La Cour d'Assises d'Abidjan a poursuivi hier mardi 26 juillet 2016, les audiances dans le cadre du procès Simone Gbagbo. Elle comparaît depuis le 31 mai 2016, devant cette juridiction pour "genocide, crimes contre les populations civiles, crimes contre les prisonniers de guerre, et blessures volontaire, complicité, coaction et tentatives de ces inffractions, voies de faits et de crimes contre l'humanité", au terme de l'arrêt n°29 de la Chambre d'accusation, datant du 29 janvier 2016. Pour l'audience du jour, le président du tribunal a faire défiler à la barre, 4 témoins à charge. Tout comme à ce rendez-vous judiciaire, l'équipe de la défense de la prémière dame affichait complet avec Maître Dadjé Rodrigue, Maître Dirabou Mathurin, Maître Blédé Dohora, Maître Bobré Félix et Maître Dako Zahui Toussaint. Fort de cette disposition, à 10 heures 38 minutes, Simone Gbagbo fait son entré dans la salle d'audience. Contrairement aux dispositions de la veille où elle était déjà en place au moment de l'ouverture des portes du prétoire. Ensuite, à 11 heures 9 munites, le juge Boitchy Kouadio fait aussi son entrée, en compagnie de ses collaborateur du parquet général et les jurés. La parole est immédiatement donnée au Procureur général Ali Yéo qui fait ses observations de routine. 

    Suite à cette étape, le premier témoin est appelé à la barre. Il s'agit de dame Ouattara Fanta commerçante résidant à Abobo. Elle intervient dans le cadre de l'affaire du bombardement du marché Siaka Koné, suvenu le 17 mars 2011. Une fois son identité déclinée, elle est soumise aux questions. "Qu'est-ce qui s'est passé au marché Siaka Koné?", interroge le juge. dans sa relation des faits, elle soutient avoir trébuché, suite à l'explosion de deux obus qui auraient, selon elle, fait deux trous. Elle déclare avoir été bléssée et soignée à l'hopital général d'Abobo. Elle soutient dans la même veine, que le marché était ouvert ce jour-là. Mais c'est une version contraire à celle de la précédente audience qui soutient qu'il n'y avait aucune activité ce jour.

"Comment sais-tu que c'est un obus qui est tombé?", interroge le juge. le témoin répond que c'est parce qu'il y a eu beaucoup de dégâts. Le témoin répond que c'est parce qu'il y a eu beaucoup de dégâts. "Pourquoi dites-vous que c'est Mme Gbagbo qui dit de tirer des obus?", enchaîne le juge. Le témoin réplique pour dire c'est "parce qu'elle était au pouvoir". Presque le même refrain en termes de réponses, à l'instar des précédentes versions. "Est-ce que le témoin a déjà vu ou connaît un obus?", interroge Maître Blédé Dohora. Sur cette question, le témoin s'emporte. "Je ne connais pas d'obus, mais je ne peux pas mentir. Je le dis parce qu'il y a des éclats. C'est un obus qui est tombé. C'est un obus qui est tombé. Tout le monde entier sait ça", insiste la dame sur un ton coléreux, au point que le juge s'est senti obligé de la recadrer et la ramener à ses esprit. "Qui a lancé l'obus?" interroge l'avocat. le témoin dit encore que c'est Mme Gbagbo, expliquant toujours que c'est parce "c'est eux qui étaient au pouvoir", parlant Laurent Gbagbo et de son épouse. L'avocat réplique pour lui donner l'exemple des évènements de Bouaké du vendredi 22 juillet 2016. "Est ce qu'on peut imputer à Mme Ouattara, la responsabilité des morts et blessés de Bouaké parce que son mari est au pouvoir?", interroge l'avocat. A cette questions, la dame réplique par une reponse échappatoire. "Ce n'est pas la même chose. A Bouaké c'est une affaire de courant, or Abobo, il y avait la guerre", répond-elle. "Pour quelles raisons Mme Gbagbo peut-elle lancer des obus dans un marché où il y a toutes les ethnies?" interroge Maître Dadjé qui prend le relais dans l'interrogation. Le témoin récidive pour dire que c'est parce qu'elle était au pouvoir. Des réponses qui ne varient visiblement pas dans leur trame. "A peu près combien de morts selon vous, le jour où les obus sont tombés?", interroge Maître Dirabou. Le témoin répond que le nombre serait de 14 personnes, contrairement à sa déposition précédente qui parle de 20 morts. Sur cette réponse, le juge met fin à l'audience du témoin. Il fait entrer un deuxième témoin. Celui-ci répond au nom de Kouyaté Tahirou. Le juge fait comparaître comme simple sachant et témoin se constituant partie civile. C'est pourquoi, le juge ne fait pas prêter serment à Kouyaté Tahirou, qui est venu témoigner au nom de son frère blessé. Il déclare être conducteur de véhicule de transport et résident à Abobo. Il soutient que la résidence de son père est située dans ledit marché. Il soutient aussi que l'obus serait tombé à 50 mètres de son magasin et qu'il y a eu 14 morts. Tous ont été transportés, selon lui, dans une charrette à l'hopital général d'Abobo. Il décrit de même, que le présumé cratère cause par l'obus serait d'environ 10 cm de profondeur et 15 cm de diamètre. Mais une description contraire à celle donnée la veille où les témoins ont déclaré avoir vu un cratère de la bombe qui faisait plus d'un mètre de profondeur. "Qui  tiré l'obus, selon vous?", interroge le juge. le témoin réplique pour dire qu'il sait pas. Sur cette réponse, le juge donne la parole à la Défense. Le prémier à intervenir est Maître Dirabou qui dénonce vigoureusement d'entrée, à propos de ce témoin, une entorse à la loi faite par le juge qui selon la défense, n'a pas fait prêter serment au témoin. Ce qui constitue, reléve l'Avocat, une violation de l'article 413 du code de procédure pénale qui exige que tout témoin doit prêter serment avant sa déposition. Il s'ensuit alors, de chaudes altercations entre le juge et les Avocats qui démonteront que le Parquet général enfreint les dispositions en la matière. L'infkexibilités de la Défense met le juge en difficultés qui s'est vu obligé de suspendre l'audience en vue de délibérer sur les motifs du clash.

