le Pagne noir» en 1955, devenant ainsi l'un des précurseurs du mouvement de sauvegarde et de transmission du patrimoine culturel africain. Avec «Climbié» en 1956, roman largement autobiographique qui s'inscrit dans la thématique classique du jeune héros qui s'affronte au monde moderne, il donne l'une de ses meilleures œuvres. Bernard DADIE excelle surtout dans ses chroniques, inspirées par ses séjours à Paris, New York et Rome (Un Nègre à Paris, en 1959 ; Patron de New York en 1964 ; la Ville où nul ne meurt, en 1968). Sur un ton vif et sarcastique, elles mettent en scène un touriste africain dont le regard ingénu fait ressortir le côté étrange et paradoxal des grandes villes modernes. Ses dernières œuvres sont plus engagées politiquement et s'emploient à dénoncer l'injustice du colonialisme (les Jambes du fils de Dieu, en 1980 ; Commandant Taureault et ses Nègres, en 1980).

Bernard DADIE fait partie des auteurs dans la mouvance de la négritude. Il a été fortement influencé par Aimé CESAIRE, qui dans son «Cahiers d’un retour au pays natal» invite notre âme à réagir et à jouer son rôle dans la construction d’un monde nouveau. En effet, l’homme noir est un peu assoupi, emporté dans l’image de spectateur stérile, d’une créature passive dont l’entoure son créateur, l’homme Blanc. «Mais la vie n’est pas un spectacle, car c’est une mer de douleurs» dit CESAIRE.

Bernard DADIE, écrivain de la protestation, s’est toujours insurgé contre les alliances contre nature et contre l’inféodation. Il a par ailleurs été un rempart contre les injustices et les persécutions. Ainsi, dans son ouvrage «l’Afrique Debout !», un recueil de poèmes, Bernard DADIE invite les Africains à prendre la peine de dénoncer l’abêtissement qu’a constitué la politique coloniale ; ce serait «une juste colère», dit-il. La situation coloniale est faite pour montrer que l’homme noir n’est rien. Bernard DADIE en appelle à la lutte émancipatrice, à la libération. Ce recueil de poèmes est un puissant appel aux Africains à restituer à l’Afrique sa dignité contestée. L’Afrique doit se mettre debout, cesser de dormir, se mobiliser. Le ton est amer. Il y a un désir de l’auteur de secouer l’Afrique afin qu’elle prenne conscience de sa véritable situation.

Il ressort de cette longue vie d’un écrivain engagé et rebelle, productif, la défense résolue de la liberté, de la dignité humaine et l’authenticité des culturelles traditionnelles africaines.

I – Bernard DADIE, un défenseur résolu de la liberté et de la dignité humaines

A – Bernard DADIE, un refus de l’injustice et de l’arbitraire

1 - Bernard DADIE un refus du système colonial

Bernard DADIE est un témoin majeur de cette Afrique colonisée qui s’éveille à la liberté. Son séjour au Sénégal lui a permis d’observer la lente mutation de la conscience politique des Africains, les hésitations, les craintes et les espoirs, jusqu’aux grèves décisives. Il a acquis la conscience de lutter pour changer les choses et part en guerre contre l’oppression et la répression de la colonisation française. «On croit résoudre en supprimant des têtes. Tant qu’on n’aura pas supprimé les causes qui font penser les têtes qui, à leur tour, feront supprimer d’autres bouches, et d’autres têtes, rien n’y fera», dit Bernard DADIE.

Bernard DADIE a grandi sous l’influence française et les effets néfastes de la colonisation sont un thème principal de ses écrits. Bernard DADIE a publié des textes anticolonialistes et des contes qui montrent la beauté d’être Africain. Il valorise son peuple avec ses mots. Il fut une époque où sa plume rimait avec combats. Combat culturel, surtout, pour celui qui, raillant les idéologies racistes, remerciait dans un poème célèbre son Dieu de l’avoir créé noir, car «le Blanc est une couleur de circonstance, le Noir la couleur de tous les jours».

Bernard DADIE a été fortement marqué par son séjour au Sénégal en qualité d’étudiant et de fonctionnaire colonial. Ainsi, en 1948, il a écrit une nouvelle, «Mémoire d’une rue» qui relate un personnage inhabituel, la rue Raffanel, à Dakar, en pleine occupation coloniale. La rue Raffanel, que les familles honorables évitent soigneusement a été un haut lieu de prostitution. Cependant, c’est une rue fière de ce qu’elle est, une rue franche qui réprouve l’hypocrisie, contrairement à ses sœurs sournoises, silencieuses, aux enseignes tapageuses de commerçants tous complices de marchés parallèles.

