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 Le procès de la recolonisation n’a toujours pas repris mais cela n’empêche pas les juges de convoquer des sessions pour pondre des décisions. C’est ce qui a été donné de constater hier 2 février 2018 où la chambre de première instance I présidée par le juge italien Cuno Tarfusser a rendu deux décisions en défaveur de la procureure Fatou Bensouda. Dans la décision intitulée «  Compte tenu de l’article 24 (5) du règlement de la cour, la chambre de première instance I de la cour pénale internationale, dans l’affaire le Procureur c. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ,rend cette décision sur la « demande consolidée de l’accusation de répondre aux réponses de MM. Gbagbo et Blé Goudé aux requêtes  ICC-02/02-01/15-1098-conf  « déposées le 19 janvier 2018 ( « Requête du procureur » ) »,les trois juges ont ,à l’unanimité, débouté l’accusation à sa guise le témoignage du général Philippe Mangou ( Témoin P-09). Elle voulait prêter des propos à l’ex-CEMA ou faire de mauvaises interprétations de certaines parties de son témoignage.

       Mais Bensouda a été ridiculisée par Cuno Tarfusser et ses confrères. «  La Chambre estime qu’à ce stade, elle est en possession de suffisamment d’informations concernant les sous- questions (…)  qu’une réponse n’est donc pas justifiée. (…) La chambre considère qu’elle est en mesure d’interpréter et d’apprécier la déposition du témoin P-0009 ( Philippe Mangou,ndlr),y compris en vue de déterminer l’exactitude des déclarations faites par la défense de M. Blé Goudé à cet égard » a coupé hier le juge Président. Les  juges ont aussi ordonné tant au procureur qu’à la défense de Blé Goudé de déposer, dès que possible, des versions publiques expurgées des  pièces justificatives pertinentes à cette décision.

       Dans la seconde requête, la procureure Fatou Bensouda et son bureau devraient dépasser dans un temps record des documents. Mais cela n’a pas été fait. Cette situation a mis les juges dans une colère noire. « La chambre note que  le procureur n’essaie même pas d’expliquer pourquoi elle n’a pas pu respecter le délai ( du moins en ce qui concerne les documents dont elle disposait au moment de son expiration),ou d’identifier une ou plusieurs raisons extérieures son contrôle qui justifierait son extension à ce stade tardif » a craché le juge-Président.

En effet, la procureure voulait déposer au dossier six nouvelles preuves. Mais là encore les juges ont estimé que le délai à lui accordé est expiré donc elle a été déboutée. L’un mis dans l’autre, cela constitue à n’en point douter, une grosse victoire pour le Président Laurent Gbagbo et son Ministre Charles Blé Goudé.

Source : le Quotidien d'Abidjan N*2246 du samedi 03et dimanche 04 février 2018.