La Défense dénonce une manigance judiciaire du juge Boitchy.

     Pendant la pause, et retrait du juge, nous avons tendu notre micro à Maître Blédé Dohora, pour en savoir plus sur la vigoureuse réaction des avocats. "Le témoin dit qu'il se constitue partie civil pour son frère qui est blessé. On avait cru que son frère était décédé,parce que celui qui est bléssé peut se constituer partie civile. C'est pourquoi l'ancien (ndl Me Dirabou) voulait bien s'informer pour savoir pourquoi c'est Tahirou Kouyaté qui vient témoigner alors que c'est son frère qui est la vraie victime.La cour et le procureur ont tenté de lui dire que ce n'est pas le moment d'évoquer cette question. Alors on veut savoir,pourquoi on dit que ce n'est pas le moment,alors que c'est lui qui vient témoigner et s'est constitué partie civile c'est ce que nous refusons",explique -t-il. Non sans indiquer que la loi fait bien la part des choses. " Soit il est témoin,soit il est partie civile.Si c'est un témoin,on a le droit de savoir,pourquoi il est là.Ou alors il intervient comme partie civile,en ce moment  on attend l'audience civile pour qu'il dépose.Pour évaluer son préjudice.Mais en attendant l'audience civile,on l'entend en tant que qui ? ",s'interroge Blédé Dohora au nom de la défense. ILa indiqué par la suite,que c'est à cette question que la defense demande au juge de repondre simplement. " Les textes sont clairs sur cette question. Même si nos contradicteurs ont tenté de dire que c'est une section. Sauf qu'ils ne disent pas dans cette section ,comment on traite les témoins ? Parce que le code de procédure traite le témoin d'une seule façon. Nous disons que s'il est témoin,il ne peut pas être partie civile ", assène Maitre Dohora qui dénonce en ces termes,le jeu de manigance orchestré par le juge.

CONTRADICTIONS ET CONTRE-VERITE DES TEMOINS EXPOSEES PAR MAITRE DADJE

    Après une trantaine de minutes de conciliabules,le juge rend son verdict de ses consultation avec ses collaborateurs. Après avoir lu un arrêt sur mesure il ordonne la suite de l'audience,faisant délibérément fi des exceptions soulevée par la défense. Celle-ci prend la parole par la voix de Maitre Dadjé qui relève plus de 25 contradictions et contre vérités dans les différentes dépositions des témoins. Des contradictions relevées entre autres,sur la nature du cratère des obus,sur les lieux exacts de l'impact des bombes,sur le nombre de morts,sur la tenue ou pas du jour de marché ce jour,sur les positions exactes des présumées victimes,sur les traitements médicaux des victimes et les documents y afférents pour ne citer que celles-là. Ensuite ;il soumet le témoin à un interrogatoire contradictoire musclé. "Est-ce c'est madame gbagbo qui a fait les tirs d'obus?", interroge l'avocat.le témoin répond qu'il ne sat pas.sur cette réponse,le juge suspend l'audience a 14heures.A la reprise a 16heures18minutes,le juge fait comparaître un troisième témoin qui répond au nom de touré.ce dernier est bardé de nombreux gris-gris.il réside à koumassi et était agent de sécurité privée,dans l'entreprise 911,au moment des faits.IL se constitue partie civile au sujet de l'affaire de la marche sur la RTI,le 16 décembre 2010. IL déclare avoir renconté un barrage de la CRS en partance pour l'hotel du Golf.IL déclare avoir été arrêté à M'pouto ,le 17 Decembre 2010,frappé à l'aide de bois et de cailloux par ces élèments de la CRS postés à ce barrage.Ensuite,il soutient avoir été interné à la préfecture de police,pendant trois jours. Avant d'être déféré à la Maca,puis condamné à un mois de prison,pour trouble à l'ordre public.IL indique porter des gris-gris depuis tour jeune âge. "  Pourquoi on vous fait appel témoigner ? ", interroge le  juge. Le témoin répond pour dire qu'on le lui a demandé pour être dédommagé. " Qui a dit de faire les barrage ? ",interroge Maitre Blédé. Le témoin répond Mme Gbagbo . Ajoutant que Mme Gbagbo était au courant de son arrestation. Ensuite arrive le quatrième et dernier témoin Koné Idrisa,manutentionnaire au port de pêche,résident à koumassi campement.IL fait sa déposition au sujet de la marche du 16 décembre sur la RTI,se fondant presque dans la même nature des réponses que son précédent.C'est sur cette dernière déposition que le juge a suspendu le procès qui reprend aujourd'hui mercredi.                                              

Marcel Dezogno

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