GBAGBO BLE JUIN 14

C'est à croire que tout est en train de s'écrouler à la CPI au cours du procès Gbagbo. Cette cour de justice internationale étale, à mesure que ce procès se déroule, des erreurs et des insuffisances quelque peu grossières.
Le procès Gbagbo met à nu des carences de la CPI

Les débats au fond dans le procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé ont effectivement démarré fin janvier 2016. L'ancien président ivoirien et son ex-ministre de la Jeunesse sont poursuivis, selon la procureure Fatou Bensouda, pour avoir concocté un plan commun ayant abouti à la commission de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Ces infractions relevant de la compétence de la CPI sont entre autres le meurtre, le viol, les autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – la tentative de meurtre, et la persécution. Aussi, après l'audience de confirmation, le magistrat italien Cuno Tarfusser et son équipe avaient à charge de conduire ce procès.
Mais à mesure que les audiences se déroulent, l'on constate plusieurs impairs commis par la Cour pénale internationale (CPI). La première grosse bourde relève de la révélation de l'identité de certains témoins, dont plusieurs hauts gradés de l'armée ivoirienne. Bien d'autres erreurs tenant à la présentation d'éléments de preuves d'évènements qui se sont déroulés au Kenya, ainsi que l'insuffisance des preuves de la procureure à qui la CPI a demandé de retourner enquêter, ont été observées.
La CPI sur son déclin ?
La CPI a par ailleurs été parfumée au goût de plusieurs scandales révélés par Mediapart. L'ancien procureur Luis Moreno-Ocampo était alors épinglé dans ces dossiers obscurs qui portent atteinte à la crédilibité de la Cour. La CPI avait également suspendu le procès Gbagbo pour un déficit budgétaire.
La dernière erreur date seulement de ce lundi 6 novembre 2017. À la reprise du procès, l'un des trois juges, Geoffrey Henderson, s'est absenté, ce qui a entrainé un autre ajournement des audiences. Et comme si cela ne suffisait pas, le témoin appelé par le juge Cuno Tarfusser et qui devait déposer depuis Abidjan par vidéo-conférence n'était pas le bon. Dès que le procureur Mac Donald l'a vu apparaitre sur l'écran, il s'est tout de suite écrié : « Il ne s'agit pas de ce témoin-là ! » Puis il a demandé un huis clos pour faire une mise au point avec la Cour. L'audience a donc été reportée à ce mardi, avec cette fois-ci, le bon témoin.
Eu égard à toutes ces carences, plusieurs observateurs indiquent que la CPI a amorcé son déclin. Le retrait du Burundi du Statut de Rome serait-il le signe annonciateur d'une vague de désistements ? Les Africains y pensent de plus en plus.

afrique-sur7.fr
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