Cependant, le propos essentiel de cette nouvelle est ailleurs. En effet, cette rue Raffanel est, aussi et surtout, le témoin d’un meeting politique organisé le 3 décembre 1944 par les indigènes colonisés, sur la Place M’Both, où elle débouche. Les Africains réclament plus de liberté et de dignité. «Nous voulons respirer à l’aise sur le sol africain, l’air que le Créateur dispense chaque jour. Et quand nous enterrons, au coude à coude, avec nos frères Blancs, à coup de canon, contre toutes les injustices, il est normal, il est légitime, que la liberté, la justice et l’égalité rayonnent aussi sur le sol africain», fait dire Bernard DADIE à un orateur. Cette nouvelle de Bernard DADIE est un violent réquisitoire contre le système colonial, d’autant plus que pendant la deuxième guerre mondiale, Dakar, capitale de l’Afrique occidentale française, a été occupé par des pétainistes qui ont été particulièrement durs avec les Africains. C’est le début de la prise de conscience politique de Bernard DADIE qui observe les Africains traités comme des «sous-hommes». Son combat reste fondamentalement attaché à la dignité de l’être humain. Bernard DADIE exprime le refus de la soumission et de l’exploitation.

«Vive qui ?» est une nouvelle qui relate la défaite de la France en 1940, la mise au pouvoir du Maréchal Pétain et l’entrée en résistance du général de Gaulle. Le narrateur de cette nouvelle crie «vive de Gaulle». La police l’interpelle. Après une enquête expéditive qui révèle qu’il n’était qu’un pauvre paysan, peu instruit des affaires politiques, on le condamne, néanmoins, à deux ans de prison ferme pour avoir résisté à un agent de la force publique et lui avoir fait tomber ses galons. A sa libération, et tout heureux d’être libre, le narrateur cria «vive le Maréchal» et reçut, pour cela une rude correction. On lui fit savoir que c’est maintenant le général de Gaulle qui est au pouvoir. Le mépris absolu de la dignité humaine, le vasselage brutal des consciences ont révolté, à travers cette nouvelle, Bernard DADIE. «On a identifié la liberté avec Pétain et de Gaulle. On n’a pas pu dissocier les hommes et l’autorité», s’interroge le narrateur désemparé et amer. «Vive qui ?» est ainsi une interrogation de Bernard DADIE sur le thème de la liberté et de la dignité humaines.

Dans son premier roman «Climbié» qui décrit la société rurale ivoirienne, Bernard DADIE fait écho à la dureté de la situation coloniale. «Climbié, c’est un nom propre qui veut dire plus tard, un jour, ça va finir, ça va changer» dit DADIE. Climbié est un villageois qui a appris auprès de son oncle le métier d’homme : mettre le feu à la brousse pour préparer les cultures, planter les bananes, les piments, les aubergines, la canne à sucre, le café et le cacao. Mais son oncle est emporté par la pneumonie. Auparavant, son oncle avait pris la décision de l’inscrire à l’école française. Climbié réussira ses études. Comme Bernard DADIE, le héros du roman se retrouvera à l’école normale William Ponty, à Gorée, au Sénégal. Affecté en qualité de commis, pendant 12 ans, dans une voie de garage, mobilisé pendant la guerre mondiale, Climbié commence à prendre conscience de sa situation de colonisé. Il n’y a aucune raison que les fonctionnaires colonisés soient traités comme des sous-hommes, mal payés. A Dakar, Climbié acquiert une conscience politique, grâce au Front Populaire qui propage ses idées progressistes dans les colonies. Rentré chez lui, en Côte-d’Ivoire, Climbié se jette dans la lutte politique. Accusé d’avoir organisé une grève des paysans qui refusaient de vendre leurs produits tant que le cours n’aurait pas augmenté, il est jeté en prison.

