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Dans le dossier de RFI deux noms de chefs européens et autre africain, sont au centre des accusations. Il s’agit de François Mitterrand d’une part et Félix Houphouët –Boigny d’autre part. Ils étaient respectivement, président de la République française et président de la République ivoirienne, au moment de l’assassinat de Thomas Sankara en 1987. Ces enquêtes révèlent que le discours nationaliste et panafricaniste du président du Burkina-Faso dérangeait le président Français François Mitterrand. Mitterrand estimait  que le  discours de Sankara menaçait les intérêts de la France non seulement au Burkina-Faso, mais dans toutes ses anciennes colonies. Il fallait donc se débarrasser de lui avant que ses idées ne contaminent les autres chefs d’Etat africains et intelligentsia africaine.

Selon les enquêtes, le président Mitterrand s’est alors appuyé sur celui qui représentait justement les intérêts de la France dans toute l’Afrique, le président ivoirien d’alors Félix Houphouët-Boigny. Les informations révèlent que le coup a été préparé en Côte d’Ivoire. Et que la veille Blaise Comparé était chez le président Houphouët.

Ces informations précisent même que c’est bien d’Abidjan que Compaoré est parti pour assassiner le président Thomas Sankara dont les parents l’avaient pourtant adopté comme fils. Aujourd’hui, le président burkinabé et la famille de Sankara crient justice. Le faisant, ils ont le regard tourné vers Blaise Compaoré chassé du pouvoir par la clameur publique et devenu Ivoirien par la seule volonté des nouvelles autorités ivoiriennes.

Le site d’information français Médiapart a, dans sa publication du 8 octobre dernier, publié en exclusivité, d’importants extraits de l’ordonnance du juge d’instruction Français Yaméogo, chargé de l’enquête sur le dernier coup d’Etat manqué contre la transition au Burkina-Faso.

Cette enquête renseigne que le général Gilbert Diendéré, principal accusé, a déclaré dans sa déposition avoir reçu de l’argent du matériel de la part des  autorités ivoiriennes. Il indique notamment que tout ceci lui a été remis par le général Vagondo Diomandé, chef d’Etat-major particulier d’Alassane Dramane Ouattara. Pour ce faire, il a envoyé discrètement un hélicoptère MI-17 à la frontière de la Côte d’ivoire, notamment dans le village burkinabé de Niagoloko avec à son bord le chef du service financier du Règlement de Sécurité présidentiel (RSP). Là attendaient les émissaires du président Ouattara conduits par son chef d’Etat-major particulier le général Vagondo Diomandé avec des caisses de lacrymogène et une grosse valise d’argent. Une fois le colis récupéré, l’hélico est reparti à sa base à Ouagadougou. Lequel colis a été remis au général Diendéré.

En plus de ce colis, le général Diendéré a indiqué, selon Médiapart  et repris par RFI dans sa dernière publication, avoir reçu directement des mains du même chef d’Etat-major particulier d’Alassane Dramane Ouattara, 84 millions FCFA.

Comme à son habitude, l’entourage du chef de l’Etat dément toutes ces informations sans convaincre. Car peut-on objectivement croire que le chef d’Etat-major d’un chef d’Etat puisse poser de tels actes sans que son patron ne l’y ait autorisé ? D’ailleurs où le général Vagondo trouverait –il autant d’argent et de matériels militaires pour ? Un peu de sérieux ! Alassane Ouattara est donc sur les traces de son “ père ” Félix Houphouët-Boigny.

Hier Houphouët a fait un coup d’Etat meurtrier contre Sankara pour installer Compaoré au pouvoir pour servir les intérêts de la France. Aujourd’hui. Ouattara a voulu réaliser un coup d’Etat sanglant contre la transition au Burkina-Faso, au profit du même Compaoré pour le ramener au pouvoir en guise de reconnaissance.

Malheureusement, le contexte n’est plus le même. Aujourd’hui les peuples africains en sont arrivés à une telle maturité que les coups d’Etat ne peuvent plus prospérer.  

La voie originale/N*286 du 17 octobre 2017

Le Titre est de la Rédaction

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