GBAGBO BLE MAI 24B

Incroyable mais vrai ! La Cour pénale internationale (Cpi) n’aurait pas d’argent pour assurer avec fidélité son programme des procès. Après le témoignage de l’expert du Bureau du Procureur, P-584, le mercredi 11 octobre 2017, à La Haye, la Cour préliminaire 1 a reporté la suite du procès contre Laurent Gbagbo et Blé Goudé au 6 novembre 2017. Et la raison de ce report : la Cpi manquerait d’argent pour assurer les audiences programmées. A l’analyse de cette information, on s’étonne pour le moins. On ne peut pas dire qu’une organisation aussi puissante que la Cour pénale internationale fait de l’amateurisme en matière de mise en place d’un programme de procès. Parce qu’avant de le lancer, elle devrait s’assurer du budget qui le soutient et le couvre. C’est le minimum d’une bonne gestion.

      Il ne s’agit pas de lancer un vaste programme, en comptant sur d’hypothétiques entrées en cours de route, des dons et legs de bonnes volontés, pour l’achever. Elle n’attend pas des agents partis en recouvrement pour financer la suite de son programme. Ce qui relèverait de l’amateurisme, qui est bien différent du sabotage délibéré. Car même si l’on dit que la Cpi n’est pas financièrement indépendante, elle ne peut pas en être à un tel niveau de désastre organisationnel. C’est pourquoi l’hypothèse d’un plan commun contre Laurent Gbagbo serait plausible.

       L’imagination ne paraitrait pas improbable si elle s’accrochait à la consigne du premier Procureur de la Cpi, Luis Moreno Ocampo. Qui, selon Médiapart, « a demandé en avril 2011 de garder prisonnier le président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo ». Prendre le Président ivoirien d’alors et le garder en prison pour le plaisir et le bon vouloir de Paris, afin qu’Alassane Ouattara gouverne : « La requête du procureur Ocampo, telle que relayée par la diplomatie française, pour garder Gbagbo prisonnier ne repose juridiquement sur rien : ni compétence juridique, ni mandat d’arrêt. D’abord, Ocampo n’a aucun élément solide établissant une éventuelle responsabilité de Gbagbo dans des crimes contre l’humanité qui pourraient relever de la compétence de la CPI, son bureau n’ayant envoyé aucun enquêteur en Côte d’Ivoire.

        Le magistrat n’a par ailleurs aucune base légale pour agir, comme l’indique son souhait qu’un État d’Afrique de l’Ouest fasse un « renvoi de l’affaire à la CPI », documente Médiapart. Si bien longtemps avant son transfèrement à La Haye, la Cpi a reçu la mission de garder prisonnier Laurent Gbagbo dans ses prisons, et qu’elle a fini par le recevoir, elle ne fera qu’accomplir sa mission : le garder par tous les moyens possibles. Ce, en programmant des témoins inutiles, en ouvrant des débats de nature à perdre le temps, en rallongeant la durée du procès avec les astuces de suspension, de report d’audiences, etc. Tout cela, le temps que Laurent Gbagbo s’épuise physiquement et moralement, et que Alassane Ouattara s’éternise au pouvoir en Côte d’Ivoire.

      Et Médiapart renchérit, écrivant ceci : « Le procureur Ocampo, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, s’est-il fait sur le dossier ivoirien l’instrument consentant d’un règlement de comptes aux airs de Françafrique, en marge de tout cadre procédural, au bénéfice exclusif d'une partie ? Les éléments que nous révélons aujourd’hui documentent pour la première fois cette hypothèse. Ils permettent aussi de mieux saisir les confidences en “off” de Nicolas Sarkozy publiées dans le livre Ça reste entre nous, hein ? (Flammarion, 2014) : « On a sorti Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara. » Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara, le 22 juin 2012, à l'Élysée. » C’est pourquoi ce manque d’argent allégué par la Cpi pour reporter le procès de Laurent Gbagbo, doit faire partie du plan commun pour le maintenir en prison le plus longtemps possible.

       Sinon, la Cpi ne peut convaincre personne de son incompétence en science de la gestion. Elle sait bien prévoir. Mais elle sait également accomplir sa démoniaque mission de « garder prisonnier Laurent Gbagbo » afin de voir fleurir davantage les intérêts français. Fatou Bensouda qui n’est que la version africaine d’Ocampo, n’aurait pas envie de décevoir l’Elysée. Or, même si Nicolas Sarkozy n’y est plus, il aurait toujours son pied sur le double embrayage. On peut donc s’en convaincre, la Cpi est dans le complot Ocampo.

Une contribution de Germain Séhoué