Bernard DADIE a semblé être, dans son roman «Climbié», mesuré dans sa critique du colonialisme, à tout le moins ambigu. Dans ce roman, il diagnostique le mal colonial en ce qui concerne l’éducation, l’administration et les rapports sociaux. Mais il ne préconise ni l’autonomie, encore moins l’indépendance. «Je me suis trouvé dans une situation de gêne, et je ne savais pas si je pouvais tout écrire. Aujourd’hui, nous Africains, nous faisons pire ce que le Blanc a fait» dit-il. Pour lui, l’écrivain doit se limiter à un éveilleur de conscience. «L’écrivain n’a pas à donner d’ordre. Il pose le problème. C’est au lecteur de tirer les conclusions nécessaires, suivant son idéologie, suivant sa formation. J’écris en sous-entendu. Je le fais exprès. Comme nous ne sommes pas en pays libre, tu écris de façon que tu dis ce que tu as à dire, sans avoir trop de problèmes», précise Bernard DADIE.

2 - Bernard DADIE une condamnation des pouvoirs autocratiques africains

Bernard DADIE revient, dans ses pièces de théâtre, notamment dans «Monsieur Thôgô-Gnini», sur les méfaits causés par l’héritage de la colonisation à savoir l’exploitation, l’abus de pouvoir et l’injustice. En effet, M. Thôgô-Gnini, Porte canne du Roi et auxiliaire des Blancs, plus craint que le Roi, avide de pouvoir détient le monopole de toutes les activités économiques. Bernard DADIE mène une insurrection contre toutes les formes d’injustices. Ainsi, «Monsieur Thôgô-Gnini», une pièce théâtrale qui met sur scène deux femmes et seize hommes, le personnage central est un homme orgueilleux et qui affectionne les fanfaronnades, d’où son nom Thôgô-Gnini. Au milieu du XIXème siècle, un traitant blanc et son acolyte débarquent sur l’une des côtes occidentales afin d’établir des liens commerciaux avec les autochtones. Thôgô-Gnini s’enrichit grâce aux liens commerciaux qu’il réussit à tisser pour son propre compte personnel avec l’Europe. Un matin, N’Zekou, un petit planteur, pénètre chez Thôgô-Gnini, il vient réclamer une dette de vingt fus d’huile de palme. Dans un premier temps, Thôgô-Gnini feint l’oubli, mais une fois la reconnaissance de dette arrachée puis déchirée, il reconnaît les faits. N’Zekou dévient alors menaçant et Thôgô-Gnini appelle ses serviteurs à son secours. N’Zekou est arrêté. Le jour du procès de N’Zekou. On s’aperçoit très vite que la plupart des témoins ont été menacés ou corrompus par Thôgô-Gnini. N’Zekou, finalement reconnu non coupable, est relaxé, et Thôgô-Gnini est écroué à sa place.

Dans le rêve de «M. Thôgô-Gnini», l’Etre étrange détruit les valeurs traditionnelles, chères à l’Afrique et représentées par des personnages allégoriques, comme Fidélité, Reconnaissance, Vieillesse, Tradition, Amour, Ame. La solidarité familiale s’évanouit. Cette pièce de théâtre «pose le destin de l’homme, dans tous ses états. Il s’agit de savoir, si dans nos Etats, l’Homme doit passer avant certaines choses. Si l’argent est fait pour l’Homme ou l’Homme est fait pour l’argent, si la fortune est service de l’Homme ou si l’Homme est au service de la fortune»,souligne Bernard DADIE.

Dans «Thôgô-Gnini», le monarque paraît être un roi décoratif, sans pouvoir. Il n’a pas prononcé une seule parole dans la pièce. «Le Roi est chez nous, ici, le chef. Il est là. Ce sont les notables qui décident. Quand le Roi parle, tout est foutu. Maintenant les choses ont évolué : ce sont les contacts extérieurs qui ont perverti ces missions qui avaient une vraie conception du Roi. Le Roi gouverne. Le silence du Roi permet la discussion. Ce sont les notables qui parlent. S’ils se trompent, le Roi intervient pour rectifier les choses», dit DADIE.

Dans «Béatrice du Congo», Bernard DADIE part en guerre contre les pouvoirs arbitraires africains. Dans cette pièce, le Roi est d’abord un monarque démocrate, aimé de son peuple et soucieux de son bien-être. Ensuite, il devient autocrate, tyran, aliéné, exploiteur et esclavagiste.

