"Les mensonges soulagent,allègent,guérissent,cicatrisent,c'est pour ça qu'ils existent" Laurent Lèguevaque.Ancien juge d'instruction.La cpi ,ce  n'est pas une blague,elle existe bel et bien,elle incarcère et elle juge ; ça tout le monde le sait.En revanche,ce que tout le monde ne sait pas ,c'est qui elle choisit d'incarcérer et comment elle juge,car c'est une cour politiquement embrigadée,sans âme,sans racine,sans frontière,un genre de structure "soviétoÏde" où  des magistrats d'opérette,souvent parvenus et grassement défrayés,jouent avec leurssouffleurs onusiens,un livret d'une oeuvre dramatique. On pourrait parler comme SAÏF Kadhafi,recemment libéré,et absous par les autorités de Tobruk,et dire que c'est la cour de Mickey Mouse,c'est imagé mais ça ne  changerait rien à la chose.Ce qui est sûr,c'est que ça ne peut être une cour des micracles au sens propre,comme au sens figuré. Car un détenu,à la CPI,est toujours inculpé,ne serait-ce que par le temps qu'il passe en preventive,et parce qu'elle est loin d'être impécunieuse...tant que les Etats africains continueront,à dessein,de l'alimenter.

     Mais c'est quoi au juste ,une cour politiquement embrigadée ! c'est une cour qui reunit : 1/ un Etat persécuteur,en l'occurrence pour ce qui concerne l'affaire Laurent Gbagbo,une toute petite frange d'une communauté d'intérêt représentée par quelques prédateurs,boulimiques de  pouvoir et souvent psychopathes. 2/ des magistrats serviles et partisans,rappelons-nous,la confirmation des charges contre Laurent Gbagbo en date du 12 juin 2014,quand la juge -Présidente De Gurmendi de la chambre préliminaire 1 fit confirmer les charges par un juge mourant pour avoir la majorité sur un troisième juge ,refractaire pour donner du change. Cette juge-Présidente fut remerciée pour cette prise exceptionnelle,par une promotion à la tête de la CPI. 3/ des culpabilités fabriquées de toutes pièces par le procurateurs Ocampo et par Bensouda. 4/ des condamnations pour l'exemple. La tête d'un chef d'Etat comme Gbagbo " ça aurait quand même de la gueule",aurait dit un magistrat en échange off ! quand on dit ça ,on a tout et surtout,on aura compris que dans un procès politiques,nous sommes aux antipodes d'une  procédure de droit commun,avec tout ce que cela implique de perversion et de sadisme pour arriver à des fins programmées.

     Et Laurent Gbagbo sait mieux que quiconque,comment composer avec les arcanes de ce types d'instance dévoyée.Lui,a fait le choix d'une politique sacrificielle qui echappe au commun des mortels,car il aurait pu en acceptant un pont d'or que lui offrait l'exécutif français d'alors,ne pas être déféré à cette office de judicature. IL s'et affligé lui-même une forme de souffrance qu'il endure en détention,loin de son pays ,de sa famille et de ses camarades,parce que sa foi lui a imposé de porter le malheur d'un peuple doublement puni. Puni d'abord par l'Humiliation d'un frère noir,aux fers dans un bagne de blanc et puni ensuite par la dictature collégiale du clan Ouattara qui l'a mis en état de réquisition servile. Nous  les Occidentaux et les Africains de la Diaspora,loin de cet état de résilience que nous propose Laurent Gbagbo,avons une conception éthique du mal,on se dit dans notre subconscient que si Laurent Gbagbo souffre,c'est qu'il est forcément coupable de quelque chose.Bien sûr qu'il est coupable de quelque chose comme certain crucifié fut coupable d'avoir trop aimé son prochain ! Les bonnes grâces, comme la disgrâce qui vous tombent généralement sur la tête sans crier gare,n'ont chez Laurent Gbagbo aucune prise sur la force de ses convictions,car il n'a que faire des largesses,des prébendes ou autres sinécures qui pourraient le desservir plus que le servir dans son apostolat,lui l'apôtre de la vérité.

    En jouant donc le jeu de la CPI,de l'intérieur,en acceptant sans renâcler les états d'âmes et tergiversations de ses juges quant aux huits clos récurrents qui émaillent la procédure en cours,Laurent Gbagbo et ses conseils guettent le faux pas de l'accusation qui la mettrait dans un état d'urgence tel,qu'elle pourrait sombrer dans une vacuité de débats contradictoires,signant ainsi sa reddition. Laurent Gbagbo et ses conseils savent également très bien qu'en fin de compte bien que piégée,l'accusation dans un arrangement collusoire avec la cour,n'aurait d'autres alternatives que de faire imposer une décision unilatérale,qui les disqualifierait. Qu'à cela ne tienne ! De ces élucubrations jaculatoires,rien ne peut nous surprendre car toutes les ficelles "passe droits" de ce tribunal cabossé sont éculées. Lorsqu'on a vu la Présidente de Gurmendi à l'oeuvre dans la confirmaton des charges ,on est persuadé qu'on aura tout vu. Alors !  Comment se dépêtrer de cette machinerie insalubre et totalitaire qui n'indigne plus grand monde ? Comment s'opposer à son arbitraire nauséabond si ce n'est au travers d'un raisonnement discursif,par une dialectique appropriée fondée sur la seule connaissance de la réalité ;   Laurent GBAGBO a gagné les élections en 2010 et il était en état de légitime défense,lorsqu'il a été militairement agressé par une coalition franco-africaine,en 2011.

    Je persiste à dire,depuis que Laurent Gbagbo a été déféré à la CPI,que ça n'est pas par le droit qu'il sortira,mais par la pratique de la réfutation qui consiste à prendre pour hypothèse les arguments de l'accusation,puis a en déduire les conséquences jusqu'à en faire émerger des contradictions. Nous serions alors là,dans le grand art oratoire,qui a jadis émaillé les grands procès, au travers  de gens de robe exceptionnels.ILest donc aujourd'hui,impératif du côté de la défense de Laurent Gbagbo après avoir expurgé les pseudos témoignages des uns et des autres qui nous conduisent dans la direction souhaitée par l'accusation,de trouver des passerelles pour plaider offensivement la thèse des élections gagnées,même si la cour souhaite éluder ce sujet et celle  de la légitime défense et non défensivement celle de crimes contre l'humanité.

    On en est là et la partie n'est pas jouée.IL ne s'agit plus maintenant de convaincre que Laurent Gbagbo n'est pas coupable de crimes contre l' humanité,mais de persuader que les vrais initiateurs et responsables de ces crimes sont à Paris et Abidjan. Un procès politique est forcément immoral,voire morbide,car il s'astreint à discourir sur l'abomination d'un crime,pour ensuite y rapprocher insidieusement un supposé coupable qui pâtira inévitablement de l'émotion qu'aura provoqué l'horreur de ce crime. Dans un procès politique,il faut attaquer et non se defendre.

Alain Cappeau Conseil Spécial et Ami du Président Laurent Gbagbo

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