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I/-UNE VIE SOUS LE SIGNE DU DESTIN,DE L'ENGAGEMENT ET DE LA LUTTE

  Koudou Paul naît lorsque le XXe siècle avait douze ans .Moins peut-être .Car en ces temps bienheureux d’une société traditionnelle Krou et bété encore inviolée, aucun document officiel ou écrit  permettrons de dater avec précision les événements de la vie politique, sociale civile et juridique .Notre aïeul a eu la chance d’échapper, le sacré veinard, à cette loi d’airain de l’Afrique Noire pro européenne.

    En effet le 12 octobre 1912,venant du nord (Sinfra),les troupes de conquête coloniale Belsellères ,dont l’avant-garde est commandée par un certain lieutenant-tirailleur nommé Musa Ndaw, investissent le pays bété, par le village de Zébizekou où elles s’installent grâce à habilité politique du grand chef Bley Wayou Zeyero.

    Par cet acte, celui qui fait alors office de chef suprême des blouga,veut éviter le massacre des populations de la région par des soldatesque des tirailleurs Sénégalais il sait en effet ,grâce aux renseignements que lui ont donnés les commerçant DIOULA qu’il a toujours protégés ,que les flèches, les sagaies et autres armes de fortune des guerriers Blouga, ne peuvent s’opposer efficacement à la puissance de feu des mitrailleuses françaises.

    Le chef ZEYERO, qui croyant conclure une paix profitable à son peuple, n’avait pas cru devoir consulter les autres villages doit vite déchanter .En effet non seulement il est en butte aux mécontentement de la tribu ,mais il doit également subir la morgue, les exactions et crimes crapuleux de la troupe française, généralement composée de repris de justice et autres individus de plus basse espèce.

   Aussi le chef Zeyero refusa avec hauteur, qui lui proposèrent vainement, les fonctions de chef suprême des régions bété déjà conquises, et à conquérir .En outre ,Wayou Zeyero décida de mettre fin à leur encombrante cohabitation à Zébizekou, en les décolonisant sur un nouveau site qui deviendra l’actuelle ville de OUARAGAHIO, alors appelé GOUROZOKOU « village des Gouro »,complément où des forgerons Gouro fabriquaient des outils agricoles (machettes, dabas, etc..) 

     C’est dire que Koudou Paul vient au monde à une époque de grand traumatisme politique, de transformation socio-économique majeures ,et de rupture brutale dans le cours paisible de la civilisation traditionnelle bété .Ainsi  l’année même de sa naissance ,son géniteur, GBAGBO LIGBI GLIKOGNON, le bras d’acier ,qui milite plutôt pour sa résistance face étrangers blancs partira pour ne plus jamais revenir, sans doute victimes de la répression ,qui déjà, a commencé à frapper durement .GBAGBO LIBGI SEPLOU était marié à DJAKOUEHI GBESSIGOULI, voix de rissignol ,et belle d’entre les belles.

    Signe prémonitoire ,elle était originaire du village de KPAPEKOU ,et avait pour père le combattant LEBRI DJEDJE GOULI qui ,d’abord promu chef Canton par le pouvoir colonial, fut pour faits de résistance, brutalement démis de ses fonctions ,arrêté, exilé et interné à Grand-Bassam, où il mourut.

     Demeurée seule avec son jeune enfant, DJAKOUEHI GBESSI GOULI, regagne son village et son lignage, d’où elle part vivre dans la maison de l’une de ses tantes à GARAHIO, agglomération aujourd’hui intégrée dans la ville de GAGNOA. Mais dans l’ancien pays Bété ,où les chefs de lignage, et son clan sont à la recherche permanente du  nombre ,une femme féconde ,et qui mieux est belle ,ne reste pas longtemps sans mari.

    Voici donc Zépé Vabié Koudou Paul. C’est avec ce nouveau patronyme que notre héros entreprendre à ses études primaires ,qu’il arrêtera d’ailleurs très tôt ;non pas par manque d’intelligence ou de soutien familial ;mais plutôt parce que le jeune Zépé Koudou piaffe d’entre dans la vie active pour être immédiatement utile à ses parents.

  C’est dans ces conditions qu’éclate la seconde guerre  mondiale. Ce conflit lui donne l’occasion de montrer sa détermination et sa force de caractère. Car ,terrassée et vaincue, sans coup férir, par l’Allemagne d’Adolf Hitler, la France n’a d’autre ressource que de faire appel aux populations de ses colonies .Comme beaucoup d’Ivoiriens, Koudou Paul se porte volontaire. Des lors, hâtivement et sommairement formé à l’instar de tous ces collègues « tirailleurs Sénégalais »,il embarque pour la France et la grande aventure.

     Sur tous les terrains d’Europe ,le soldat KOUDOU se bat avec abnégation et courage ,gagnant, par sa bravoure et son mépris du danger, l’admiration de tous ses camarades ,et surtout l’amitié de son chef, le capitaine LAURENT.

    Profondément touché et bouleversé par l’attachement sincère que lui témoigne cet officier BLANC, l’humble tirailleur lui promet qu’à son retour en côte d’ivoire ,il immortalisera l’amitié entre le soldat africain « noir » et le gradé européen, en donnant le nom de Laurent à son premier fils, conformément aux plus pures traditions africaines. 