Bernard DADIE critique violemment les pouvoirs africains, après l’indépendance, mais dans un style hautement satirique. Ainsi, dans «Mhoi Ceul» une pièce de théâtre de 1979 et le «Secrétaire particulier» en 1975, Bernard DADIE dénonce le manque de conscience professionnelle des fonctionnaires africains, la corruption des gouvernants en particulier. Prétentieux, opportuniste, corrompu, c'est «Mhoi-Ceul», le bien nommé. Mhoi-Ceul, plein de lui-même, comme un neuf. Moi, moi tout seul, Monsieur le Directeur, enfin, tel qu'en sa suffisance imbécile le pouvoir bureaucratique le change. Bernard DADIE dépeint l’irresponsabilité et l’incurie des fonctionnaires africains, dans «Papassidi, maitre-escroc». Face à ces maux qui gangrènent le continent noir, DADIE répond : «Je n’ai pas de solution, ni d’explication. Je dénonce la situation. C’est le rôle de l’écrivain de dénoncer cela». L’affairisme, la recherche effrénée de gains, par tous les moyens, dans cette étude des mœurs, sont un appel, à peine déguisé, à la rénovation des valeurs morales et éthiques en Afrique.

«Les Voix dans le vent» est une pièce qui se situe dans l’Afrique indépendante. Le chef politique, Nahoubou 1er, est un véritable fou, inapte à gouverner. Bernard DADIE résume, par là, la tragédie africaine de notre temps. «Les Voix du Vent», c’est l’histoire du tyran qui, après avoir tué son frère et sa mère, est hanté par leurs fantômes. Les voix évoquent la Vérité éternelle, et la Mort. Or, Nahoubou 1er n’a pas de conscience. Les individus subissent un pouvoir arbitraire, parce que souvent ils n’ont pas conscience de cette injustice. Dans cette pièce de théâtre, les voix des morts reviennent et accusent. C’est la Mort qui vient de prendre parti contre la bêtise humaine. Le fantastique occupe une place importante dans l’œuvre de DADIE.

B – Bernard DADIE un partisan de la réconciliation universelle

«Hommes de tous les continents», un recueil de poèmes écrit entre 1943 et 1965, fondé sur les thèmes de la réconciliation universelle. «Hommes de tous les continents», est dédié à Pierre SEGHERS l’éditeur français (1906-1987) qui est le premier à publier les ouvrages de Bernard DADIE, car les autres éditeurs français hésitaient. SEGHERS est le premier à se pencher sur les problèmes coloniaux en tant qu’écrivain, et fut un grand poète de combat.

Catholique, et profondément croyant, Bernard DADIE estime que Jésus Christ a réconcilié le Ciel et la Terre, et son Amour a lié les hommes au même destin. L’Afrique doit être en marche vers sa renaissance. «Nous avons fait la critique des Blancs qui ont fait ceci et cela. Mais quand les Blancs nous ont laissé, nous avons fait pire que les Blancs. Les gens commencent à prendre conscience de cela. Les gens qui viennent vont réaliser nos espoirs : une Afrique libérée, une Afrique qui donne aux Européens une leçon» dit Bernard DADIE.

Dans «Climbié», Bernard DADIE revient, en ces termes, sur le thème de l’humanisme universel : Climbié «est un personnage réel, toujours moi, qui regarde, qui examine les coutumes, les mœurs, la culture de mon peuple, pour y décerner les différences et les points communs, dans la perspectives de l’humanisme universel».

«La Rondes des jours» Bernard DADIE est fier d’être Noir et espère une liberté totale, dans la justice et la dignité pour le continent. Dans ce recueil de poèmes, ce n’est pas le Bernard DADIE virulent qui se manifeste. Le ton est beaucoup sobre. En effet, l’auteur a le souci d’administrer la preuve du caractère universel de l’existence humaine, les rêves communs de l’humanité. Pour Bernard DADIE, tous les hommes sont les mêmes, nous sommes tous les enfants de Dieu. Cela impose un respect. Le jour qui se lève ici, c’est le même jour qui se lève là-bas. Il en appelle à la célébration de la fraternité. Les thèmes abordés dans les «La Ronde des jours» sont variés. C’est une poésie militante qui célèbre, exalte les valeurs africaines. Ainsi, le poème, «Ode à l’Afrique» rend hommage à l’Afrique rayonnante, berceau de l’humanité et célèbre ses vertus. «Chanter l’Afrique» glorifie l’Afrique et met en valeur sa merveilleuse nature. «Sèche tes pleurs» est un poème de consolation, l’Afrique étant confrontée à de nombreux défis, mais dispose de nombreux atouts. «Le noir de mon teint» valorise la race noire. Dans «Je vous aime pas», Bernard DADIE fait la promotion de la culture africaine. Il exprime, dans «Feuille au vent», sa revendication à l’égalité dans la différence.

