"J'ai appris avec consternation que le Président destitué de côte d'ivoire,Gbagbo,a été transféré à la cour pénale internationale ,le mardi 29 novembre...en toute violation du code international des procédures et au mépris des exigences de la paix en côte d'ivoire.Ce transfert fait suite à une procédure tellement  rapide,qu'il peut être légitimement décrit comme un enlèvement...,déclare Jerry Rawlings,Président du Ghana entre 1992 et 2000.Comme d'autres,il est surpris et choqué par la procédé judiciaire expéditif employé à Korhogo.

"Cet empressement à inculper et à faire transfèrer Gbagbo (qui n'a pas couru s'échapper durant le bombardement de son palais) comme criminel de droit commun défie la logique d'une quête de véritable réconciliation et de paix durable en côte d'ivoire."Le coup a été monté à paris le jeudi 24 novembre 2011.Alassane Ouattara s'y trouve,il vient tout exprès rencontre Nicolas Sarkozy et Louis Moreno Ocampo pour une reunion gardée secrète.Gbagbo est tombé,il s'agit de finir le travail.Le procureur de la CPI rentre de Libye,où il se trouvait encore la veille,tenant d'inculper le fils de Kadhafi.Saîf al-Islam est visé par la justice internationale.Le procureur est rentré au plus vite en europe quand il a su que les juges de la CPI avaient validé le mandat d'arrêt du Président Gbagbo.Il saute dans un avion pour venir discuter à Paris avec le "deus ex-machina" de l'opération, le Président français et Ouattara les modilités du transfert du Président Gbagbo. Pas de temps mort.

Le vendredi 25 novembre 2010, mes avocats ont appris en consultant le dossier à Abidjan que j'allais être interrogé le lundi suivant, le 28, par un juge d'intruction dans le cadre de la procédure pour crime économiques ouverte en toute illégalité,puisque ne respectant ni la loi ni la constitution ivoirienne.Le juge d'instruction devait se rendre à Korhogo.Mes avocats  ont immédiatement,toutes affaires cessantes,sauté dans une voiture.D'Abidjan à Korhogo il y a 600 kilomètres d'une route difficile,mal carrossé,infestée de "coupeurs de route" (bandits de grands chémins).Mes avocats ont pris tous les risques.A Korhogo,surpris,ils croisent dans les rues des greffiers et des juges de la cour d' appel d'Abidjan.Au moment de l' interrogatoire mené par le juge au palais de justice,j'ai flairé le tranquenard.Dans un premier temps,refusé de répondre aux questions.J'ai souligné que tout cela était illégal.Le juge a remis l'interrogatoire au lendemain,mardi.

Ce jour-là,mardi 29,alors que l'interrogatoire a repris un magristrat se précipite dans la salle où nous nous trouvons et nous annonce que la CPI demande mon transfert à la Haye.Mes avocats objectent que seule la cour d'appel est habilitée à traiter d'une telle requête,et que si audience il doit y avoir elle doit se tenir au siège de cette cour ) Abidjan."Tous les magistrats de la cour  d'appel sont là,nous rétorque-t-on,inutile d'aller à abidjan !"Le piège...par é-mail,vu l'urgence ,maître Altit transmet à ses confères un memoire en defense qu'ils vont utiliser tout en demandant un report légitime fondé sur les dispositions du code de procédure pénale et sur les standards internationaux.Les juges refusent,moi,je savais que les dés étaient pipés,et j'ai regardé toute cette minable comédie d'un oeil résigné.L'audience a commencé.

Mes avocats ivoiriens,ceux qui étaient présents,ont voulu s'exprimer.C'est à peine si les juges les ont écoutés.Mais ils ont été courageux,ils ont insisté et ont fini par faire résonner la voix du droit et de la raison.Cela n'a pas suffi.Les juges de Horhogo étaient en contact permanent avec les responsables de la CPI,à la Haye,leur communiquant à tout instant les développements de l'audience.Koffi Fofié et ses hommes présents dans la salle,armée de kalahnikovs,s'impatientent bruyamment quand ils sentent que les juges perdaient de leur enthousiasme.

Ca s'est passé comme ça,et ça rien àvoir avec le droit...ni avec rien de normal,d'ailleurs.On ne m'a même  rien donné à manger de la journée...Après l'audience,les gardes m'ont emmené en me disant que je rentrais dans la maison où j'étais détenu,et que je pourrais revoir mes avocats le lendemain.Les avocats y ont cru !

.       C'EST AINSI QUE LE TRANSFERT A LA CPI SE DEROULE QUASI CLANDESTINEMENT DANS UN HABILLAGE JURIDIQUE BRICOLE EN             TOUTE HATE

Dans la voiture de Kouakou Fofié,(COM' Zone de Korhogo),mon geôlier,qui me transportait,j'ai vu que nous dépassions la route de la maison.J'ai demandé où nous allions:  "on ne s'arrête pas?"il m'a répondu :"Non,on va l'aéroport.IL n'est pas éclairé et votre avion doit partir avant la nuit,à 18 heures 30."

"Ou est-ce que je vais?"il n'a pas eu le courage de me le dire.IL a dit :"Abidjan." j'ai rigolé,ça j'avais compris.IL n'a osé répondre.Je crois qu'il a eu honte.En fait,nous sommes allés jusqu'à l'aéroport de Korhogo.Et de là,on m'a mis dans l'un des deux avions officiels de la présidence et direction la Haye.

A Paris,les avocats du Président aussi ont compris.Emmanuel Altit et son équipe prennent leur billet pour la Haye.Dans la nuit du mardi au mercredi 30 novembre,l'avion qui transporte (Président) Laurent Gbagbo se pose à Rotterdam-The-Hague-Airport,d'ou le président est transféré transi de froid vers la Haye.Personne n'a jugé bon de lui donner un pull dans cette nuit d'hiver.

Dans le fourgon cellulaire,le Président Gbagbo,étourdi,fatigué,vêtu d'une simple chemisette ivoirienne à fleurs fabriquées à Abidjan-d'un pantalon léger,et de sandales se dirige vers la prison de la CPI.C'est dans cette tenue pour le moins inadaptée,que celui qui fut le premier magistrat de son pays pendant dix ans,arrive au petit matin à Scheveningen.

Extrait du livre Laurent Gbagbo selon François Mattei,pour

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