    KOUDOU PAUL  sera toujours un homme de parole et d’honneur. Lorsque ,le 31 Mai 1945,nait le premier fils du policier ,il l’appelle Laurent Gbagbo. L’ancien Combattant, le miraculé de la mitraille allemande, tenait d’autant plus à honore cette promesse, que le capitaine Laurent n’aura pas la même chance que lui ,de revenir sain et sauf de la guerre et des geôles nazies.      

    En effet, faits prisonniers au cours  d’une opération, le capitaine Laurent  et ses hommes sont convoyés du coté de AUSCHWTZ, camp de concentration de sinistre mémoire, d’où l’on ne revenait jamais. De fait, les prisonniers étaient séparés en petits groupes, qui chacun à son tour, était conduit à la mort.

    Au jour fatal, le groupe dont faisait partie le Capitaine Laurent, et que devait suivre celui du soldat KOUDOU, fut le dernier à subir le martyre, avant que la tombée de la nuit et les nécessités de la relève de la garde du camp, décident les responsables à remettre au lendemain, la suite des exécutions. 

    Les prisonniers  ou plutôt les condamnés à mort, sont ramènes à leur lieu détention. C’est à ce concours de circonstances que Koudou Paul dut la vie. Il décida  donc de saisir sa chance, Aussi au cours du trajet de retour, il sauta du bahut, au nez et à la barbe des soldats commis à la garde des prisonniers, et se mit à courir à tue –tête dans la prairie enneigée.

     On était en plein hiver. Des soldats voulurent se lancer à ses trousses. Leurs chef fit signe de ne rien faire ,ni même d’essayer de l’abattre à distance.

  «  A quoi bon, un Nègre vaut-il une  Balle? Et puis, fait le chef Allemand, pourquoi risquer de voir, pour un Nègre, échapper tous les autres prisonniers ?  Pourquoi ne pas le laisser mourir de froid ou de faim ? »

     Quel sacré veinard, et le voilà accueilli dans un village, d’où les paysans, qui sont braves sous tous les cieux, le conduisent, après l’avoir nourri, soigné et habillé, vers le plus proche hôpital. 

   Mais  l’épreuve continue ; puisque quelques jours après l’arrivée du fugitif, l’hôpital subit un violent bombardement ennemi, le bombardement de l’hôpital apporte la preuve que le destin tutélaire protège toujours le fils de GBAGBO LIGBI GLIKOBOGNON .

   En effet, la charge allemande détruit tout, sauf le pavillon qui abrite le soldat KOUDOU. Celui-ci peut alors sortir des décombres de l’hôpital, pour être ramené à Paris ,où l’attendait l’accomplissement des formalités de démobilisation .Nous sommes en 1944. Le tirailleur Koudou, dont à coup sûr ,la mort n’a pas voulu peut alors regagner sa côte d’ivoire natale, après  cinq longues années.

II/-L’HISTOIRE DE LA NAISSAINCE DU PETIT GBAGBO.

    Le sergent KOUDOU  qu’à trente-trois ans révolus, sanglé dans son bel uniforme soldat français, regagne son village de MAMA, n’a aucune peine à trouver compagne .L’élue de son cœur s’appelle MARGUERITE GADOH. Elle a aussi connu une enfance perturbée, originaire du grand village de ZIPRIGNAN dans la tribu de Zédi, elle a été élevée à Blouzon, dans le NEKEDI. 

    Dans les temps anciens, une telle distance représentait le bout du monde, l’exil. Le couple KOUDOU –GADOH est heureux .Mais bientôt, le malheur se profile à l’horizon. Car la jeune femme tarde à faire la preuve de fécondité. Dans une société traditionnelle bété vouée au culte du lignage et sa survie, cette situation désespère le clan NOKPOPA, dont KOUDOU est membre. Pour éviter à son jeune frère  la honte et la dislocation inéluctable de son mariage, sa grande sœur, ZAHIRI GBALLOU 

, qui est mariée à ZEBIZEKOU, prend la situation en main ,et partout toute la région ,à la recherche d’un homme médecine, capable de trouve  solution au drame du couple de KPAKEKOU. On lui conseille ,instamment BOHUI PABELE, magicien et thérapeute réputé du village de KPAKEKOU. 

Le diagnostic de BOHUI PABELE, l’oracle, est formel : « J’ai le pouvoir de rendre féconde la jeune épouse de ton frère KOUDOU.J’espère, autrefois que ses parents qui devant moi, sont forts et très patients. Car l’enfant que je vais aller chercher au séjour des morts ,sera, pour vous tous, source d’angoisse, de tracasseries et de souffrances ; car il fera de grande chose dans la douleur » 

Joignant le geste à la parle, BOHUI PABELE, le déminage, compose et remet la potion magique à ses visiteurs. Moins d’un an plus tard, le miracle s’accomplit. Le 31 Mai 1945, l’épouse de KOUDOU PAUL met au monde son premier bébé. Nommé Laurent Gbagbo

Nous y reviendrons 

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