«Je suis homme à la couleur de nuit Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves. Je suis l’arbre bourgeonnant au printemps La rosée qui chantonne dans le creux du baobab. Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves. Je suis l’homme dont on se plaint Parce que contre l’étiquette L’homme dont on se rit Parce que contre les barrières. Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves. Je suis l’homme dont on dit : ‘‘ Oh, celui-là !’’ Celui qu’on ne peut saisir La brise qui vous frôle et fuit. Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves. Le capitaine à la proue Cherchant dans les rafales des nuages L’œil puissant de la terre ; La barque sans voile Qui glisse sur l’océan. Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves. Je suis l’homme dont les rêves Sont aussi multiples que les étoiles Plus bruissant qu’essaims d’abeilles Plus souriants que sourires d’enfants Plus sonores qu’échos dans les bois. Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves».

II – Bernard DADIE, un farouche défenseur de la culture et de l’identité africaines

La colonisation s’est traduite, non seulement par l’asservissement et la spoliation des Africains, mais surtout par la dévalorisation des valeurs traditionnelles africaines. L’Afrique est déshonorée et humiliée. Selon DADIE, il est important que les Africains valorisent leur héritage. Son respect pour la culture africaine a inspiré DADIE à établir le Cercle Culturel et Folklorique de la Côte d’Ivoire en 1953. Bernard DADIE est reconnu pour ses écrits et ses efforts de défendre la culture africaine. Il est un fervent avocat de l’importance à préserver la culture et l’identité africaines.

A Bernard Dadié, défenseur des valeurs africaines à travers ses contes

Dans la défense de la culture africaine, Bernard DADIE reconnaît une dette à l’égard de la tradition orale, les conteurs et les griots l’ont inspiré. «Les contes et légendes sont pour nous des musées, des monuments, des plaques de rues, en sommes nos seuls livres», dit-il. Dans les contes, il y a des éléments fondamentaux chez tous les peuples. «Le conte nous permet de nous rattacher à notre passé, à notre histoire, nous qui n’avons pas de livres» souligne DADIE.

Observateur passionné des êtres et des choses, dans quel autre genre que le conte, Bernard DADIE pouvait-il accomplir ces traits remarquables de sa personnalité africaine ? Le pagne est, avec le boubou, un vêtement emblématique du continent africain tel qu’il est vu par l’Occident, comme le sari peut par exemple l’être pour l’Inde. Avec évidence, ces textes manifestent la rencontre heureuse d'un écrivain avec son monde, cette Afrique recréée à travers le merveilleux de la fable, l'ironique bestiaire de la tradition, la gaîté d'un savoir ancien et la tendresse d'une longue mémoire Ainsi, dans «Le Pagne noir», l’héroïne, Aïwa, se voit contrainte de vivre avec sa marâtre qui lui offre le calvaire. Ayant mission de laver un pagne noir de telle sorte qu’il devienne aussi blanc que le kaolin, elle part à la recherche d’une eau pouvant mouiller le pagne en question. Au bout de plusieurs jours d’épreuves, elle se voit offrir un pagne plus blanc que le kaolin. La marâtre reconnaît ce pagne qui avait servi à enterrer la première femme de son mari.

Mais «Pagne noir» est également un recueil de seize contes du pays Agni de Côte-d’Ivoire dominé par Kacou Ananzé, l’Araignée, personnage avare, égoïste, craint des autres animaux, qui prend successivement l’aspect des animaux les plus divers et jouit d’un anthropomorphisme lui permettant de multiples apparences humaines. Kacou Ananzé, un personnage haut en couleur, apparaît au fil des courts récits comme un être malicieux. Le lion, la panthère, l’éléphant et le buffle, qui occupent les échelons les plus élevés dans la hiérarchie des animaux le craignent, car ils ne sont jamais à l’abri d’un de ses exploits dont le bénéficiaire est toujours sa seule personne. Le cochon et toute sa lignée jusqu’à aujourd’hui se maudissent d’avoir perdu leur trompe dont ils étaient affublés aux temps originels, cela en voulant se débarrasser de ce vaurien d’Ananzé. Mal leur en a pris ! Non seulement cet aigrefin a dévoré leur appendice nasale, mais il les a affublé d’une queue ridicule en forme de serpentin. Dieu, lui-même, n’est pas à l’abri d’un ce ses coups tordus. Ainsi, réussit-il à dévorer la plus belle vache du troupeau du divin hiérarque dans le plus grand secret. Cependant, Kacou Ananzé a bien des défauts : ceux d’un être cupide, égoïste, jaloux et envieux qui s’autorise les trahisons les plus méchantes et les déshonneurs les plus infâmes. Ainsi, abandonne-t-il à la famine son épouse et ses enfants pour profiter, à lui seul, de ses récoltes mirifiques d’ignames. Mais ses mauvais profits ne sont pas impunis. Ses vices font sa perte. Bien souvent les fruits de ses entourloupettes lui échappent. L’honneur est sauf et la morale protégée. Décidément, mieux vaut faire taire ses passions, se contenter de ce que la nature nous a doté et de ne pas avoir des flatulences plus haut que son derrière. Que les hérauts qui enchantent les routes de nos villages vous invitent à vous laisser bercer aux délices de ces histoires merveilleuses et délicieuses nées de l’imaginaire de Bernard DADIE. Une âme d’enfant, une écriture fluide et bucolique, le conteur est un homme bercé par Dame Nature.

Dans les contes de Bernard DADIE les animaux les plus redoutables ne sont pas ces géants de la forêt comme l’éléphant ou le lion. L’Araignée, dans le «Pagne noir», est un petit animal rusé, et la ruse est une façon de survivre. «Les faibles, nous autres, on essaie de ruser en face de la force brutale. On utilise la ruse pour dompter la force brutale», dit-il. Mais l’Araignée est présentée comme un père dénaturé, égoïste, et d’une curiosité moribonde. L’Araignée veut prendre tout pour elle seule, par sa ruse, au lieu de s’occuper vraiment de sa famille. Cependant, ses subterfuges sont déjoués. Enfin de compte, la morale de l’histoire, c’est l’honnêteté, la justice, le bonheur qui triomphent toujours. Le conte dépeint la vérité cachée.

B - Bernard DADIE, défenseur des valeurs africaines à travers ses chroniques

Bernard DADIE, dans ses chroniques, y milite pour la préservation des cultures africaines. Ainsi, «Un Négre à Paris» a été écrit en 1959, à la veille des indépendances. Un jeune africain y découvre la grande métropole, avec tout ce que cela représente comme symbole pour le colonisé qu’il est. Il est certes fasciné, mais se trouve confronté à une équation qu’il doit nécessairement résoudre : comment s’adapter, exister encore dans ce monde totalement différent du sien ?

«Un Nègre à Paris», tout en restant une satire des mœurs parisiennes et une tentative de réhabiliter la culture africaine, Bernard DADIE y cultive l’ambiguïté. Il fait ressortir un sentiment ambivalent à l’égard de Paris : un amour – répulsion. «Je vais cesser de contempler le Paris des cartes postales et des écrivains, le Paris qu’on me choisit. Je vais voir Paris, moi aussi, avec mes yeux. On ne verra pas pour moi, on ne pensera pas pour moi, pour toi, pour tous les nôtres», dit-il. En effet, arrivé pour la première fois à Paris, le 14 juillet 1956, l’auteur est fasciné par les monuments, le métro et la liberté des écrivains. Cependant, il dénonce l’hypocrisie du colon. En effet, il existe un écart entre les idéaux de justice et de liberté que proclame chacun des monuments de Paris et la situation des colonisés. Ce que rejette Bernard DADIE, ce n’est pas Paris, mais c’est la culture coloniale inculquée aux Africains. «Je veux faire cesser cette fascination des Africains par la culture occidentale en leur faisant voir l’autre côté de cette culture» dit-il. Dans ce roman épistolaire, le narrateur s’appelle Bernard Tanhoe qui, chez les Agni, est un Dieu-fleuve, fier de sa singularité et jaloux de son autonomie. Bernard DADIE est particulièrement fier de l’authenticité et de la spécificité de la culture africaine. Il revendique même sa différenciation religieuse : «Je catholique chrétien romain, mais nous avons, comme partout, des Dieux. Je suis d’Assinie. Chez nous notre Dieu s’appelle Amanzi. Mais Tanhoe là-bas, est chez nous aussi. Tanhoe est partout. C’est un nom de Dieu. C’est un génie», dit-il.

«Patron de New York» proclame, une fois de plus, la valeur de l’homme, dans toute sa valeur intrinsèque et non celle que l’argent attribue. En Amérique, cette valeur de l’individu, mesurée uniquement au compas de l’argent, est à la base du rêve de cette société. Tout se paie. Tout s’achète. «A un moment donné, on a fait de l’homme une valeur contre les cauris, contre du café, du café», dit-il. L’Homme est au-dessus de tout cela. L’individu étant l’essentiel, «il n’y a pas de couleur» dit Bernard DADIE.

Dans «la ville où nul ne meurt (Rome)» Bernard DADIE revient sur la place de l’individu dans la société. L’Europe a, en général, «un mépris souverain de l’homme». Pourtant Rome, siège de la chrétienté enseigne le concept «Aimez-vous les uns, les autres».

Bibliographie sélective

1- Contribution de Bernard DADIE

DADIE (Bernard), Afrique debout !, Paris, Seghers, 1950, 42 pages ;

DADIE (Bernard), Assémien Déhylé, roi du Sanwi, Abidjan, CEDA, 1980, 68 pages ;

DADIE (Bernard), Béatrice de Congo, Paris, Présence Africaine, 1970, 175 pages ;

DADIE (Bernard), Carnets de prison, Abidjan, CEDA, 1981, 335 pages ;

DADIE (Bernard), Climbié, Paris, Seghers, 1956, 189 pages ;

DADIE (Bernard), Hommes dans les continents, Paris, Présence Africaine, 1967, 103 pages ;

DADIE (Bernard), Iles de tempête, Paris, Présence Africaine, 1978, 141 pages ;

DADIE (Bernard), La ronde des jours, Paris, Seghers, 1956, 56 pages ;

DADIE (Bernard), La ville où nul ne meurt, Paris, Présence Africaine, 1968, 211 pages ;

DADIE (Bernard), Le pagne noir, Paris, Présence Africaine, 1955, 175 pages ;

DADIE (Bernard), Légendes et poèmes, Paris, Seghers, 1966, 260 pages ;

DADIE (Bernard), Les contes de Koutou-as-Samala, Paris, Présence Africaine, 1982, 123 pages ;

DADIE (Bernard), Les jambes du fils de Dieu, Abidjan, CEDA, 1980, 159 pages ;

DADIE (Bernard), Les voix dans le vent, Yaoundé, Clé, 1970, 167 pages ;

DADIE (Bernard), Mhoi Ceul, Paris, Présence Africaine, 1979, 101 pages ;

DADIE (Bernard), Monsieur Thôgo-Gnini, Paris, Présence Africaine, 1996, 115 pages ;

DADIE (Bernard), Patron de New York, Paris, Présence Africaine, 1964, 308 pages ;

DADIE (Bernard), Un Nègre à Paris, Paris, Présence Africaine, 1996, 217 pages ;

DADIE (Bernard), Papassidi, maître-escroc, Abidjan, Nouvelles éditions africaines, 1975, 79 pages ;

DADIER (Bernard), Le commandant Taureault et ses nègres, Abidjan CEDA, 1980, 126 pages.

2- Critiques de Bernard DADIE

AMONDJI (Marcel), De Climbié à carnets de prison, essai sur l’invention de la littérature moderne ivoirienne, Paris, Anibwé éditions, 2012, 54 pages ;

BEN JUKPOR (K’Anene), «Bernard Dadié et son oeuvre», entretien avec Bernard Dadié des 8 et 9 septembre 1993, à Abidjan, in LES MOTS PLURIELS, septembre 1997, vol. I, n°4, pages 33-52 ;

BEN JUKPOR (K’Anene), «Béatrice de Congo : une autopsie de la politique coloniale», in LITTE REALITE, 1989 vol. I, n°2, pages 121-139 ;

BONNEAU (Richard), «Bernard Binlin Dadié, écrivain ivoirien», in ENTENTE AFRICAINE, 1972, n°10, pages 52-57 ;

CHEVRIER (Jacques), «Lecture d’un Nègre à Paris, où il est prouvé qu’on peut être Parisien et raisonner comme un Agni», in L'AFRIQUE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE, 1989 (85), pages 33-45 ;

DAGNY (Lucie), Images et mythes de la femme dans le théâtre de Bernard Dadié, thèse de doctorat sous la direction de Monique Banu-Borie, 1983, 87 pages ;

EDEBIRI (Unionmwan), Bernard Dadié, hommage et études, Cotonou, éditions Flamboyant, Ivry-sur-Seine, Nouvelles du Sud, 1992, 411 pages ;

GNAOULE-OUPOH (Bruno), La littérature ivoirienne, Paris, Karthala, 2000, 444 pages, spéc. pages 80 et suivantes ;

HONSCH (Marlène), Le pouvoir et l’argent dans l’œuvre romanesque et théâtrale de Bernard Dadié, thèse sous la direction de Pierre Citron, Paris, Université Sorbonne Nouvelle, 1981, 337 pages ;

KAMAGATE (Bassidiki), «Jeu et enjeu du comique de répétition dans Passidiki, maître escroc de Bernard DADIE», in Etudes Littéraires, 2007, vol. 38, n°2-3, pages 173-187 ;

KOFFI (Gilbert), L’univers carcéral dans l’œuvre de Bernard Dadié, thèse sous la direction de Pape Samba Diop, Université Paris-Est, Créteil, Val-de-Marne, (UPEC), 2005, 90 pages ;

KODJO (Léonard), «Sur la piste du théâtre ivoirien», in QUEBEC FRANÇAIS, 1989, n°74, pages 92-93 ;

KODJO (Léonard), «Bernard Dadié entre réalité et fiction», in QUEBEC FRANÇAIS, 1989, n°75, pages 64-66 ;

KOMPAORE (Prosper), Socio-critique et sémiologie théâtrale, étude de l’extra-texte dans l’œuvre théâtrale de Bernard Dadié, Thèse de doctorat sous la direction de Richard Demercy, Paris, Université Sorbonne Nouvelle, 1974, 207 pages ;

KOTCHY (Barthélémy), Critique sociale dans l’œuvre théâtrale de Bernard Dadié, Paris, l’Harmattan, 1984, 247 pages ;

KWAKYE (RSK), La structure textuelle du pagne noir, thèse sous la direction de Lawrence Tufuor, Kwame N’Krumah University of Science and Technology, Kumasi, juin 2011, 92 pages ;

LEMAIRE (Frédéric), Bernard Dadié : itinéraire d’un écrivain africain dans la moitié du XXème siècle, Paris, L’Harmattan, 2008, 207 pages ;

MAGNIER (Bernard), «Bibliograhie sur Bernard Binlin Dadié», in PRESENCE FRANCOPHONE, 1976, n°12-13, pages 51 et suivantes ;

MERCIER (Roger), BATTESTINI (Simon et Monique), Bernard Dadié, écrivain ivoirien, Paris, F. Nathan, 1964, 63 pages ;

ONGUM (Louis-Marie), «Satire et humanisme de Bernard Dadié dans un Nègre à Paris», in ETUDES LITTERAIRES, décembre 1974, vol. 7, n°3, pages 405-419 :

PANPGOP KAMENI (Alain, Cyr), «Bernard DADIE et la dramaturgie du fantastique, dans les Voix dans le Vent», in ANALYSES, revue de l’Université de Toulouse-le-Mirail, novembre 2006, n°11, pages 131-144 ;

QUILLATEAU (Claude), Bernard Binlin Dadié, l’homme et l’œuvre, Paris, Présence Africaine, 1967, 172 pages ;

SIDIBE (Valy) GNAOULE-OUPOH (Bruno), Bernard Dadié, conscience critique de son temps, Actes colloque en hommage à Bernard Dadié, Abidjan, CEDA, 1999, 273 pages ;

SIDIBE (Valy), La critique du pouvoir politique dans le théâtre de Bernard Dadié (1966-1980), thèse de doctorat, sous la direction de Jacques Scherer, Paris, Université Sorbonne Nouvelle, 1984, 339 pages ;

VINCILEONI (Nicole), Comprendre l’œuvre de Bernard Dadié, Issy-les-Moulineaux, Les classiques africains, 1986, 319 pages.

Albi, le 3 mars 2016, par M. Amadou Bal BA